Voir aussi Sherwin-Williams Corporation of Canada Limited
En 1892, le fabricant de peinture Canada Paint ouvrit une usine à Red Mill (dans l'actuel secteur Sainte-Marthe- du-Cap), acquise par la Sherwin-Williams en 1912, fermée en 1966.
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Après s'être assuré des services d'un Anglais de Derby, John Bradley, passé maître dans l'art de préparer des pigments, le fabricant de peinture Canada Paint Company ouvrit une usine de traitement et de transformation à Red Mill (dans l'actuel secteur Sainte-Marthe-du-Cap) en 1892.
Après avoir chauffé le minerai dans des fours à environ 600o C, puis l'avoir broyé, on obtenait une fine poudre qui était tamisée et mise dans des barils, lesquels étaient chargés dans des wagons de chemins de fer pour être acheminés vers la fabrique de peinture William Johnson à Montréal.
Durant les deux premières années de ses activités, la Canada Paint réussit à produire 31 couleurs pour l'industrie de la peinture. Jusqu'en 1911, elle produisit en moyenne 950 tonnes de minerai par année.
En 1912, l'usine et la mine de Canada Paint à Red Mill furent acquises par la Sherwin-Williams Corporation of Canada Limited, filiale canadienne d'une compagnie américaine fondée à Cleveland en 1870. John Bradley, expert dans la préparation des pigments, conserva son poste de surintendant de l'usine. Puis, Joseph Bradley, ingénieur mécanicien, succéda à son père comme surintendant, assisté de son propre fils Gérald. À sa mort, un autre de ses fils, James Bradley, prit la relève.
Les "terres à peinture" apportèrent du pain sur la table de la plupart des familles du rang Saint-Malo. Nombreux furent, au Québec et ailleurs, les bâtiments de fermes, ponts couverts, gares et wagons de chemins de fer de couleur rouge dont la peinture avait été fabriquée avec des pigments provenant de Red Mill. Au milieu des années 1940, avec l'arrivée sur le marché de pigments synthétiques, l'usine de Red Mill délaissa la production de pigments à peinture pour utiliser plutôt la poudre d'ocre comme matière colorante dans la fabrication du linoléum, du plastique et du béton, comme agent nutritif incorporé dans les fertilisants et comme abrasif pour le polissage des verres optiques et des bijoux.
Par la suite, d'autres gisements d'ocre, de moindre qualité que celui de Red Mill, furent exploités à Trois-Rivières, notamment celui des Forges du Saint-Maurice et celui de Saint-Louis-de-France. Le minerai brut extrait de ces gisements devait servir surtout aux compagnies gazières pour la purification du gaz de houille.
L'épuisement des gisements d'ocre, durant les années 1950, entraîna la fermeture de tous les établissements spécialisés dans la vente d'oxyde de fer. L'entreprise Sherwin-Williams de Red Mill ferma ses portes en 1966. James Bradley et ses associés formèrent aussitôt la compagnie Red Mill Industries Limitée et tentèrent de relancer l'usine en décembre de la même année. Mais l'usine ferma définitivement ses portes en 1968, après 75 ans d'activité.