L'école Saint-Paul de Trois-Rivières était une école de garçons dans le quartier Sainte-Cécile de Trois-Rivières. Elle fut dirigée par les Frères de l'Instruction chrétienne de 1926 à 1969.Les Frères de l'Instruction chrétienne ont dirigé deux autres écoles à Trois-Rivières: l'école Chamberland (1945-1974) et l'école Saint-Jean-Bosco (1945-1959).
Le territoire de ce qui allait devenir, en 1912, la paroisse Sainte-Cécile faisait partie, auparavant, des quartiers Sainte-Ursule et Notre-Dame. De modestes habitations ouvrières, bâties le long des rues Saint-Paul et Hertel, formaient un petit faubourg que l'industrialisation du début du XXe siècle allait sortir de l'isolement.Après l'implantation de la manufacture de textile Wabasso sur la rue Saint-Maurice en 1907, l'arrivée de Wayagamack Pulp and Paper sur l'île De La Potherie en 1912 puis de Canadian International Paper à l'embouchure de la rivière Saint-Maurice en 1919 attirèrent des milliers de travailleurs dans cette partie de la ville, derrière le Séminaire Saint-Joseph, occupée jusque là par la ferme Houliston. En quelques années, des dizaines de maisons à logements multiples furent bâties, en rangs serrés, le long des rues Sainte-Ursule, Sainte-Cécile et Sainte-Angèle.
En 1916, la Commission scolaire fit construire une petite école mixte sur la rue Sainte-Geneviève, entre les rues Sainte-Cécile et Saint-Paul, pour desservir les enfants de cette paroisse: l'école Sainte-Cécile. Mais, quelques années plus tard, la croissance démographique fulgurante de la paroisse Sainte-Cécile força les commissaires à ouvrir une seconde école élémentaire: en 1924, les commissaires annoncèrent que le nouvel établissement serait une école de garçons, l'école Saint-Paul, et qu'ils avaient demandé aux Frères de l'Instruction chrétienne d'en prendre la direction. En août 1924, le frère Louis-Eugène, visiteur général, accepta l'offre de la Commission scolaire. L'école Saint-Paul allait être la première et l'une des trois seules écoles de la ville, avec Chamberland (1943-1974) dans la paroisse Sainte-Marguerite-de-Cortone et Saint-Jean-Bosco (1945-1959) dans la paroisse Saint-François-d'Assise, dirigées par les frères de cet institut.
En août 1924, alors que la Commission scolaire annonçait l'établissement de la nouvelle école de garçons Saint-Paul, on envisagea d'installer temporairement deux classes anglaises à l'étage supérieur du marché aux denrées et de les déménager, plus tard, dans la nouvelle école des Frères de l'Instruction chrétienne. Mais ce projet suscita une vive opposition de ceux qui jugeaient inacceptable de "mélanger les Canadiens-Français et les catholiques de langue anglaise". L'un des commissaires se dressa même en épouvantail et déclara à ses collègues: "Si vous le faites, le diable sera aux vaches!" Le projet d'ouvrir des classes anglaises à l'école Saint-Paul fut vite abandonné. On opta plutôt pour la construction d'un établissement spécial pour les élèves catholiques anglophones (école Saint-Patrick, 1930).
Quand les Frères de l'Instruction chrétienne arrivèrent dans la paroisse Sainte-Cécile, en août 1926, la construction de l'école de garçons n'était pas encore très avancée. Logeant au 534, rue Sainte-Angèle, le frère Isidore-Louis et ses collaborateurs s'entendirent avec les Filles de Jésus pour occuper temporairement des espaces à l'école Sainte-Cécile. Le 7 septembre suivant, jour de la rentrée scolaire, ils ouvrirent cinq classes, séparées les unes des autres par des cloisons, dans la salle de récréation et une sixième dans un corridor du sous-sol. Là, parmi tous les élèves qui se présentèrent, les frères en sélectionnèrent 275, les plus jeunes; les autres furent renvoyés dans les écoles qu'ils fréquentaient l'année précédente. À la fin de l'année scolaire, le 20 juin 1927, les cloisons furent abattues et la salle de récréation reprit son aspect original. Le lendemain, le curé J.-Alcide Lemire présida la distribution des prix de fin d'année puis les frères quittèrent définitivement l'école Sainte-Cécile.
La construction de l'école de garçons Saint-Paul était enfin achevée. Le 28 août 1927, dernier dimanche avant la rentrée de l'année 1927-1928, l'évêque auxiliaire de Trois-Rivières, Mgr Alfred-Odilon Comtois, présida la cérémonie de bénédiction du nouvel édifice, en présence du maire de la ville et président de la Commission scolaire, Arthur Bettez, ainsi que de nombreux autres invités: prêtres, religieux, laïcs. On préféra alors le patronyme Saint-Paul (du nom de la rue où l'édifice était bâti) à celui de Laflèche qui avait été proposé en 1924.En septembre 1927, les garçons de l'école Sainte-Cécile furent envoyés à l'école Saint-Paul, et l'école Sainte-Cécile devint une école de filles.
L'édifice, bâti sur le site de l'ancienne Saint-Maurice Foundries (Fonderie Saint-Maurice) (1917), tout près du chemin de fer de ceinture, dans le prolongement de la rue Hertel et presque vis-à-vis de la rue Saint-Martin, occupait une partie d'un vaste terrain vendu à la Commission scolaire par la compagnie Canadian International Paper (l'autre partie du terrain allait devenir, plus tard, le parc Lemire). Mesurant 203 pieds de longueur sur 70 de largeur, il contenait une résidence pour les frères, une grande salle d'étude pouvant accueillir 270 élèves, une chapelle et un dortoir, avec lavabos et douches, renfermant 70 lits pour autant de demi-pensionnaires. Les "coucheurs", comme on les appelait, ne quittaient l'école que pour aller prendre leurs repas en famille; le reste du temps, ils étaient sous la surveillance des frères.Dès le début des années 1930, l'école Saint-Paul jouissait d'une excellente réputation pour la qualité de l'enseignement. La Commission scolaire accepta même d'y aménager deux laboratoires, un pour la chimie et l'autre pour la physique, et d'y mettre sur pied un cours industriel.
De 1927 à 1936, cet établissement accueillit en moyenne 450 élèves par année, dont 65 demi-pensionnaires. En 1936, il comptait 524 élèves distribués dans 13 classes dont les titulaires étaient tous des frères. D'année en année, la population croissante de la paroisse amenait toujours plus d'élèves que les frères réussissaient quand même à accommoder. Mais le baby boom d'après-guerre força, en 1955, la fermeture du dortoir et l'aménagement de cet espace en nouvelles salles de classe. Huit ans plus tard, en 1963, l'école Saint-Paul dispensait l'enseignement à quinze classes du cours primaire, neuf du cours secondaire et six du cours commercial. Le personnel se composait de six frères de l'Instruction chrétienne auxquels s'étaient joints 25 laïques, enseignants et enseignantes.En septembre 1970, suite à la fermeture de l'école de filles Sainte-Cécile, Saint-Paul devint une école mixte et ne dispensa plus que le cours primaire jusqu'au moment de sa propre fermeture, vers 1975.En dépit du petit nombre d'écoles dirigées par les Frères de l'Instruction chrétienne à Trois-Rivières, ces religieux étaient néanmoins très bien connus dans la ville comme dans toute la province, particulièrement grâce aux nombreux manuels scolaires édités par leur maison de Laprairie. En 1928, un an après avoir inauguré l'école Saint-Paul, les frères y ouvrirent une procure d'articles de classe qui, au fil des ans, devint une affaire importante nécessitant un personnel composé de deux religieux (procureur et assistant-procureur) et d'un laïc. En 1951, alors que la Commission scolaire aménagea des ateliers de travaux manuels dans l'école, les frères durent déménager leur procure à l'extérieur. Ils l'établirent alors dans un édifice de la rue Hertel, occupé antérieurement par les bureaux de la charbonnerie Albert-H. Lacharité. Mais l'affaire ne cessait de prendre de l'expansion. Il devenait nécessaire à nouveau de trouver d'autres locaux. En 1961, les Frères de l'Instruction chrétienne firent l'acquisition d'un vaste édifice situé à l'angle des rues Sainte-Cécile et Charlevoix, où était installée auparavant la compagnie LaSalle Shirt and Garment. En mai 1962, après quelques travaux d'aménagement, la procure des frères de l'école Saint-Paul déménagea dans l'édifice nouvellement acquis et prit le nom plus commercial Le Service scolaire de Trois-Rivières enr. L'édifice logea plus tard la Librairie Multi-Services.
En 1945, la Ville de Trois-Rivières fit installer des balançoires et des glissoires sur le terrain jouxtant celui de l'école Saint-Paul et y ouvrit un petit parc appelé parc Saint-Paul. Trois ans plus tard, la C.I.P. offrit un terrain pour l'agrandissement du parc qui reçut alors le nom de parc Lemire.