Voir aussi Rue Pelletier
Successeur de Mgr Maurice Roy, Mgr Georges-Léon Pelletier fut le 6e évêque du diocèse de Trois-Rivières, de 1947 à 1975.
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Le 2 juin 1947, soit un peu plus d'un an après son accession au trône épiscopal de Trois-Rivières, Mgr Maurice Roy fut promu au siège archiépiscopal de Québec, tandis que l'auxiliaire du défunt archevêque de Québec, Mgr Georges-Léon Pelletier, succéda à Mgr Roy sur le siège épiscopal de Trois-Rivières le 26 juillet 1947.
Le 5 mai 1949, durant la célèbre grève de l'amiante à Asbestos et Thetford-Mines, le nouvel évêque de Trois-Rivières imita les autres évêques de la province en envoyant une circulaire à son clergé diocésain pour la tenue d'une quête en faveur des familles des grévistes:
"La charité nous fait un devoir de demander une quête dans notre diocèse pour
venir en aide aux ouvriers de l'amiante".
Le geste fut rapidement interprété par les syndicats comme un appui de l'Église catholique à leur mouvement de grève. Et ils avaient raison. Car, à vrai dire, l'Église appuyait les grévistes. Pour elle, le véritable enjeu de la grève de 1949 était la survie même du mouvement syndical catholique face aux "unions" internationales.
Le 21 décembre 1950, Mgr Pelletier, à l'instar des autres évêques du Québec, dénonça la "propagande" des Témoins de Jéhovah. La mise en garde fut renouvelée le 28 novembre 1953.
Mgr Pelletier est assez représentatif de l'épiscopat québécois au temps de Duplessis. Régulièrement, il félicitait le premier ministre pour un acte ou témoignage quelconque d'"esprit chrétien". En 1952, par exemple, il remercia Duplessis d'avoir fait cesser tout spectacle, le dimanche, dans les "clubs" et les "grills" de Trois-Rivières. En 1957, durant une "campagne de moralisation", il écrivit:
"La Loi des liqueurs, qui a été spécialement surveillée, est certainement mieux
appliquée. Il s'ensuit une meilleure protection pour la jeunesse ainsi qu'une
éducation plus saine dans le domaine de l'obéissance aux lois. C'est toute la
société qui s'en porte mieux. Les agents de la Sûreté provinciale accomplissent
un excellent travail".
Puis il poursuivit en soulevant la question du travail dans les usines le dimanche:
"Il ne semble pas normal que, à l'entrée de ces établissements, on voit le dimanche
presque autant de voitures que durant la semaine!".
Il est clair ici que le conservateur Maurice L.-Duplessis n'était pas seul responsable de "l'immobilisme" social.
