Avenue des Coopérants

La Coopérative d'habitation Sainte-Marguerite, dans la paroisse Sainte-Marguerite-de-Cortone de Trois-Rivières, fut fondé à l'instigation du curé, l'abbé Louis-Joseph Chamberland.À la fin de la Deuxième Guerre mondiale, le pays tout entier connaissait une grave crise du logement. Certains mouvements, comme la L.O.C. (Ligue ouvrière catholique), demandaient au gouvernement de mettre sur pied un programme de crédit urbain dans les villes, semblable à celui du crédit agricole dans les régions rurales. Mais le premier ministre du Québec et député de Trois-Rivières, Maurice L. Duplessis, se faisait un peu tirer l'oreille.Le curé Chamberland n'avait pas attendu passivement le gouvernement pour prendre des initiatives et procurer un logement décent à ses paroissiens. Il avait provoqué la fondation d'une Coopérative d'habitation et constitué un fonds dont l'argent provenait surtout de prêts accordés aux coopérateurs par la Caisse populaire. Le curé organisait des corvées et entretenait un esprit de solidarité chrétienne.Duplessis suivait attentivement le projet de l'abbé Chamberland qu'il connaissait bien pour l'avoir côtoyé lorsque tous deux fréquentaient le Séminaire Saint-Joseph. À la fin de décembre 1947, grâce à la Coopérative d'habitation Sainte-Marguerite, plusieurs dizaines de familles logeaient dans des maisons confortables qui leur appartenaient. Le paiement mensuel de l'hypothèque équivalait à un loyer raisonnable.Nombreux étaient ceux qui croyaient que le curé Chamberland avait réalisé un véritable miracle! L'évêque de Trois-Rivières, Mgr Georges-Léon Pelletier, le nomma chanoine de la Cathédrale en reconnaissance "de son zèle dans l'application de la doctrine sociale de l'Église et de son dévouement pour la classe ouvrière".
Fort de cette expérience, le gouvernement Duplessis chargea le président du Crédit agricole, le notaire Eugène Poirier, de préparer une loi d'application générale qui devait viser à réduire la charge du taux d'intérêt pour les emprunteurs pauvres. Dès l'année suivante, la Loi pour améliorer les conditions de l'habitation dans la province de Québec fut adoptée. Le modèle coopératif du curé Chamberland à Trois-Rivières, couronné de succès, fut bientôt imité par la L.O.C. à Montréal et cité en exemple à travers le monde. En 1948-1949, près de 10 000 personnes devinrent propriétaires de leurs maisons grâce à cette loi et environ 2 500 autres étaient en attente d'un prêt hypothécaire.Par la suite, le Service de l'habitation familiale provoqua l'essor des coopératives, non pas seulement à Trois-Rivières et à Montréal, mais aussi à Hull, Plessisville, Asbestos et partout au Québec.Un monument à la Coopérative d'habitation Sainte-Marguerite fut érigé en 1970 dans le petit parc sans nom, en face de la Caisse populaire Sainte-Marguerite, délimité par les rues Baillargeon, Comtois et le boulevard Normand. Depuis le décès du curé-fondateur de la paroisse Sainte-Marguerite-de-Cortone, le chanoine Louis-Joseph Chamberland, en 1982, le monument lui est aussi dédié.

DateInconnue
CollectionEncyclopédie Trifluviana
Source Daniel ROBERT, Répertoire des toponymes de Trois-Rivières, SCAP. René VERRETTE, Les rues de Trois-Rivières: leur origine et leur histoire, Trois-Rivières, Cahiers historiques no 2, 1984, 101 p. (TRI 971.445 V553r).

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