Deux patinoires couvertes, connues sous le nom d'aréna Laviolette, furent érigées à Trois-Rivières.
La première patinoire Laviolette (1898-c.1916) était située en face du cimetière Saint-James, sur le site de l'ancien jardin de Mr Coffin, appelé aussi terrain Baxter, dans le quadrilatère des rues Saint-François-Xavier, des Commissaires, Ferland et de Tonnancour (lots 1912 à 1924 du cadastre de Trois-Rivières). La seconde (1922-1952) fut érigée sur la rue Sainte-Cécile.
La première patinoire Laviolette
En novembre 1898, des membres du cercle Palmipède, présidé par Hector Godin, décidèrent d'ériger une patinoire couverte en face du cimetière Saint-James, sur le site de l'ancien jardin de Mr Coffin, appelé aussi terrain Baxter, dans le quadrilatère des rues Saint-François-Xavier, des Commissaires, Ferland et de Tonnancour (lots 1912 à 1924 du cadastre de Trois-Rivières).
Les travaux de construction, sous la direction de Théodule Bonin, furent complètement achevés quelques semaines plus tard. La patinoire Laviolette était couverte d'un toit semi-circulaire et mesurait 180 pieds de longueur sur 80 pieds de largeur. Les électriciens Désilets et Gouin furent chargés d'y installer 50 ampoules électriques.
La patinoire Laviolette fut inaugurée en grande pompe par le maire Arthur Olivier le 26 décembre 1898 et le jardin de Mr Coffin fut acheté pour 1 000$ par l'association La Patinoire Laviolette, "à titre de bail à rentes foncières rachetables" le 13 avril 1899.
La patinoire Laviolette fut le lieu de nombreux rassemblements jusqu'au moment de sa démolition vers 1916. Dès 1900, les propriétaires se proposaient d'en faire "la grande attraction du public trifluvien durant l'hiver" (Le Trifluvien, 30 novembre 1900): carnavals, concours de femmes fortes, séances de patinage avec la fanfare de l'Union musicale. C'est sur cette patinoire qu'eut lieu, en 1900, la première partie de hockey entre le club Laviolette de Trois-Rivières et un club de Montréal. En 1903, les billets de saison pour le patinage étaient vendus selon le tarif suivant:
"Messieurs: 2,50 $
Jeunes gens: 2,00 $
Petits garçons et dames: 1,50 $
Fillettes: 1,00 $ "
Après la démolition de la patinoire couverte, il semble que le terrain servit encore, durant quelques années, de site pour une patinoire extérieure, la patinoire Saint-Pierre. Il s'agirait du dit terrain Baxter où Jos. Courteau entretenait une glace en 1918, terrain sur lequel fut construite, plus tard, l'École technique de Trois-Rivières.
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Les amateurs de hockey évoluèrent ensuite, pendant un temps, sur la glace extérieure de la rue Plaisante jusqu'à la construction de la seconde patinoire couverte Laviolette, sur la rue Sainte-Cécile.
Après le grand incendie du 22 juin 1908, le Conseil de Ville de Trois-Rivières demanda aux marchands du marché aux denrées d'aller s'installer temporairement dans l'aréna Laviolette, sur la rue Saint-François-Xavier. Mais ceux-ci passèrent outre à la proposition et décidèrent d'occuper la place du marché à foin.
La seconde patinoire Laviolette
Il fallut attendre jusqu'en décembre 1922 pour voir une seconde patinoire couverte, l'aréna Laviolette, érigée sur un emplacement situé entre les rues Sainte-Cécile, Saint-Paul, Charlevoix et du Collège, à l'aide d'une souscription publique et par une association formée de Trifluviens bien connus, dont L.-P. Mercier, Auguste Bellefeuille et C.O. Baptist. Construit selon des plans de l'architecte Jules Caron, le bâtiment en acier, en béton et en brique mesurait 180 pieds sur 90 et pouvait contenir un restaurant et 3 500 places.
Gérée pendant plusieurs années par G.A. Gruninger, la patinoire fut acquise en 1938 par la Ville de Trois-Rivières qui envisageait d'utiliser le site comme prolongement du parc Sainte-Ursule. Mais, en juin 1946, le Conseil de Ville fit volte-face et décida de vendre l'aréna pour la somme de 37 500$. Les nouveaux propriétaires, Armand "Foxy" Gariépy, Jacques et Rosaire Toupin, formés en compagnie sous le nom de L'Aréna des Trois-Rivières Ltée, firent aussitôt exécuter d'importants travaux de réparation à l'édifice qui avait été partiellement incendié le 17 décembre 1941: blanchiment du plafond, recouvrement en aluminium de la structure d'acier, amélioration de l'éclairage, aménagement d'un second restaurant et d'une nouvelle chambre des joueurs. Outre le hockey et le patinage en hiver, la boxe et la lutte surtout furent parmi les principales activités estivales qui attiraient des foules dans son enceinte. Parfois, aussi, des spectacles à grand déploiement, tels ceux de la troupe de Teddy Burns mettant en vedette Alys Robi, avec Tizoune et Amanda Parent.
Mais le sursis accordé à l'aréna fut de courte durée. En 1951, on installa un système de réfrigération qui permettait la fabrication de la glace artificielle au Colisée du parc de l'Exposition. Dès lors, les "Reds" de la ligne junior A de J.-André Sirois, qui évoluaient jusque là à l'aréna Laviolette, commencèrent à utiliser le Colisée.
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En janvier 1952, les propriétaires acceptèrent de vendre une partie du terrain à la Commission scolaire de Trois-Rivières qui désirait agrandir la cour de l'école Sainte-Cécile, tandis que l'autre partie servit à la construction d'un marché d'alimentation (Les Aubaines alimentaires). L'édifice, lui, fut acquis par un industriel de la ville, Atchez Pitt, intéressé à récupérer l'acier de la structure et qui s'engageait à le démolir avant le 1er juin 1952. L'aréna Laviolette disparut à son tour, et le Colisée du parc de l'Exposition, avec sa glace artificielle, prit alors la relève.
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En novembre 1935, une exposition industrielle et commerciale de neuf jours eut lieu à l'Aréna de Trois-Rivières; elle avait été organisée par des commerçants et des industriels.
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Avant 1952, l'aréna Laviolette servit souvent d'amphithéâtre à Maurice Duplessis pour le lancement de ses campagnes électorales.