Voir aussi Grand incendie de Trois-Rivières - 1908: son origine / bilan / mesures d'urgence / la reconstruction
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Constatant que l'élément destructeur progresse rapidement vers l'angle des rues Notre-Dame et Bonaventure, trois prêtres de l'évêché, les abbés Louis-Arthur Dusablon, Henri Vallée et Louis Denoncourt, se précipitent dans l'église paroissiale Immaculée-Conception pour sauver ce qui peut l'être, principalement des œuvres d'art, vases sacrés et objets servant au culte: le retable du maître-autel, une peinture représentant "L'Assomption de la Vierge" du frère Luc (c.1676), trois autres tableaux du copiste québécois Joseph Légaré réalisés en 1822: "Le ravissement de saint Paul", "La vision de saint Roch" et "Saint Pierre en prison", ainsi que plusieurs belles pièces d'orfèvrerie.
15 h 00
Les premiers secours extérieurs arrivent. Ils proviennent de Grand-Mère et ils sont sous la direction du maire de cette ville, P.-E. Grondin. Le contingent dirige alors ses efforts du côté de la terrasse Turcotte. Puis en arrive un autre, de Montréal cette fois, formé de douze pompiers, sous le commandement du chef-adjoint Tremblay. Il se poste sur la rue Laviolette afin de protéger le palais de justice et les résidences de cette rue. À ce moment, les flammes lèchent les bâtiments en face du bureau de poste, rue Notre-Dame, près de l'angle Alexandre (Radisson). C'est là qu'est bâtie la résidence du chef de la brigade Joseph Bellefeuille. Quelques minutes plus tard, à 15 heures et trente, sa maison prend feu et disparaît peu à peu dans le brasier. Puis c'est au tour de la manufacture d'articles de cuir et de gants Balcer, un magnifique édifice de pierre occupé auparavant par le Journal des Trois-Rivières, situé à l'angle des rues Notre-Dame et Bonaventure, derrière l'église paroissiale. Le bureau de poste n'échappe pas aux flammes qui bientôt dévastent la maison des Gouverneurs qui sert de bureau des Douanes sur le Platon, ainsi que la vieille église paroissiale Immaculée-Conception et les résidences de la rue des Casernes, puis celles de la terrasse Turcotte. De là, le feu se dirige ensuite vers les quais pour brûler les propriétés de la Compagnie de navigation du Richelieu. Le brasier de la rue Notre-Dame s'étend ensuite vers le fleuve, au reste des rues Saint-Georges (jusqu'à Champlain) et Saint-Antoine, puis aux rues Champlain, René (Raymond-Lasnier), du Fleuve, Craig et du Platon.
D'autres secours arrivent encore, dirigés par le maire Burrill de Shawinigan; puis, voilà ceux du poste numéro 1 de Québec, sous la direction du capitaine Louis Talbot. La présence de quelques soldats du 85e Régiment et du 11e Régiment d'Argenteuil contribue aussi à faire obstacle à l'élément destructeur. Les soldats combattent les flammes comme de véritables pompiers.
17 h 10
Le feu s'en prend aux maisons du côté nord-est de la rue Bonaventure, près du manoir Boucher de Niverville. Les flammes chauffent même la façade de l'église méthodiste wesleyenne. Les pompiers décident d'abattre quelques maisons situées à l'arrière afin de créer un écran protecteur pour les bâtiments de la rue Laviolette.
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