Voir aussi Troc, Marchandises de traite
(les terres arrosées par les fleuves et rivières se déversant dans la baie), c'est-à-dire un territoire tout à fait inconnu à l'époque mais représentant le tiers du territoire canadien actuel, soit: le nord du Québec, le nord de l'Ontario, les plaines de l'Ouest jusqu'aux Rocheuses (tout le Manitoba, presque toute la Saskatchewan, la moitié de l'Alberta) et une grande partie des Territoires du Nord-Ouest. Cet immense territoire d'environ deux millions et demi de milles carrés reçut plus tard le nom de Terre de Rupert.
Dès le 10 novembre 1670, l'intendant Jean Talon s'inquiétait de la présence de "deux vaisseaux européens qui cabannent /.../ assez pres de la baye d'Hudson" et du rôle qu'a pu jouer "un nommé Desgrozeliers autrefois habitant de Canada" dans leur présence à cet endroit. Les Français souhaitaient, bien sûr, expulser les Anglais de la baie d'Hudson ou baie du Nord, comme ils l'appelaient. En 1682, la Compagnie du Nord (ou Compagnie française de la baie d'Hudson), fondée par Charles Aubert de La Chesnaye, y organisa une expédition de deux navires commandés par deux Trifluviens, les deux mêmes qui avaient aidé les Anglais à inaugurer un commerce dans cette baie du Nord. Pierre-Esprit Radisson et Médard Chouart Des Groseilliers s'emparèrent de port Nelson, d'un navire et d'une importante cargaison de fourrures, et construisirent le fort Bourbon. Quatre ans plus tard, à l'été 1686, la Compagnie du Nord organisa une autre expédition militaire contre trois forts anglais à la baie de James: les forts Monsoni (Moose Factory), Rupert (Charles) et Albany (Quichichouane ou Sainte-Anne); cette expédition de 30 soldats français et 70 Canadiens était sous le commandement du chevalier Pierre de Troyes, capitaine d'une Compagnie franche de la Marine. Le succès de cette expédition marqua le début d'une série de campagnes militaires dont le but était le contrôle de la traite des fourrures dans le Nord.
Nommé commandant des trois forts par le gouverneur Jacques-René de Brisay, marquis de Denonville (1685-1687), Pierre Le Moyne d'Iberville s'empara également du fort Nelson (ancien fort français Bourbon), principal établissement de la baie d'Hudson en 1694. Le fort fut repris par les Anglais deux ans plus tard. Peu après Iberville, avec l'aide de son frère Sérigny et une escadre de cinq navires, dont le Pélican, organisa une nouvelle expédition contre le fort Nelson. En septembre 1696, la baie d'Hudson redevint possession française, confirmée par le traité de Ryswick le 20 septembre 1697. Mais, par un autre traité - celui d'Utrecht, signé le 11 avril 1713 et qui mettait fin à la guerre de Succession d'Espagne - le détroit et la baie d'Hudson redevinrent à nouveau possession anglaise, en même temps que l'Acadie et Terre-Neuve.
En 1749, la Hudson's Bay Company possédait quatre ou cinq forts sur les côtes et employait plus de 120 personnes.