Chapelle du Sacré-Coeur des Ursulines de Trois-Rivières (I)

Voir aussi Communauté des Ursulines de Trois-Rivières, Musée des Ursulines, Monastère des Ursulines, Cimetière des Ursulines de Trois-Rivières

Depuis leur arrivée à Trois-Rivières, en 1697, les Ursulines ont possédé plusieurs maisons dont chacune était dotée d'un oratoire ou d'une chapelle. Le plus ancien est le vieux monastère de la rue des Ursulines avec sa chapelle du Sacré-Coeur.
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À leur arrivée en 1697, les Ursulines logèrent d'abord dans la maison des gouverneurs, sur le Platon. Les religieuses y organisèrent une petite chapelle qui fut utilisée jusqu'à l'automne 1700 alors qu'elles acquirent la maison en construction du gouverneur de Trois-Rivières, Claude de Ramezay, sur la rue Notre-Dame (des Ursulines), hors de l'enceinte de la ville. Elles y installèrent leur nouveau couvent avec chapelle.

En 1712, déplorant le pitoyable état de la petite chapelle, la nouvelle supérieure décida d'en faire construire une nouvelle. La pierre angulaire fut posée le 21 juillet 1714. Bénite en juin 1716, la chapelle du Sacré-Cœur était dotée d'un autel et de chandeliers sculptés par le maître-sculpteur Jean Jacquiés (ou Jacquet ou Jacques) dit Leblond en 1715-1716, de fresques sur la voûte et d'une statue du Sacré-Cœur placée au-dessus du maître-autel. Le monastère et sa chapelle furent détruits lors d'un incendie en 1752.

Pendant la reconstruction, les religieuses furent hébergées dans le couvent des Récollets où elles aménagèrent un petit oratoire, en plus d'utiliser la chapelle des Récollets. La nouvelle chapelle des Ursulines, construite sous la direction de l'évêque de Québec, Mgr Henri-Marie Dubreuil de Pontbriand, installé à Trois-Rivières pour le temps des travaux, ouvrit à la fin de 1753.

Le monastère et sa chapelle furent à nouveau complètement détruits par un autre incendie en 1806. Pendant la reconstruction, de 1806 à 1808, une chapelle temporaire fut élevée dans l'externat, à proximité du monastère incendié, et fut utilisée tous les jours jusqu'à l'ouverture de la nouvelle chapelle en 1808.

Reconstruite à partir des ruines de la chapelle de 1716, selon des plans et sous la direction de l'abbé François-Xavier Noiseux (vicaire-général du diocèse de Trois-Rivières et curé de la paroisse de Trois-Rivières de 1796 à 1812), la nouvelle chapelle des Ursulines (chapelle du Sacré-Coeur actuelle) fut bénite le 14 février 1808. Haute de deux étages, avec toit à deux versants, elle est ornée d'un maître-autel sculpté par le menuisier, charpentier, maître-sculpteur et architecte François Normand (élève de Louis-Amable Quévillon) en 1806-1807. "Le tabernacle présente ici - peu-être suite à une commande bien précise de la communauté - un arrangement tout à fait semblable à celui de la basilique Notre-Dame de Québec, exécuté par François Baillairgé en 1792, et reproduit ensuite à une vaste échelle dans la région par Baillairgé lui-même ou les sculpteurs qui lui ont succédé" (Claire Morasse, Le Coteillage, septembre 1981).

La chapelle des Ursulines abrite notamment des ornements sacerdotaux offerts par Mgr Joseph-Octave Plessis, évêque de Québec, en 1806, une chasuble offerte par le pape Léon XIII. La chapelle est aussi ornée de tableaux de maîtres, dont le copiste Joseph Légaré (1795-1855): "L'Instruction de la Sainte Vierge", "La Présentation de Jésus au Temple" et "La Présentation de Marie au Temple", et le peintre Antoine Plamondon (1819-1895), (c. 1840): "Sainte Véronique essuyant le visage de Jésus", réalisé vers 1840. Le premier jubé fut aussi ajouté en 1840.

DateInconnue
CollectionEncyclopédie Trifluviana
SourceDaniel Robert, Fichier d'accès rapide à l'histoire, Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières. René BEAUDOIN, "Les chapelles de Trois-Rivières", dans: Patrimoine trifluvien (bulletin annuel d'histoire de la Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières), no 8, juin 1998, p. 15-16. En collaboration, "L'architecture trifluvienne, XVIIe-XXe siècles", dans: Patrimoine trifluvien (bulletin annuel d'histoire de la Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières), no 13, octobre 2003, p. 30. Fastes trifluviens: tableaux d'histoire trifluvienne sous le Régime français, Société Saint-Jean-Baptiste de Trois-Rivières, 1931, p. 39. (TRI 971.445 F251). Thérèse GERMAIN, Autrefois, les Ursulines de Trois-Rivières, une école, un hôpital, un cloître, Sillery, Éditions Anne Sigier, 1997, 347 pages. Claire MORASSE, Le Coteillage (revue de la Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières), vol. 1, numéro 1, septembre 1981, p. 2-3 et 5. Daniel ROBERT, "Le domaine des Ursulines de Trois-Rivières et l'espace urbain, XVIIe-XXe siècles", dans: Patrimoine trifluvien (bulletin annuel d'histoire de la Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières), no 7, juin 1997, p. 23. Daniel ROBERT, "La vie culturelle trifluvienne, XVIIe-XXe siècles", dans: Patrimoine trifluvien (bulletin annuel d'histoire de la Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières), no 10, août 2000, p. 20 et 22.

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