Église anglicane de Trois-Rivières

Dès la Conquête anglaise, en 1760, de nombreux anglophones vinrent s'établir à Trois-Rivières. Relativement peu nombreux, ils ne tardèrent pas à contrôler l'ensemble de l'économie régionale et à occuper les fonctions les plus importantes de la société locale: le maître de poste, le protonotaire, le greffier, le shérif, les directeurs des Forges du Saint-Maurice, les propriétaires de scieries, les grands commerçants et même les députés étaient tous anglophones.

En 1820, on comptait 220 protestants qui représentaient près de 12% de la population totale trifluvienne ( 1 820 ). Parmi ceux-là, 51 appartenaient à l'Église d'Angleterre et d'Irlande.

En 1834, Samuel L. Wood était pasteur des anglicans à Trois-Rivières.

L'Église d'Angleterre et d'Irlande à Trois-Rivières fut propriétaire
- d'une église: l'église Saint-James, située à l'angle des rues des Ursulines et Saint-François-Xavier et qui est l'ancienne
chapelle des Récollets, et
- d'un cimetière: le cimetière Saint-James, érigé vers 1808 à l'angle des rues Saint-François-Xavier et de Tonnancour, et fermé le 1er décembre 1917, par le règlement no 315 de la Ville de Trois-Rivières (adopté le 16 octobre 1916).

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La chapelle des Récollets ou église anglicane Saint-James

De retour à Trois-Rivières en 1692, les Récollets acquirent un emplacement situé à l'angle Notre-Dame (des Ursulines) et Saint-François-Xavier, près de la palissade du bourg, où le père Luc Filiastre fit construire un monastère. Quelques années plus tard, en 1698, le frère convers Didace (Claude Pelletier) commença la construction d'une petite chapelle en bois, inaugurée en 1704.

En 1704, le maître-sculpteur Jean Jacquiés (ou Jacques ou Jacquet) dit Leblond réalisa un tabernacle et un maître-autel pour la chapelle des Récollets (ceux-ci furent vendus aux Ursulines vers 1760, puis donnés en 1863 par l'évêque de Trois-Rivières, Mgr Thomas Cooke, à la fabrique de la paroisse de Saint-Maurice; ils sont conservés aujourd'hui dans la sacristie de cette église).

Mais le temps faisait ses ravages. En 1742, le supérieur et curé de Trois-Rivières, le père Julien de Rainville, dirigea la construction en maçonnerie d'un nouveau couvent. Puis, au printemps 1754, le père Augustin Quintal entreprit la construction d'une église en pierre, construction qui fut terminée par le père Bernardin de Gannes (l'église actuelle des anglicans).

C'est dans le parloir du monastère des Récollets que les Trifluviens remirent leurs armes aux conquérants britanniques le 23 septembre 1760.

Sous le Régime anglais, toutes les communautés d'hommes étaient frappées d'une interdiction de recrutement. Après le départ du père Isidore Marsolet, dernier Récollet de Trois-Rivières, en 1777, l'ancienne église des pères fut utilisée pour les services protestants, tandis que le couvent fut occupé par les Anglais. L'édifice servit d'abord d'hôpital, puis de palais de justice (1790) et de prison commune, en attendant la construction d'une vraie prison, dans le fief Haut-Boc, en 1816. C'est donc à cette époque que se déroula la populaire "légende du pendu".

Dès après le décès du dernier Récollet au Canada, le père Louis Demers, à Montréal le 2 septembre 1813, tous les biens de cette communauté furent saisis par la Couronne. Huit ans plus tard, en 1821, les catholiques de Trois-Rivières présentèrent une requête au gouverneur, le comte de Dalhousie, pour recouvrer les anciens édifices des pères. Le gouverneur refusa d'acquiescer à leur demande et, le 15 août 1823, les anglicans prirent définitivement possession du couvent et de la chapelle, grâce aux lettres patentes obtenues du roi George IV.

Rénovée à l'extérieur en 1822-1823, l'ancienne chapelle des Récollets fut réservée exclusivement au culte anglican à partir de 1830 alors qu'on lui donna le vocable de Saint-James.

D'autres améliorations furent apportées ultérieurement à l'édifice: rénovation intérieure (1863), installation de l'électricité (1892) et d'un système de chauffage à l'eau chaude (1901), acquisition d'un orgue Casavant (1910), nouvelle restauration de l'intérieur (1917), décorée de boiseries de chêne et de vitraux.

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Pendant la reconstruction de leur monastère incendié en 1752, les Ursulines de Trois-Rivières furent hébergées dans le couvent des Récollets où elles aménagèrent un petit oratoire, en plus d'utiliser la chapelle des Récollets.

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Depuis 1776, les Ursulines de Trois-Rivières conservent une croix de fer forgé retirée lors de travaux au clocher de l'église des Récollets en 1762. Déposée d'abord dans l'édifice de la buanderie (qui échappa aux incendies de 1752 et de 1806), elle fut ensuite hissée sur le toit du pensionnat en 1881.

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Dans une liste incomplète de 60 décès enregistrés à l'hôpital des Ursulines de 1705 à 1816, on compte une inhumation dans la chapelle des Récollets.

CollectionEncyclopédie Trifluviana
Source René BEAUDOIN et Daniel ROBERT, "Le patrimoine religieux de Trois-Rivières", dans: Patrimoine trifluvien (bulletin annuel d'histoire de la Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières), no 8, juin 1998, p. 15, 20-21 et 24. Daniel ROBERT, "Les petites écoles à Trois-Rivières, XVIIe-XXe siècles", dans: Patrimoine trifluvien (bulletin annuel d'histoire de la Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières), no 5, avril 1995, p. 18. Daniel ROBERT, "La vie culturelle trifluvienne, XVIIe-XXe siècles", dans: Patrimoine trifluvien (bulletin annuel d'histoire de la Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières), no 10, août 2000, p. 20.

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