Voir aussi Cinématographie à Trois-Rivières
La cinématographie est un procédé qui consiste à projeter sur écran une succession rapide de photographies, ce qui donne l'illusion du mouvement; on parle alors de "vues animées". Historiquement, l'art cinématographique fait donc suite à l'art photographique et se développe surtout à partir des années 1890 avec les inventions des Marey, Edison et Lumière.
La production cinématographique canadienne débute d'abord au Canada anglais - qui veut réagir à l'influence d'Hollywood - et on assiste dès avant la Première Guerre mondiale à une production importante de courts et longs-métrages. On organise des tournées des vues animées du cinéma muet, appelé "cinéma des forains". C'est l'époque des projectionnistes ambulants. La réalisation de films québécois est encore inexistante ou se fait aux Etats-Unis par des précurseurs comme Raoul Barré et Léo-Ernest Ouimet.
À Montréal, en 1906, Ouimet sédentarise les projections en ouvrant la première véritable salle de cinéma au Québec, le Ouimetoscope, et en instaurant un système de distribution de films dans tout le Québec. L'année suivante, il commence à tourner ses propres actualités sur des événements locaux: La Chute du Pont de Québec (1907), L'Incendie de Trois-Rivières (1908), ainsi que Le Congrès eucharistique de Montréal (1910). Simultanément, l'abbé Benjamin Paradis, de Beauceville, premier prêtre-cinéaste, tourne Le Tricentenaire de Québec (1908) et Le Congrès eucharistique de Montréal.
Au fil des ans, plusieurs autres prêtres-cinéastes comme Paradis s'adonneront, par le truchement du cinéma, à la promotion des valeurs religieuses, du terroir, de la culture et de l'histoire canadienne-française, ce qu'ils appellent des "oeuvres de propagande". Mgr Albert Tessier, à Trois-Rivières, est l'un de ceux-là. Entre les années 1925 - alors qu'il tourne Dans le bois, son premier film de la série «Scènes de vie en forêt» - et 1950, il fournira une production cinématographique impressionnante.