La Compagnie de la Nouvelle-France (ou Compagnie des Cent-Associés) fut fondée en 1627 et dissoute en 1663.
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Dès le début du XVIIe siècle, les marchands de Bretagne et de Normandie souhaitaient avoir accès à l'immense réservoir de pelleteries que constituait la Nouvelle-France. Après l'échec de l'établissement de Pierre Chauvin à Tadoussac en 1600-1601, la France révisa sa politique coloniale: faute de capitaux suffisants pour coloniser les nouveaux territoires, l'État devait faire appel aux intérêts particuliers, à des entreprises privées. Des armateurs, des marchands, des financiers, des nobles, des fonctionnaires s'unirent pour former des sociétés par actions, des compagnies auxquelles l'État concéda des colonies. Dans ces territoires concédés, les compagnies étaient pourvues de nombreux privilèges: propriété du sol, monopole du commerce, droits fiscaux (taxation), droits seigneuriaux (justice), etc. en même temps qu'elles étaient chargées de certaines obligations, par exemple: entretenir le clergé et des troupes.
Henri IV (roi de 1589 à 1610) fonda les premières compagnies, mais le commerce des fourrures demeura libre sur le Saint-Laurent durant de longues périodes, notamment de 1609 à 1612, alors que plusieurs marchands détenaient des privilèges de traite. C'est toutefois sous Louis XIII (roi de 1610 à 1643), et grâce au cardinal de Richelieu, que le système des compagnies se développa.
Dès 1624, le nouveau ministre de Louis XIII, Mgr Armand-Jean du Plessis, cardinal de Richelieu projetait déjà la formation d'une puissante société de colonisation pour la Nouvelle-France. En 1627, il abolit la Compagnie de Caen et lui en substitua une autre qu'il organisa lui-même le 29 avril 1627: la Compagnie de la Nouvelle-France, appelée aussi Compagnie des Cent-Associés, formée de 100 actionnaires qui contribuaient chacun pour 3 000 livres, soit un capital total pour la compagnie de 300 000 livres. L'article VII de la charte de cette compagnie stipulait que "Sa Majesté accordera aux associés, pour toujours, le trafic de tous les cuirs, peaux et pelleteries de la Nouvelle-France..." (sauf de l'Acadie).
La Compagnie de la Nouvelle-France avait pour mission de coloniser le pays. Le roi délégua alors sa seigneurie immédiate aux Cent-Associés qui reçurent la Nouvelle-France en concession et prirent le titre de "seigneurs dominantissimes". Les Cent-Associés et leurs collaborateurs devinrent "des entrepreneurs chargés de recruter des habitants pour le pays et de les installer sur la terre seigneuriale" (Marcel Trudel, Le régime seigneurial, SHC, 1971, p. 3).
La Compagnie de la Nouvelle-France détint légalement le monopole des fourrures au Canada durant 36 ans, de 1627 à 1663. En juin 1663, on dénombrait 10 seigneurs en titre à Trois-Rivières, c'est-à-dire des seigneurs qui y détenaient des droits de suzerain, dont la Compagnie de la Nouvelle-France qui était seigneuresse de l'île de la Trinité (ou île Saint-Quentin), de l'île Saint-Joseph, de l'Islet, des emplacements de la censive urbaine (bourg et abords) et de la plupart des terres de la banlieue.
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