Conquête anglaise

La reddition de Montréal en 1760 marqua la Conquête anglaise de la Nouvelle-France et scella le sort du Canada qui allait être réglé définitivement par la fin de la guerre de Sept Ans en Europe et la signature du Traité de Paris le 10 février 1763.

Peu après la reddition de Montréal, le colonel anglais Ralph Burton faisait son entrée à Trois-Rivières et installait son quartier général dans la maison des gouverneurs, sur le Platon. Les Trifluviens remirent leurs armes aux conquérants britanniques dans le parloir du monastère des Récollets le 23 septembre 1760.

Des civils, fournisseurs des troupes qui accompagnaient Burton, s'établirent alors dans la ville afin d'exercer leurs activités économiques. Ce premier contingent d'anglophones, grossi par l'arrivée de loyalistes vers 1784, forma peu à peu une communauté importante qui exerça un pouvoir économique réel sur toute la région. D'abord importateurs de denrées et marchands de grains, les anglophones se firent commerçants de fourrures, fournisseurs de l'État, spéculateurs fonciers, propriétaires de moulins, de brasseries, de bateaux à vapeur et d'une multitude de petites entreprises qui, au XIXe siècle, représentaient une part considérable de l'économie régionale. Parmi les anglophones, qui constituaient 15% de la population trifluvienne en 1831 et qui allaient marquer l'histoire de la ville, se trouvaient les Bell, Gugy, Baptist, McDougall, Shortis, Gilmour, Houliston et autres hommes d'affaires qui occupaient aussi les fonctions les plus importantes de la société locale: le maître de poste, le protonotaire, le greffier, le shérif et même les députés étaient tous anglophones.

Les Anglais, comme on appelait communément ceux qui n'étaient pas Canadiens-Français de naissance, étaient en fait plusieurs groupes ethniques (anglais, écossais, irlandais, américains, suisses) de religions diverses (anglicane, presbytérienne, méthodiste, juive). En 1820, on comptait 220 protestants qui représentaient près de 12% de la population totale trifluvienne ( 1 820 ). Les uns et les autres possédaient, au milieu du XIXe siècle, leurs propres lieux cultuels: les anglicans occupaient l'église Saint James depuis la Conquête, les méthodistes avaient construit l'église Wesleyenne, sur la rue Bonaventure, en 1823, les presbytériens avaient bâti l'église Saint Andrew, sur la rue Hart, en 1844, et les juifs avaient ouvert une synagogue sur la rue du Platon. Ces groupes possédaient aussi leurs propres cimetières, tous situés le long de la rue Saint-François-Xavier. Seuls les Irlandais catholiques, immigrés surtout durant les années 1830 et 1840, partageaient certaines des institutions canadiennes-françaises.

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En 1760, le Canada comptait une population d'environ 65 000 âmes, distribuée sur un territoire immense et desservie par 20 à 30 petites écoles. L'éducation laissait fort à désirer, la plupart des gens ne sachant ni lire ni écrire. Ce constat fut confirmé le 5 juin 1762 par le gouverneur de Québec, James Murray, lorsqu'il écrivit: "Les Canadiens sont très ignorants et très attachés à leur religion [...]; le gouvernement d'autrefois n'a jamais permis l'établissement d'une presse dans la colonie, et très peu savent lire et écrire".

DateInconnue
CollectionEncyclopédie Trifluviana
SourceDaniel Robert, Fichier d'accès rapide à l'histoire, Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières.

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