L'hôtel Saint-Louis de Trois-Rivières était situé au 125 rue des Forges, sur un emplacement jouxtant le marché aux denrées. Il fut complètement démoli en 2004.
En 1879, l'hôtel Stadacona était établi à l'angle des rues du Fleuve et Saint-Antoine. Quelques années plus tard, en 1884, l'établissement portait le nom d'hôtel Saint-Louis. Puis, en 1893, il avait pignon sur la rue des Forges. Tenu par Napoléon Guillemette, il comptait 8 chambres.
L'hôtel Saint-Louis fut complètement détruit dans le grand incendie de Trois-Rivières, le 22 juin 1908. Son propriétaire d'alors, Charles-Edouard Pagé subit des pertes de 22 000 $. Après l'incendie de 1908, Pagé reconstruisit l'hôtel Saint-Louis sur le même emplacement. L'édifice en brique de quatre étages mettait une trentaine de chambres à la disposition des voyageurs. La façade et le hall donnaient sur la rue des Forges. Au fil des ans, l'hôtel fut considérablement agrandi par l'ajout de chambres situées dans un édifice voisin dont la façade donnait, cette fois, sur la rue Notre-Dame Centre.
Moderne et spacieux, le Saint-Louis semblait vouloir profiter de sa localisation avantageuse et de l'absence de grands hôtels réputés sur les rues du Fleuve et du Platon pour attirer la clientèle qui, jadis, descendait aux hôtels Farmer, Saint James et Dufresne. Au début, il réussit somme toute assez bien. L'édifice possédait un ascenseur électrique et plusieurs chambres étaient équipées d'une baignoire. De plus, des services divers comme une taverne, un salon de barbier et un salon de coiffure pour dames étaient offerts. Dans les années 1920, l'hôtel Saint-Louis se présentait comme le lieu de "rendez-vous des voyageurs de commerce" et un hôtel de première classe avec téléphone dans toutes les chambres. Il devint également le lieu de réunion de quelques associations locales comme le Jeune commerce et le Cercle d'études économiques.
Au cours des années 1930, Charles-Edouard Pagé sembla éprouver des difficultés à conserver une bonne clientèle de voyageurs. Il commença à louer des chambres avec pension hebdomadaire ou mensuelle "à des taux très raisonnables" écrit Le Nouvelliste du 20 janvier 1936. Pour maintenir son établissement à flot, il misa de plus en plus sur la salle à manger et, surtout, la taverne de l'hôtel dont il vantait les mérites comme « lieu de rencontre et de discussion ». Depuis deux ans, il tenait un cabaret - le "Café Le Mauricien" - afin de mieux concurrencer « Le Roxy » de l'hôtel Victoria et le Régal. Des "artistes locaux distingués" eurent alors l'occasion de donner "sans cérémonie" leurs spectacles. L'hôtel Saint-Louis effectua alors un virage qui allait le sortir de la classe des hôtels de premier choix.
Acquis en 1977 par Clément et Daniel Héroux, le Saint-Louis prit alors le nom d'hôtel Cléradan (nom formé des premières syllabes des prénoms Clément et Daniel). Il comptait 30 chambres. À nouveau incendié, l'édifice perdit son étage supérieur et sa vocation d'hôtel. Le rez-de-chaussée de l'édifice abrita ensuite divers commerces, dont un comptoir de produits laitiers ("La Clémenglace"), un restaurant ("La Petite Bouffe"), puis un bar ("Liverpool"). Devenu propriété de la firme immobilière Olymbec, il fut complètement démoli le vendredi 30 avril 2004.