Construction navale à Trois-Rivières

Voir aussi Fabriques de canots à Trois-Rivières

Au XVIIIe siècle, Trois-Rivières était réputée pour la qualité des canots qu'on y construisait. Cette tradition fut perpétuée jusqu'au XXe siècle alors qu'on ouvrit des chantiers maritimes. Le développement industriel et le déclenchement de la Première Guerre mondiale favorisèrent en effet l'implantation de quelques chantiers de construction de navires dans notre coin de pays.

Entre 1915 et 1922, quatre chantiers étaient établis à Trois-Rivières: ceux de la Tidewater Shipbuilders Limited et de la Three Rivers Shipyards Limited, et ceux de la National Shipbuilding Corporation et de la Fraser Brace Company.

Le chantier de la Tidewater Shipbuilders Limited, une compagnie filiale de la Canada Steamship Lines Limited, fut ouvert en 1915 au Cap-de-la-Madeleine, sur des terrains au bord de la rivière Saint-Maurice, rue Notre-Dame Est, occupés auparavant par la manufacture d'allumettes des frères Gagnon. Spécialisé dans la construction de bâtiments en acier de types Canadian Harvester ("moissonneur"), Canadian Fisher ("pêcheur") et Canadian Forester ("forestier"), il ne lança son premier navire que le 1er août 1918. Le second chantier, celui de la Three Rivers Shipyards Limited, fut ouvert en 1917 par Thomas Mulvey Kirkwood, sur le bord du Saint-Laurent, rue Notre-Dame Centre, dans l'ouest de Trois-Rivières; il fabriquait aussi bien des navires de bois que des navires d'acier, par exemple des navires-citernes tel le pétrolier "Motricine" commandé par le gouvernement français et rebaptisé "Capitaine Damiani" lors de son lancement.

Les deux chantiers employaient chacun de 1 000 à 1 200 ouvriers à la construction des navires à raison de 50 à 60 heures par semaine et au salaire de 40 à 75 cents par heure pour chacun des ouvriers. Ne pouvant plus compter sur les commandes du temps de guerre, la Three Rivers Shipyards déclara faillite en août 1920 et la Tidewater Shipbuilders cessa ses activités en 1921.

Entre-temps, en 1918, la National Shipbuilding Corporation avait ouvert un nouveau chantier, à proximité de celui de la Three Rivers Shipyards, pour la construction de navires en bois, comme des barges à vapeur. Mais elle dut également fermer ses portes la même année que sa voisine, en 1920.

Enfin, au début de 1922, la Fraser Brace Company occupa les terrains mêmes de l'ancienne Three Rivers Shipyards pour entreprendre la construction de navires en acier. Mais elle cessa ses opérations moins d'un an plus tard, le 1er décembre 1922.

Les terrains de la Tidewater Shipbuilders furent ensuite occupés par l'usine d'abrasifs Electro Refractories and Abrasives Canada Limited de 1948 à 1983, tandis que ceux de la Three Rivers Shipyards, entre les actuelles rues Père-Daniel et Père-Garnier, en face du parc Pie-XII, furent destinés à la Three Rivers Pulp and Paper Company (plus tard St. Lawrence Paper Mills, puis Domtar, aujourd'hui Kruger). L'ancien atelier de menuiserie de la Three Rivers Shipyards, qui servit ensuite de hangar pour abriter les yatchs, chaloupes et canots, fut démoli en avril 1944.

DateInconnue
CollectionEncyclopédie Trifluviana
SourceDaniel Robert, Fichier d'accès rapide à l'histoire, Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières. Daniel ROBERT, "La construction navale", dans: Patrimoine trifluvien (bulletin annuel d'histoire de la Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières), no 12, juin 2002, p. 12-13.

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