École St-Philippe

L'école Saint-Philippe, ouverte en 1874, est située à l'angle des rues Royale et Bureau, sur le territoire de l'ancienne paroisse Saint-Philippe de Trois-Rivières.À l'origine, l'école Saint-Philippe était une école de garçons. Elle fut dirigée par les Frères des Écoles chrétiennes durant plus d'un siècle, de 1874 à 1981.En 1871, alors que le quartier Saint-Philippe de Trois-Rivières comptait 2 444 âmes, les commissaires d'écoles résolurent de répondre au besoin pressant d'une autre école dans cette partie de la ville. A-t-on cru, un moment, que le quartier Saint-Philippe allait voir s'ériger une grande école mixte destinée à recevoir tous les enfants ? L'idée même serait allée à contre-courant de la tendance des autorités à confier l'éducation aux communautés religieuses. Les commissaires s'entendirent rapidement pour construire une école de garçons qui serait dirigée par les Frères des Écoles chrétiennes: l'école Saint-Philippe.

Premier édifice (1874-1917)

À cette époque, la Ville de Trois-Rivières projetait d'aménager un parc public dans le quadrilatère formé par les rues Royale, Saint-Olivier, Gervais et Bureau. Près de la moitié de cet espace fut vendu au prix de 232,50 $ pour la construction de l'école Saint-Philippe (le restant fut cédé en 1909 à la Fabrique de la nouvelle paroisse Saint-Philippe pour la construction de l'église et du presbytère). En avril 1873, la Commission scolaire lança un appel d'offres dans les journaux pour la construction du bâtiment. Le contrat fut accordé en juin à Charles Dugré, le plus bas soumissionnaire, pour la somme de 3 975 $. À la fin de 1873, l'édifice en brique s'élevait sur la rue Royale, face à la rue Sainte-Élisabeth. En janvier 1874, Adolphe Duval et Antoine Marineau obtinrent le contrat de fabrication du mobilier au coût de 210 $.

La petite école ouvrit ses portes en septembre 1874. Ses deux classes accueillirent 164 élèves (52 dans l'une, 112 dans l'autre). Déjà elle était insuffisante. L'année suivante, suite à une requête de 75 pères de famille, on ajouta un étage comportant trois classes.Pendant plus de 40 ans, les garçons de Saint-Philippe durent s'entasser dans des salles de classe trop étroites. Un instituteur, Yves LeBerre, raconta plus tard qu'il faisait si chaud, certains jours, que l'on devait renvoyer les élèves à la maison et fermer l'école (Le Nouvelliste, 13 octobre 1955).En février 1900, l'inspecteur d'écoles Évariste Béland suggéra, pour certaines classes de l'école des réparations au mobilier: les pupitres étant trop haut, les pieds des élèves ne touchaient pas par terre.

Lors de sa séance du 29 juin 1908, suite à la grande conflagration du 22 juin précédent, le Conseil municipal de Trois-Rivières permit à la société Drolet et Lassonde d'occuper temporairement des locaux dans l'école Saint-Philippe. En 1917, la population paroissiale atteignait 4 375 âmes et avait presque doublé par rapport à 1871 (2 444 âmes). Les cinq classes de l'école de garçons débordaient littéralement. La Commission scolaire accepta enfin de bâtir une maison d'école répondant aux besoins de la paroisse.

Deuxième édifice (1917- )

Le nouvel édifice fut construit tout près de la vieille école, sa façade donnant sur la rue Bureau. Conçu par l'architecte Lafond, il comptait trois étages et comportait 12 salles de classe spacieuses, confortables, bien éclairées et aérées, une salle de récréation ou de gymnastique et une salle de réunion. En décembre 1917, neuf classes étaient prêtes.

À la fin de la Première Guerre, une épidémie d'influenza (grippe espagnole) se propagea dans la ville, comme partout en Europe et en Amérique du Nord, semant la panique parmi les populations. Le 5 octobre 1918, toutes les écoles de Trois-Rivières fermèrent et un hôpital civique fut aménagé dans l'édifice moderne de l'école Saint-Philippe. Des ecclésiastiques, des Frères des Écoles chrétiennes, des Sœurs de la Providence s'improvisèrent infirmiers et infirmières bénévoles pour assister le personnel médical et prendre soin des quelque 203 malades reçus pendant près d'un mois, soit jusqu'au 11 novembre.Au milieu des années 1930, l'école Saint-Philippe était, à nouveau, surpeuplée. On dut remédier au manque d'espace en aménageant six classes additionnelles dans les salles de récréation et de réunion. En 1936-1937, le personnel de l'établissement était composé de huit frères (dont un principal) et de 15 laïques (dix hommes et cinq femmes). Quatre frères et 14 laïques étaient titulaires des 18 classes. Les autres, trois frères et une laïque, étaient des spécialistes: en sciences, en chimie, en anglais et en solfège.

Ajout d'un étage (1939)

À la fin de l'année scolaire 1938-1939, au cours de laquelle 730 élèves fréquentèrent l'école Saint-Philippe, les commissaires décidèrent d'effectuer les travaux d'agrandissement qui s'imposaient et, en même temps, de prévoir un logement pour les frères. L'architecte Ernest Denoncourt dressa les plans et l'entrepreneur Hector Auger exécuta les travaux. On ajouta un quatrième étage à l'édifice ainsi qu'une cage d'escalier à chacune des extrémités. L'aile droite fut complètement transformée pour contenir une salle de récréation, une salle pour les enseignants, une chapelle, une cuisine, un réfectoire et des chambres.
En décembre 1939, les frères de l'école Saint-Philippe quittèrent définitivement la communauté de Sainte-Ursule pour occuper leur nouvelle résidence et former une nouvelle communauté, indépendante de l'Académie de la Salle. Les Frères des Écoles chrétiennes dirigèrent l'école Saint-Philippe jusqu'en 1981, année où des laïques prirent la relève.En février 1960, la Ville de Trois-Rivières logea la bibliothèque des jeunes à l'école Saint-Philippe.

Liste des 31 frères directeurs de l'école Saint-Philippe de Trois-Rivières, 1874-1981

Frère Sébastien 1874-1880 6 ans
Frère Nivard-Anselme 1880-1881 1 an
Frère Paul-Basile 1881-1883 2 ans
Frère Victorien-Pierre 1883-1888 5 ans
Frère Mathieu 1888-1890 2 ans
Frère Majorique 1890-1892 2 ans
Frère Médule 1892-1894 2 ans
Frère Donat-René 1894-1897 3 ans
Frère Théodolphus 1897-1898 1 an
Frère Cyrille 1898-1904 6 ans
Frère Needs-Benoît 1904-1905 1 an
Frère Médard-Anthyme 1905-1906 1 an
Frère Martinien 1906-1907 1 an
Frère Médard-Joseph 1907-1908 1 an
Frère Albert 1908-1909 1 an
Frère Malo-Frédéric 1909-1918 9 ans : le 2e plus long terme.
Frère Muranus 1918-1921 3 ans
Frère Needs-Benedict 1921-1925 4 ans
Frère Virgile 1925-1926 1 an
Frère Lucien 1926-1931 5 ans
Frère Alfred-Edmond 1931-1936 5 ans
Frère Florent 1936-1939 3 ans
Frère Michel-Eugène 1939-1945 6 ans
Frère Amédée 1945-1951 6 ans
Frère Marcel 1951-1954 3 ans
Frère David 1954-1957 3 ans
Frère Alfred 1957-1961 4 ans
Frère Armand 1961 - : terme le plus court.
Frère Albéric (Onil Pinard) 1961-1967 6 ans
Frère Arthur Chrétien 1967-1968 1 an
Frère Hermas Bolduc 1968-1981 13 ans : le plus long terme.

En septembre 1968, dans la foulée de la réforme scolaire du Québec, le cours primaire des deux écoles du quartier Saint-Philippe (l'école de garçons Saint-Philippe et l'école de filles Sainte-Angèle) passa sous la direction du frère Hermas Bolduc, tandis que le cours secondaire (8e et 9e années) passa sous la direction d'Yvette Corbeil, les deux programmes d'enseignement étant chapeautés par deux unités administratives distinctes: la Commission scolaire de Trois-Rivières (primaire) et la Commission scolaire régionale des Vieilles-Forges (secondaire). Cette première phase du processus de réforme dura deux ans. En 1970, tous les élèves du cours primaire, garçons et filles, furent intégrés dans un seul établissement: l'école Saint-Philippe, tandis que les élèves du secondaire étaient envoyés à l'école Sainte-Marguerite.

Date1874
CollectionEncyclopédie Trifluviana
Source René BEAUDOIN, "Les chapelles de Trois-Rivières", dans: Patrimoine trifluvien (bulletin annuel d'histoire de la Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières), no 8, juin 1998, p. 19. FRÈRES DES ÉCOLES CHRÉTIENNES, Un siècle au service de la jeunesse (1844-1994). Ginette LAFLEUR, Histoire de la paroisse St-Philippe de Trois-Rivières, 1909-1984. Jocelyne MURRAY, "Quelques reflets de la vie scolaire, d'hier à aujourd'hui", dans: Patrimoine trifluvien (bulletin annuel d'histoire de la Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières), no 5, avril 1995, p. 21. Daniel ROBERT, "Hôpitaux, santé et assistance publiques à Trois-Rivières, XVIIIe-XXe siècles", dans: Patrimoine trifluvien (bulletin annuel d'histoire de la Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières), no 3, avril 1993, p. 3. Daniel ROBERT, "Les petites écoles à Trois-Rivières, XVIIe-XXe siècles", dans: Patrimoine trifluvien (bulletin annuel d'histoire de la Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières), no 5, avril 1995, p. 5, 10-13. Daniel ROBERT, "Les parcs et lieux publics de Trois-Rivières, XVIIe-XXe siècles", dans: Patrimoine trifluvien (bulletin annuel d'histoire de la Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières), no 6, mai 1996, p. 8. Daniel ROBERT, "La vie culturelle trifluvienne", dans: Patrimoine trifluvien (bulletin annuel d'histoire de la Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières), no 10, août 2000, p. 18-19. Daniel ROBERT et Jean ROY, "22 juin 1908. Le grand incendie de Trois-Rivières", dans: Patrimoine trifluvien (bulletin annuel d'histoire de la Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières), no 15, juin 2005, p. 15.

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