Au moins deux hôtels de Trois-Rivières ont porté le nom d'hôtel Dufresne:
a) le premier hôtel Dufresne, ouvert en 1873 sous le nom d'hôtel Saint-Maurice, sur la rue du Fleuve;
b) le second hôtel Dufresne, ouvert sur la rue des Forges après le grand incendie de 1908.
L'hôtel Dufresne, rue des Forges
Un nouvel hôtel Dufresne fut ouvert à Trois-Rivières après le grand incendie du 22 juin 1908. Propriété de J.-Arthur Dufresne, il était situé sur la rue des Forges, entre les rues Champlain et Royale, tout près de l'hôtel Frontenac. Il fut complètement détruit par un incendie le 3 janvier 1932.
Au moins deux hôtels de Trois-Rivières ont porté le nom d'hôtel Dufresne:
a) le premier hôtel Dufresne, ouvert en 1873 sous le nom d'hôtel Saint-Maurice, sur la rue du Fleuve;
b) le second hôtel Dufresne, ouvert sur la rue des Forges après le grand incendie de 1908.
L'hôtel Dufresne, rue du Fleuve
L'hôtel Dufresne - officiellement hôtel Saint-Maurice - fut un des grands hôtels de Trois-Rivières, sinon le meilleur hôtel de la ville, avant le grand incendie du 22 juin 1908. Propriété de la famille Dufresne, il était situé sur la rue du Fleuve.Au début des années 1870, à la suite du grave incendie du 15 août 1863, de nouveaux édifices furent construits sur la rue du Fleuve, entre les rues du Platon et Saint-Antoine. En 1873, Joseph Dufresne, alors âgé de 51 ans, s'établit avec sa famille: Henriette, son épouse, et ses huit enfants dont Napoléon, Isaïe et Louis-Edmond, agés respectivement de 18, 17 et 15 ans, qui firent alors l'apprentissage de leur métier d'hôtelier.Dufresne ouvrit l'hôtel Saint-Maurice et ne ménagea rien pour donner à l'établissement la meilleure réputation. De plus, étant situé devant le fleuve, il eut l'idée d'en faire profiter ses clients. Aussi, annonça-t-il qu'
"il tiendra en face de l'hôtel Saint-Maurice un nombre suffisant de
chaloupes et d'esquifs élégants pour les amateurs de courses à la rame
et d'excursions d'agrément sur le fleuve".
Si bien que l'hôtel Dufresne se tailla une place de choix dans l'industrie hôtelière. Grâce à un personnel nombreux comptant pas moins de sept femmes pour le service des chambres et des tables, Dufresne était en mesure de recevoir une clientèle exigeante comme, par exemple, les deux députés du comté de Saint-Maurice et le ministre conservateur Hector Langevin, en 1882. L'hôtelier mit également à la disposition de sa clientèle de vastes salles qui permettaient aux commis-voyageurs d'exposer leur marchandise, aux artisans ainsi qu'aux professionnels de faire la démonstration de leur art. Au mois de mai 1881, les "célèbres chapeliers de New York" Besserer et frères annoncèrent dans le journal La Concorde qu'ils étaient à l'hôtel Dufresne et qu'"ils prennent des ordres pour la réparation immédiate des chapeaux en soie et en feutre de toute sorte...". En août 1883, des chirurgiens de l'Institut international de Montréal occupèrent pendant quelques jours les salons de l'hôtel et montrèrent le fonctionnement du spiromètre. Les personnes atteintes de maladies respiratoires et les médecins de la ville furent invités à les visiter.
Au début de l'été 1883, Joseph Dufresne, déjà propriétaire de l'hôtel Dufresne, fit l'acquisition de l'hôtel Saint James, son voisin et concurrent, établi dans l'édifice Shortis, à l'angle des rues du Fleuve et du Platon (des Forges). En juillet, Dufresne fit prolonger le balcon du Saint James jusqu'à son ancien hôtel et opéra les deux établissements pendant trois ans. Mais en 1886, il décida de fermer le Saint James. Le 15 avril de cette année-là, l'ameublement du Saint James, d'une valeur de 5 000 dollars, fut vendu à l'encan.
Joseph Dufresne décéda en novembre 1890. Son fils Louis-Edmond prit la relève et cette année-là, il employait, d'après le Recensement du Canada, 25 personnes dont deux commis: Marc-Ulric Dufresne, son propre frère, et Pierre Saint-Pierre. L'hôtel était en mesure de louer 40 chambres. Il possédait également pour le service des visiteurs 33 places d'écurie.
L'hôtel Dufresne était alors au faîte de sa renommée. Quelques jours avant le décès de Joseph, il avait eu l'honneur de loger le prince Louis-Philippe-Albert de Bourbon-Orléans, de passage à Trois-Rivières pour une visite à l'hôpital Saint-Joseph. Des pièces "élégantes et richement meublées" lui servirent de suite princière afin "d'assurer le succès de la réception" écrivait le Journal des Trois-Rivières du 3 novembre 1890. Au cours de cette décennie, les journaux publiaient périodiquement les noms des voyageurs qui descendaient à l'hôtel Dufresne, considéré comme le meilleur de la ville. Pour la seule journée du 9 janvier 1895, la réception enregistra 26 clients: de Manchester (N. H.), Montréal, Québec, Saint-Pierre-les-Becquets, Batiscan, Shawinigan et autres paroisses environnantes. Au cours du même mois, on nota le passage de visiteurs de Lowell, de Paris, d'Halifax, de Toronto et de London.
En février 1898, une ligne téléphonique fut installée sur le pont de glace afin de relier Trois-Rivières au réseau de la rive sud. Le standard était opéré dans les bureaux de l'hôtel Dufresne qui trouvait là un moyen de promotion intéressant.
L'hôtel Dufresne (ou hôtel Saint-Maurice) fut complètement détruit par le grand incendie du 22 juin 1908; Louis-Edmond Dufresne subit des pertes évaluées à 60 000 $ (montant considérable à cette époque).

