Grand incendie de Trois-Rivières – 1908: la course du feu (I)

Voir aussi Grand incendie de Trois-Rivières - 1908: son origine / bilan / mesures d'urgence / la reconstruction

Il est près de midi.
La négligence d'un enfant est à l'origine du sinistre. Attisé par un fort vent du sud-ouest, l'élément destructeur se propage rapidement aux alentours, aux autres maisons de la rue Saint-Georges et de la rue Badeaux, vers le nord-est.

12 h 04
La brigade de pompiers de Trois-Rivières est appelée sur les lieux. Elle a pour chef de brigade Joseph Bellefeuille. Il n'a que sept pompiers réguliers sous sa direction. Le journaliste de La Presse donne la parole au chef Bellefeuille:
" Déjà à notre arrivée, l'incendie faisait rage. Sur mes ordres, tous nos pompiers se mirent
à l'œuvre sur divers points. Mais, moins d'un quart d'heure après, nous étions forcés de
reculer (…). À un certain moment, nous vîmes que deux jets de nos boyaux allaient brûler
aux bornes-fontaines. C'est alors que j'accourus et que je me rôtis les mains en cherchant à
intercepter le cours de l'aqueduc ".
Le maire de la ville, François-Siméon Tourigny, appelle des secours extérieurs par téléphone: Shawinigan, Grand-Mère, Québec et Montréal.

Les flammes continuent leur marche destructrice, se propageant de la rue Saint-Georges vers la rue Badeaux: une boutique de forge, l'hôtel Commercial de Louis-Napoléon Jourdain près de l'angle Saint-Antoine, et son voisin l'hôtel Richelieu, en face de la place du marché aux denrées, sont consumés. Le feu traverse ensuite du côté sud de la rue Badeaux et atteint les bâtiments de la rue des Forges: le magasin de fer de Beaudry et Blouin, l'établissement de la Singer Manufacturing Company. C'est ensuite au tour de l'hôtel Frontenac ouvert quatre ans auparavant et de l'édifice de la compagnie de téléphone Bell.

Deux constables de la compagnie Canadian Pacific Railway, employés à la gare ferroviaire, se joignent aux pompiers de la brigade, de même que des volontaires, des citoyens dont les propriétés ne sont pas en danger. Formant une chaîne, ils se passent de main en main les seaux d'eau.

14 h 00
Le centre du quartier des affaires ressemble à une mer de feu. Les pompiers ne peuvent circonscrire les flammes. Ils ne disposent que de six jets d'eau. Tous les boyaux sont reliés aux bornes fontaines, mais l'eau jaillit de tous côtés. Toutes les pompes fonctionnant en même temps, la pression d'eau est nettement insuffisante.

Le marché aux denrées est ensuite atteint. Du toit du marché, les étincelles virevoltent jusqu'au-dessus des bâtiments de la rue Notre-Dame. Les étables et les hangars bâtis derrière les édifices de la rue des Forges sont rapidement rasés, et le feu s'attaque bientôt aux résidences de la rue Alexandre (Radisson).

(suite sur la fiche suivante)

Date22 juin 1908
CollectionEncyclopédie Trifluviana
SourceDaniel Robert, Fichier d'accès rapide à l'histoire, Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières. Daniel ROBERT et Jean ROY, "22 juin 1908. Le grand incendie de Trois-Rivières", dans: Patrimoine trifluvien (bulletin annuel d'histoire de la Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières), no 15, juin 2005, p. 8-10.

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