Danse, chant et musique sous le Régime anglais (I)

Voir aussi Danse, chant et musique à Trois-Rivières

Les Canadiens, de l'avis des voyageurs de l'époque, étaient reconnus pour être des gens gais, parfois de joyeux lurons! Ils aimaient beaucoup la danse, particulièrement le menuet surtout lors des bals. Plusieurs des chansons populaires ou chansons à répondre, comme "À la claire fontaine" ou "À Saint-Malo, beau port de mer", venaient natuellement de France; mais il se trouvait, ici et là, quelques poètes en herbe pour composer des chansons du pays. Les contes et les histoires qui faisaient appel à l'imaginaire étaient particulièrement prisés par les habitants du pays: histoire de sorcellerie, de loups-garous, de feux-follets, de chasse-galerie et autres contes dans lesquels le Diable tenait souvent le rôle principal.

Durant les huit longs mois d'hiver, les soirées canadiennes étaient souvent l'occasion de réjouissances, de soupers, de danses et de bals, particulièrement durant la période de Noël au Mardi-gras. La fête de la Reine Charlotte-Sophie (18 janvier), par exemple, revêtait une grande solennité au château Saint-Louis à Québec et il ne serait pas étonnant qu'elle fut aussi l'occasion de fête et de danse à Trois-Rivières aussi, dans la maison des gouverneurs, sur le Platon, ou dans la grand-maison des Forges du Saint-Maurice. Le directeur des Forges en 1778, Pierre de Sales Laterrière, avait d'ailleurs un goût passionné pour la danse, les amusements, les bals et les dîners. "Les bals, les danses, dans la cour de l'établissement, nous amusaient beaucoup" écrit-t-il plus tard. Les habitants du village des Forges ne se gênaient pas non plus pour donner fréquemment des bals, des danses et des festins en plein air, dans le voisinage du fourneau (lesquels donnaient d'ailleurs lieu à plusieurs contes et légendes du Diable), avec des violoneux qui jouaient inlassablement gigues et rigodons. "Cette petite peuplade vivait ainsi heureuse aux Forges" ajouta Laterrière. Dans les années 1820, un autre directeur des Forges, Matthew Bell, jouait "au grand seigneur, au lord anglais" et menait aussi "la belle vie", multipliant les fêtes, dîners de gala et bals fastueux, pareillement à Laterrière.

La danse et la musique, très populaires, amenèrent inévitablement la création de quelques écoles spécialisées. À Québec, en 1784, James Tanswell ouvrit une école de danse et un nommé Glackemeyers enseignait le piano, le violon, la guitare et la flûte. Un nommé Peacre offrait aussi des cours de danse et de musique instrumentale (violon, clarinette, cor de chasse) en 1791.

La plupart des instruments de musique furent d'abord importés d'Europe. Peu à peu, à partir des années 1830, appararurent des "facteurs" d'orgues, tels Auguste Fey (1832) et la compagnie Mead & Warren (1837) à Montréal, ainsi que Joseph Casavant de Saint-Hyacinthe, établi à Sainte-Thérèse-de-Blainville en 1837. Ses fils, Claver et Samuel Casavant, fondèrent une société qui devint prestigieuse dans la fabrication des orgues.

Les concerts faisaient alors partie des divertissements populaires et de la vie culturelle; les "maîtres de musique" Dienval et Guillaume de Vaut-Court en donnaient déjà à Québec les 17 février 1765 et 15 décembre 1772. Les fanfares militaires, comme les troupes du 10e Régiment (6 décembre 1774), du 60e Régiment (26 septembre 1820), du 24e Régiment (12 août 1830) et, la plus célèbre, celle des Chasseurs canadiens (28 novembre 1864), offraient occasionnellement des concerts. Pendant plusieurs décennies, ce furent d'ailleurs les militaires qui donnèrent les principaux concerts publics.

DateInconnue
CollectionEncyclopédie Trifluviana
SourceDaniel Robert, Fichier d'accès rapide à l'histoire, Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières. Daniel ROBERT, "La vie culturelle trifluvienne, XVIIe-XXe siècles", dans: Patrimoine trifluvien (bulletin annuel d'histoire de la Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières), no 10, août 2000, p. 10.

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