Au moins trois hôtels de Trois-Rivières ont porté le nom d'hôtel Saint-Maurice: a) le premier hôtel Saint-Maurice, sur la rue du Fleuve, fut la propriété de P.-B. Vanasse; b) le second hôtel Saint-Maurice, aussi sur la rue du Fleuve, fut plus connu sous le nom d'hôtel Dufresne (voir ce nom); c) le troisième hôtel Saint-Maurice - nom adopté en 1934 - était situé sur la rue Badeaux. Il s'agissait de l'ancien hôtel Commercial ou New Commercial Hotel. Durant les années 1950 et 1960, avec son réputé cabaret Fleurdelysé, l'hôtel Saint-Maurice fut un des grands hôtels de Trois-Rivières où l'on présentait des spectacles publics. Il fut incendié le 21 septembre 1966. * * * L'hôtel Saint-Maurice, rue Badeaux En 1900, Louis-Napoléon Jourdain transforma sa maison de la rue Badeaux et y ouvrit l'hôtel Commercial, voisin de l'hôtel Richelieu. Tôt à l'automne 1908, après le grand incendie du 22 juin, Jourdain éleva une maison en brique de quatre étages pour reloger l'hôtel Commercial. Comme la ville avait acquis le site de cet ancien hôtel afin de prolonger la rue Saint-Antoine à partir de la rue Badeaux jusqu'à la rue Champlain, la nouvelle construction prit place plus à l'est, sur une partie du terrain occupé auparavant par l'hôtel Richelieu. En 1909, Jourdain loua son hôtel à Philippe Nobert et Johnny Ryan. Ce dernier, frappé par la grippe espagnole, décéda en 1918. Nobert exploita seul l'établissement jusqu'en 1926. Cette année-là, Jourdain vendit son hôtel à Michel Bernier qui acquit aussi la propriété voisine. Bernier prolongea l'édifice vers l'est, ajouta deux étages et apporta des modifications considérables. Le nouvel hôtel Commercial, qui comptait 100 chambres, fut précisément rebaptisé New Commercial Hotel. Mais cette adaptation anglaise semble avoir attiré rapidement les foudres des nationalistes et des Trifluviens francophones. En juin 1934, à la veille des fêtes du tricentenaire de Trois-Rivières, le gérant de l'hôtel, J.-P. Beaudoin, organisa un concours public pour donner "un nouveau nom significatif canadien-français" à l'établissement. Mais Beaudoin n'eut pas le temps nécessaire pour organiser un nouveau baptême. Les rénovations avaient coûté excessivement cher à Michel Bernier et la crise économique frappa durement. Avant même la fin de l'année 1934, le New Commercial Hotel était en faillite. La Banque provinciale du Canada prit alors possession de l'hôtel et se chargea elle-même de donner un nouveau nom à l'établissement: l'hôtel Saint-Maurice. La même année, W. H. Finlay fut nommé gérant; il le demeura pendant plus d'une quinzaine d'années. Finlay parvint peu à peu à attirer une bonne clientèle de voyageurs, composée surtout d'hommes d'affaires. Remis sur pied, l'hôtel Saint-Maurice se mérita le surnom d'"hôtel des voyageurs". (
L'hôtel Saint-Maurice, rue du Fleuve En 1859 (peut-être depuis 1856), P.-B. Vanasse était propriétaire de l'hôtel Saint-Maurice de Trois-Rivières qui se trouvait dans la maison E.-L. Pacaud sur la rue du Fleuve, voisin de l'hôtel Bernard et en face du quai Molson et de la maison Keirnan dans laquelle logeait le British American Hotel ou hôtel Farmer.En décembre 1945, des hommes d'affaires montréalais, les frères Claude et Paul-Victor Bélisle et leur oncle O'Leary Mercure, achetèrent l'établissement. Les nouveaux propriétaires firent aussitôt rénover l'édifice. Puis, en 1949, ils firent construire une aile sur la rue Saint-Antoine afin d'agrandir l'hôtel vers l'arrière. Le 17 mars 1951, les travaux n'étant pas tout à fait terminés, l'hôtel de 150 chambres fut vendu à Edmour Hudon, de Trois-Rivières et Armand Plouffe, de Montréal. Les nouveaux propriétaires entendaient bien faire du Saint-Maurice l'un des plus importants hôtels de la ville. Hudon et Plouffe, comme leurs prédécesseurs, firent exécuter de gros travaux de rénovation: peinture fraîche, tapis neufs, tuile acoustique, planchers en "terrazzo", portes en chêne. Un salon de barbier et un comptoir à tabac, tenu par Évariste Gaudet, furent ouverts près du hall et de la salle à manger. Tout près encore, une salle, "Le Flambeau", fut aménagée pour recevoir des petits groupes. Une nouvelle annexe fut aussi construite à l'arrière de l'hôtel; elle contenait 40 chambres et une salle de réception et de spectacles pouvant accueillir environ 125 convives: le club Fleurdelysé ou cabaret Fleur de Lys, où se produisaient des artistes venant notamment du café Saint-Jacques à Montréal. Quand Louis Foteas acquit l'hôtel Saint-Maurice en 1963, l'établissement employait 80 personnes. Le Saint-Maurice connut ses heures de gloire trois ans plus tard: l'hôtel Château de Blois incendié, celui de la rue Badeaux devint le lieu d'assemblée des principaux clubs sociaux de Trois-Rivières: Kiwanis, Rotary, Optimiste, Richelieu. Mais le 21 septembre 1966, l'hôtel Saint-Maurice fut, lui aussi, incendié; seule la partie arrière fut épargnée. François Boisvert devint ensuite propriétaire de ce qui restait de l'ancien hôtel. Bientôt, on envisagea de donner une autre vocation à l'emplacement qui n'était plus vraiment un bon site pour un établissement hôtelier.