L'école Sainte-Marguerite était, à l'origine, une école de filles dans la paroisse Sainte-Marguerite-de-Cortone de Trois-Rivières. Elle fut dirigée par les Filles de Jésus de 1929 à 1980. L'ancienne école sert aujourd'hui de résidence pour personnes âgées: la résidence Fernand-Goneau.
La paroisse Saint-Philippe, érigée en 1909 sur le territoire de l'ancienne Commune, s'étendait jusque dans les profondeurs du fief Sainte-Marguerite. Déjà à cette époque, la rareté des logements dans les vieilles zones du bord du fleuve favorisait l'expansion des habitations vers le nord. Plusieurs maisons étaient bâties à la diable le long des rues Sainte-Marguerite et Saint-Roch, de l'autre côté de la ligne de chemin de fer.En 1917, ce secteur était suffisamment peuplé pour y ouvrir une petite école mixte. Deux institutrices, les demoiselles Forest et Cossette, s'installèrent dans une modeste maison du chemin Sainte-Marguerite, tout près des futures rue Chanoine-Chamberland et côte Plouffe. Bâtie comme une école de rang, la maison comportait un logement à l'étage, au-dessus des deux classes. En 1920, elle était fréquentée par 105 élèves.
Cinq ans plus tard, en 1925, le vicaire Louis-Joseph Chamberland fut nommé desservant de cette partie de la paroisse Saint-Philippe qui comptait 167 familles. La petite maison d'école ne suffisait plus aux besoins de la population croissante. En 1928, on décida de construire une nouvelle école en brique comportant 11 salles de classe et de la confier aux Filles de Jésus. La Commission scolaire fit donc bâtir une résidence pour les religieuses, juste derrière l'école, au 1486 rue Brébeuf.
La nouvelle école Sainte-Marguerite ouvrit ses portes en septembre 1929, sous la direction de sœur Sainte-Hilaria. Trois autres religieuses l'accompagnaient: les sœurs Marie Sainte-Séverine, Marie-Dominique de Jésus et Marie Sainte-Laure. L'établissement était encore mixte, mais les garçons étaient séparés des filles, tant dans les salles de classe que dans la cour de récréation.
L'augmentation de la clientèle scolaire força, en 1943, l'ouverture d'une 12e classe qu'on logea dans la salle de récréation. L'école Sainte-Marguerite était surpeuplée; le besoin d'un autre établissement scolaire pour desservir adéquatement la clientèle de ce secteur se faisait sentir avec acuité. La construction domiciliaire provoquée par la Coopérative d'habitation, à partir de 1944, et le baby boom d'après-guerre allaient donner une poussée fulgurante au développement de la paroisse et confirmer la nécessité de bâtir une autre école. Cette année-là, le curé Chamberland invita les Frères de l'Instruction chrétienne à dispenser l'enseignement aux garçons de l'école Sainte-Marguerite, en attendant l'ouverture d'un nouvel établissement. Pendant trois ans, quatre religieux et trois institutrices prirent charge des quelque 200 garçons des 3e et 4e années.
La construction de l'école Chamberland, à l'angle des rues Sainte-Marguerite et Chanoine-Chamberland, tout près de l'école Sainte-Marguerite, débuta en 1945. Deux ans plus tard, en septembre 1947, l'école Sainte-Marguerite devint une école de filles et tous les garçons furent envoyés dans les 11 classes de l'école Chamberland.Mais, à la fin de la décennie 1940, le problème de surpeuplement des deux établissements persistait. En 1950, le président de la Commission des écoles catholiques des Trois-Rivières, Gaston Francoeur, reçut un chèque de 180 000 $ du gouvernement Duplessis pour l'agrandissement de l'école Sainte-Marguerite et pour la construction de l'école Saint-Jean-Bosco dans la paroisse Saint-François-d'Assise. Il remercia Duplessis en ces termes: "Sans l'aide de Québec, la situation scolaire eût été très grave aux Trois-Rivières". On construisit donc une annexe à l'école de filles pouvant contenir huit salles de classe additionnelles, une salle de récréation et un local pour l'enseignement ménager.
Dans cette jeune paroisse où les maisons poussaient comme des champignons, les agrandissements n'étaient cependant qu'une solution très éphémère. Devant le nombre toujours croissant d'élèves, la Commission scolaire de Trois-Rivières décida de bâtir un autre établissement, dans la partie nord-ouest de la paroisse, à l'autre extrémité du secteur en développement: l'école Père-Daniel. Le 2 septembre 1959, la nouvelle école ouvrait ses portes à 518 élèves (295 garçons et 223 filles) provenant des écoles Chamberland et Sainte-Marguerite.En 1966, alors que la population paroissiale (10 031) atteignit un sommet, les trois écoles élémentaires pouvaient répondre aux besoins de ce secteur de la ville. On comptait 19 classes à l'école de filles Sainte-Marguerite dirigée par sœur Marie-Cécile de l'Immaculée, f.j..En 1970, l'école Sainte-Marguerite devint une école secondaire pour les élèves des paroisses Saint-Philippe et Sainte-Marguerite. Puis, en mai 1976, en pleine période de dénatalité, la Commission scolaire décida de fermer l'école Chamberland et de relocaliser les élèves à l'école Père-Daniel, rebaptisée Curé-Chamberland. Enfin, quelques années plus tard, l'école Sainte-Marguerite devait, elle aussi, fermer ses portes au profit des nouvelles polyvalentes.L'ancienne école Sainte-Marguerite sert de foyer pour personnes agées: la Résidence Fernand-Goneau. Quant à la maison qui servit de résidence aux Filles de Jésus, au 1486 rue Brébeuf, de 1929 à 1980, elle fut achetée par l'Université du Québec à Trois-Rivières en 1980; elle est aujourd'hui occupée par le Centre Le Havre de Trois-Rivières inc., un organisme communautaire œuvrant auprès des personnes sans abri.
L'inspecteur d'écoles pour les villes de Trois-Rivières et de Cap-de-la-Madeleine Lucien Hamelin relatait ainsi, au profit du surintendant de l'Instruction publique, quelques-unes des cérémonies auxquelles il prit part durant l'année 1949-1950:
Lucien Hamelin participe "à plusieurs démonstrations scolaires: noces d'argent de
l'école Dollard, graduation des finissantes aux écoles Saint-Louis-de-Gonzague,
Sainte-Cécile et Saint-Joseph; revue de gymnastique à l'Académie de la Salle;
démonstration patriotique à l'école Saint-François-Xavier à l'occasion de la fête de
Dollard; visite des expositions scolaires aux écoles Marie-Immaculée, Sainte-Marguerite,
Sainte-Angèle et Chamberland [...] ".
De 1980 à 1996, les Filles de Jésus de l'école Sainte-Marguerite résidèrent au presbytère Sainte-Marguerite.
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