Adélard GODBOUT (I)

Voir aussi Chanson sur Maurice L.-Duplessis, Rue Adélard-Godbout

Adélard Godbout fut chef du Parti libéral du Québec et premier ministre du Québec du 9 novembre 1939 au 29 août 1944. Nommé sénateur, il décéda le 18 septembre 1956.

* * *

Au printemps de 1936, le chef conservateur Maurice L.-Duplessis se servit des séances du Comité des comptes publics pour exposer systématiquement la corruption du gouvernement Taschereau et démolir la crédibilité des libéraux. Le 11 juin 1936, après 15 jours de séances d'humiliation habilement menées par Duplessis, le premier ministre Taschereau annonça une nouvelle élection pour le 17 août 1936, puis démissionna; il fut remplacé par son dauphin, Adélard Godbout, ministre de l'Agriculture. Le 17 août 1936, l'Union nationale remporta une victoire éclatante (76 députés) sur le Parti libéral (14 députés). Adélard Godbout fut lui-même défait dans sa circonscription.

Durant la campagne électorale de 1939, le Parti libéral d'Adélard Godbout dressa alors le bilan de l'administration Duplessis: Loi du cadenas, "dictature, fascisme", réseau routier sous-développé, gouvernement contre le vote des femmes, contre le syndicalisme. « Duplessis, disait-on, ne peut nationaliser l'électricité puisqu'il est au service de la haute finance». Ernest Lapointe, ministre fédéral de la Justice et chef de l'aile québécoise du Parti libéral du Canada, participa à la campagne aux côtés de Godbout. Il parlait de l'Union "nazie-onale" et annonça que si Duplessis était reporté au pouvoir, il en conclurait que les Québécois avaient choisi le fascisme. Puis, parlant au nom du Parti libéral du Canada, il s'engagea à ne pas imposer la conscription (Duplessis s'était opposé fermement au projet de conscription du gouvernement fédéral de Mackenzie King). C'en était fait de Duplessis !

Le 25 octobre 1939, l'Union nationale (16 députés) céda le pouvoir aux libéraux d'Adélard Godbout (70 députés) qui procédèrent au congédiement massif des sous-ministres, des substituts du procureur général et autres hauts fonctionnaires nommés par l'Union nationale.

L'économie de guerre, qui reposait entièrement sur les dépenses publiques (qui, elles, étaient financées par des emprunts de la Victoire, c'est-à-dire à crédit), vint mettre un terme à la crise économique et aux "années noires". L'industrie du fer et ses dérivés donnait le plus grand nombre d'emplois et devint le secteur prédominant de l'économie. La main-d'œuvre spécialisée manquait; les femmes envahirent le marché du travail.

Durant son mandat (1939-1944), le gouvernement d'Adélard Godbout adopta une série de mesures très progressistes, dont une loi accordant le droit de vote aux femmes (25 avril 1940), une Loi concernant la fréquentation scolaire obligatoire jusqu'à l'âge de 14 ans (Loi 7 Geo. VI, ch. 13 en 1943), la création de la Commission d'assurance-maladie (1943), et la nationalisation de la Montreal Light, Heat & Power Co. qui donna lieu à la création de la Commission hydroélectrique du Québec (Hydro-Québec) en 1944.

DateInconnue
CollectionEncyclopédie Trifluviana
SourceDaniel Robert, Fichier d'accès rapide à l'histoire, Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières. Daniel ROBERT et Jean ROY, "Le Château De Blois", dans: Patrimoine trifluvien (bulletin annuel d'histoire de la Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières), no 4, mai 1994, p. 9. Daniel ROBERT, "Trois-Rivières et Duplessis", dans: Patrimoine trifluvien (bulletin annuel d'histoire de la Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières), no 9, juin 1999, p. 6, 9, 11, 15 et 24.

Poster le commentaire