En 1842, alors qu'il était étudiant en rhétorique au Séminaire de Nicolet, Antoine Gérin-Lajoie (1824-1882) composa les paroles de la chanson "Un Canadien errant", sur l'air de "Par derrière chez ma tante". Cette chanson, devenue célèbre, fait référence aux quelque 60 patriotes canadiens exilés en Nouvelle-Galles du Sud (Australie) en 1839 et rentrés, pour la plupart, en 1845 (huit autres patriotes avaient été exilés aux Bermudes en juin 1838).
La chanson "Un Canadien errant" fut publiée en 1844 dans le Charivari canadien sous les initiales A.G.L.:
Un Canadien errant, banni de ses foyers,
parcourait en pleurant des pays étrangers.
Un jour, triste et pensif, assis au bord des flots,
au courant fugitif, il adressait ces mots:
"Si tu vois mon pays, mon pays malheureux,
va dire à mes amis que je me souviens d'eux".
O jours si pleins d'appas, vous êtes disparus...
et mon pays, hélas! je ne le verrai plus.
Plongé dans mes malheurs, loin de mes chers parents,
je passe dans les pleurs, d'infortunés moments.
Pour jamais séparé des amis de mon coeur,
hélas! oui je mourrai, je mourrai de douleur.
Non, mais en expirant, O mon cher Canada,
mon regard languissant vers toi se portera.
A.G.L.