Crise économique de l’Entre-Deux Guerres (I)

Au début de l'administration libérale de Louis-Alexandre Taschereau (1920-1936), le Québec et tout le monde occidental traversaient une période de prospérité. Le textile, le bois et les pâtes et papiers étaient les plus gros secteurs d'emploi au Québec. Dans la seule industrie du papier, le capital placé dans les papeteries du Québec passa de 32 millions en 1920 à 718 millions en 1929. La croissance industrielle fut doublée d'un mouvement de concentration des populations et le Québec devint la province la plus urbanisée en dépit de l'encouragement donné à la colonisation par l'État et l'Église.

Mais les "années folles", comme on les appelait, connurent une fin abrupte quand, le 24 octobre 1929, surnommé "le Jeudi noir de Wall Street", un krach à la Bourse de New York déclencha une grave dépression économique mondiale, une crise qui ne devait se résorber que dix ans plus tard avec la reprise provoquée par l'économie de guerre. Les "années noires" de la décennie 1930 allaient être avant tout des années de chômage et de misère pour les travailleurs.

Dès l'année suivante, les syndicats catholiques organisèrent une marche à l'Oratoire Saint-Joseph de Montréal pour combattre les effets de la crise économique. En 1932, on comptait 14 millions de chômeurs aux États-Unis seulement. Au Québec, les syndicats catholiques demandèrent la réduction du temps de travail à 8 heures par jour et 6 jours par semaine dans le but d'accroître le nombre d'emplois. La main-d'œuvre étant plus élevée que l'offre d'emplois, on en profita aussi pour réduire les salaires de 40%.

Sans programme gouvernemental d'assurance-emploi ou d'aide sociale, des milliers de familles furent réduites à se préoccuper de besoins aussi élémentaires que manger, se loger, se chauffer et s'éclairer. De longues files d'attente se formaient devant les "soupes populaires" organisées par des organismes de charité comme la Société Saint-Vincent-de-Paul. Des files d'attente se formaient également pour chaque emploi disponible. Au sommet de la crise, en 1933, le taux de sans-emploi au Québec dépassait 30%.

Certaines municipalités dispensaient des "secours directs", c'est-à-dire qu'elles distribuaient simplement des bons alimentaires d'une valeur de 4$ à 5$ par semaine. Bon nombre mirent aussi sur pied des programmes de travaux publics financés (20 millions de dollars) par les gouvernements fédéral et provincial. Ainsi, à Trois-Rivières, en 1932 et 1933, plusieurs chômeurs furent employés à abattre les arbres malades dans les parcs et à scier du bois de chauffage pour les édifices de la municipalité.

De son côté, le gouvernement Taschereau tenta d'endiguer le chômage en adoptant, en mai 1935, la Loi pour promouvoir la colonisation et le retour à la terre. Le chef de l'Opposition et député de Trois-Rivières, Maurice L.-Duplessis, décria cette mesure en affirmant que l'on avait tort de croire que le retour à la terre remédierait au chômage (voir L'Action catholique, 13 mars 1935). Le plan du ministre Irénée Vautrin ne permit, en effet, l'établissement que de 3 000 nouvelles familles de colons, soit 2% seulement des 150 000 chômeurs québécois.

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DateInconnue
CollectionEncyclopédie Trifluviana
SourceDaniel Robert, Fichier d'accès rapide à l'histoire, Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières.

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