L'école Saint-Patrick (Saint-Patrick's High School) était une école pour les anglophones catholiques de la région de Trois-Rivières. Elle fut fondée en 1929 par les Sœurs de l'Assomption de la Sainte-Vierge. Elle logea d'abord avec le couvent des religieuses, dans un local derrière la cathédrale de Trois-Rivières (1929), avant d'ouvrir ses portes dans un nouvel édifice de la rue Sainte-Geneviève (1930), puis de la rue Nicolas-Perrot (1957).
Très tôt après la Conquête, les Ursulines ouvrirent une classe anglaise dans leur couvent pour l'éducation des jeunes filles anglophones catholiques de Trois-Rivières. Les garçons, eux, pouvaient fréquenter l'une ou l'autre des petites écoles anglaises établies dans la ville, dont celle de Selby Burn en 1830. Une autre classe anglaise fut ouverte à l'école Sainte-Ursule par la Société d'éducation de Trois-Rivières en 1831. Fermée en 1840, elle fut réouverte en 1845 par les Frères des Écoles chrétiennes. Il est probable que les anglophones catholiques aient fréquenté, pendant tout le XIXe siècle, les classes ou petites écoles maintenues ici et là par la Commission scolaire. Ce n'est qu'après le premier quart du XXe siècle qu'aboutit un projet de construction d'une véritable école anglophone catholique.En août 1924, alors que la Commission scolaire annonçait l'établissement d'une nouvelle école de garçons (Saint-Paul) dans le quartier Sainte-Cécile, on envisagea d'installer temporairement deux classes anglaises à l'étage supérieur du marché aux denrées et de les déménager, plus tard, dans la nouvelle école des Frères de l'Instruction chrétienne. Mais ce projet suscita une vive opposition de ceux qui jugeaient inacceptable de "mélanger les Canadiens-Français et les catholiques de langue anglaise". L'un des commissaires se dressa même en épouvantail et déclara à ses collègues: "Si vous le faites, le diable sera aux vaches!" Le projet d'ouvrir des classes anglaises à l'école Saint-Paul fut vite abandonné. On opta plutôt pour la construction d'un établissement spécial pour les élèves catholiques anglophones.
Derrière la cathédrale, 1929-1930
Mais le projet ne commença à prendre forme qu'en 1927-1928. Puis, au printemps de 1929, la Commission scolaire de Trois-Rivières invita les Sœurs de l'Assomption de la Sainte-Vierge à prendre en charge les classes catholiques anglophones de la ville, formées majoritairement d'Irlandais de naissance ou d'ascendance. En septembre, les religieuses accueillaient 195 garçons et filles dans un local situé à l'arrière de la cathédrale.
Rue Sainte-Geneviève, 1930-1957
La nouvelle école Saint Patrick, bâtie au 962 rue Sainte-Geneviève, angle Sainte-Julie, ouvrit ses portes en septembre 1930. L'année suivante, les religieuses installaient leur résidence dans une maison ayant appartenu à la famille Badeaux, tout près de l'école, à l'angle des rues Sainte-Geneviève et Laviolette.L'établissement dispensa d'abord les cours préparatoire et primaire. En 1931, on ajouta le cours secondaire (Saint Patrick High School), puis, en 1933, le cours commercial. L'école se distingua particulièrement au niveau de l'enseignement de la musique, du chant choral et du grégorien. Des élèves furent même invités, occasionnellement, à présenter des concerts sur les ondes de la station de radio CHLN. Les sports, aussi, firent la fierté des élèves de Saint Patrick, plus encore quand le club de hockey de cette école remportait la victoire sur celui du Three Rivers High School, comme ce fut le cas le 28 mars 1934.
Rue Nicolas-Perrot, depuis 1957
L'école Saint Patrick déménagea dans un nouvel édifice bâti sur la rue Nicolas-Perrot, dans la paroisse Saint-François-d'Assise, en 1957.Le bâtiment de la rue Sainte-Geneviève devint un établissement d'enseignement primaire francophone, l'école Dominique-Savio, tenue aussi par les Sœurs de l'Assomption de la Sainte-Vierge jusqu'en 1961. Enfin, l'édifice fut occupé, pendant un temps, par des bureaux de la Commission scolaire de Trois-Rivières avant de devenir un centre de transition, la Maison Radisson.