Voir aussi Chanson sur Maurice L.-Duplessis, Rue Adélard-Godbout
En 1942, poursuivant la politique industrielle de Taschereau, le gouvernement libéral d'Adélard Godbout accorda un permis d'exploration des gisements de fer dans l'Ungava et le Labrador à la Hollinger North Shore Exploration Co., propriété du "roi des mines", Jules Timmins. On entrevoyait alors la création de plusieurs centaines d'emplois et le développement formidable d'une nouvelle région du Québec (la "Baie James" de l'époque!). Les gouvernements libéraux précédents (S.-N. Parent, Lomer Gouin, L.-A. Taschereau) avaient également accordé de grandes concessions de ressources naturelles à des compagnies étrangères. On tentait vainement de trouver des investisseurs québécois ou même canadiens. Mais aucun d'eux n'était de taille. Les gros investisseurs étaient étrangers, surtout américains.
Le 3 février 1944, soit quelques mois avant l'élection générale, le gouvernement Godbout fit également adopter la Loi des relations ouvrières. Pièce maîtresse du futur Code du travail de 1964, inspirée de la loi Wagner aux États-Unis (1935) et du rapport Prévost, cette loi prévoyait l'obligation pour les employeurs de reconnaître tout syndicat groupant 60% de leurs employés et de conclure avec eux des contrats collectifs sous le contrôle d'une Commission des relations ouvrières; elle prévoyait aussi l'arbitrage obligatoire pour les employés des services publics et prohibait la syndicalisation des fonctionnaires et des policiers.
En 1942, le gouvernement fédéral conclut une entente avec les provinces (convention Mathewson-Ilsley) par laquelle les provinces abandonnaient au gouvernement fédéral quelques-unes de leurs plus importantes sources de revenu, notamment l'impôt sur les corporations, l'impôt sur le revenu des particuliers, l'impôt sur les successions et diverses taxes sur l'essence, les amusements, le paris mutuel, les transferts de titres, l'électricité et les messages téléphoniques. Dans ce contexte de guerre, le chef libéral de la province de Québec apparaissait comme "l'homme de paille d'Ottawa", un pantin de Mackenzie King et de son nouveau ministre de la Justice, Louis Saint-Laurent. Le Parti libéral du Québec tout entier apparaissait comme une simple succursale du Parti libéral du Canada, dominé par les Canadiens-Anglais, au pouvoir à Ottawa (1935-1957). Mais ce ne fut pas tant cette apparente "soumission politique" qui perdit le gouvernement Godbout, en 1944, que la question de la conscription à laquelle étaient farouchement opposés les Québécois francophones.
Lors de l'élection d'août 1944, l'Union nationale, récoltant les fruits du mécontentement des Québécois contre le gouvernement fédéral et la conscription, revint au pouvoir avec 48 circonscriptions (39% du vote populaire). Duplessis rétablit la Régie provinciale des transports et communications et la Régie provinciale de l'électricité qui avaient été abolies par le gouvernement Godbout, mais abolit la Commission d'assurance-maladie créée par les libéraux en 1943.
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Adélard Godbout ne se gênait pas pour traiter Duplessis de "petit dictateur de Trois-Rivières".
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Le 7 août 1952, le premier ministre Maurice L.-Duplessis accorda une subvention de 100 000$ à la Coopérative des pomiculteurs de Frelighsburg, présidée par l'ancien chef libéral Adélard Godbout, pour la construction d'un entrepôt frigorifique.