Arrondissement scolaire Sainte-Marguerite de Trois-Rivières

La paroisse Saint-Philippe, érigée en 1909 sur le territoire de l'ancienne Commune, s'étendait jusque dans les profondeurs du fief Sainte-Marguerite. Déjà à cette époque, la rareté des logements dans les vieilles zones du bord du fleuve favorisait l'expansion des habitations vers le nord. Plusieurs maisons étaient bâties à la diable le long des rues Sainte-Marguerite et Saint-Roch, de l'autre côté de la ligne de chemin de fer.

En 1917, ce secteur était suffisamment peuplé pour y ouvrir une petite école mixte. Deux institutrices, les demoiselles Forest et Cossette, s'installèrent dans une modeste maison du chemin Sainte-Marguerite, tout près des futures rue Chanoine-Chamberland et côte Plouffe. Bâtie comme une école de rang, la maison comportait un logement à l'étage, au-dessus des deux classes. En 1920, elle était fréquentée par 105 élèves.

Cinq ans plus tard, en 1925, le vicaire Louis-Joseph Chamberland fut nommé desservant de cette partie de la paroisse Saint-Philippe qui comptait 167 familles. La petite maison d'école ne suffisait plus aux besoins de la population croissante. En 1928, on décida de construire une nouvelle école en brique comportant 11 salles de classe et de la confier aux Filles de Jésus. La nouvelle école Sainte-Marguerite ouvrit ses portes en septembre 1929, sous la direction de sœur Sainte-Hilaria. L'établissement était encore mixte, mais les garçons étaient séparés des filles, tant dans les salles de classe que dans la cour de récréation.

L'augmentation de la clientèle scolaire força, en 1943, l'ouverture d'une 12e classe qu'on logea dans la salle de récréation. L'école Sainte-Marguerite était surpeuplée; le besoin d'un autre établissement scolaire pour desservir adéquatement la clientèle de ce secteur se faisait sentir avec acuité. La construction domiciliaire provoquée par la Coopérative d'habitation, à partir de 1944, et le baby boom d'après-guerre allaient donner une poussée fulgurante au développement de la paroisse et confirmer la nécessité de bâtir une autre école. Cette année-là, le curé Chamberland invita les Frères de l'Instruction chrétienne à dispenser l'enseignement aux garçons de l'école Sainte-Marguerite, en attendant l'ouverture d'un nouvel établissement. Pendant trois ans, quatre religieux et trois institutrices prirent charge des quelque 200 garçons des 3e et 4e années.

La construction de l'école Chamberland, à l'angle des rues Sainte-Marguerite et Chanoine-Chamberland, tout près de l'école Sainte-Marguerite, débuta en 1945. Deux ans plus tard, en septembre 1947, l'école Sainte-Marguerite devint une école de filles et tous les garçons furent envoyés dans les 11 classes de l'école Chamberland.

Mais, à la fin de la décennie 1940, le problème de surpeuplement des deux établissements persistait. En 1950, on dut construire une annexe à l'école de filles pouvant contenir huit salles de classe additionnelles, une salle de récréation et un local pour l'enseignement ménager. Le président de la Commission des écoles catholiques des Trois-Rivières, Gaston Francoeur, reçut alors un chèque de 180 000 $ pour l'agrandissement de l'école Sainte-Marguerite et pour la construction de l'école Saint-Jean-Bosco dans la paroisse Saint-François-d'Assise. Il remercia Duplessis en ces termes: "Sans l'aide de Québec, la situation scolaire eût été très grave aux Trois-Rivières". Puis, en 1954, on ajouta cinq classes et une salle de travaux manuels à l'école de garçons.
(suite sur la fiche suivante)

DateInconnue
CollectionEncyclopédie Trifluviana
Source Daniel ROBERT, "Les petites écoles à Trois-Rivières, XVIIe-XXe siècles", dans: Patrimoine trifluvien (bulletin annuel d'histoire de la Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières), no 5, avril 1995, p. 14 et 15.

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