Un grave incendie eut lieu dans le quartier commerçant de Trois-Rivières le 15 novembre 1856. À cette époque, beaucoup de bâtiments étaient en bois, on chauffait au bois, on s'éclairait avec des chandelles ou des lampes à l'huile et on conservait d'importantes quantités de foin pour nourrir les chevaux, derrière les maisons. Il n'était pas rare de voir des flammes s'élever soudainement de quelque maison, hangar ou écurie. L'incendie du 15 novembre 1856, dans le quartier commerçant de Trois-Rivières, fut particulièrement dévastateur. Il débuta vers 4 heures du matin sur la rue Notre-Dame, du côté nord, dans la maison de dame Pierre Desfossés, occupée par le marchand-tailleur Louis Robitaille. Les pompiers arrivèrent rapidement sur les lieux du sinistre avec les pompes, mais ils manquèrent d'eau durant une demi-heure. Poussées par un vent du nord-ouest, les flammes firent donc de rapides progrès vers les maisons voisines, puis se communiquèrent aux bâtiments de l'autre côté de la rue Notre-Dame, puis aux édifices de la rue Craig et à ceux de la rue du Fleuve, tout en s'étendant aux rues transversales du Platon (côté sud-ouest), Saint-Antoine et René (côté nord-est). L'élément destructeur fut contenu vers 10 heures, après six heures de dévastation. Juste avant l'incendie, les magasins et boutiques étaient remplis à craquer car " les marchands et les ouvriers avaient alors fait leurs approvisionnements pour exercer leurs négoces jusqu'au printemps prochain " (Rapport des enquêteurs sur l'incendie de 1856, cité par La Chronique de la Vallée du Saint-Maurice, 31 janvier 1951). Parmi les 44 bâtiments réduits en cendre se trouvaient la bâtisse du journal Le Bas-Canada sur la rue Notre-Dame et cinq hôtels sur la rue du Fleuve: 1- la maison Keirnan, sur le quai Molson et dans laquelle le capitaine Thomas G. Farmer et H. Fogg avaient ouvert le British American Hotel au début de 1854, de même que les deux hôtels situés en face: 2- l'hôtel du Canada (maison Pacaud) et 3- l'hôtel Bernard, ainsi que les deux hôtels situés entre les rues Saint-Antoine et René (actuelle rue Raymond-Lasnier): 4- l'hôtel Poliquin, et 5- l'hôtel Vidal. Se trouvaient aussi les boutiques de trois tailleurs: celle de Louis Robitaille (rue Notre-Dame, où débuta l'incendie), celle de Dupont (rue du Fleuve) et celle de Thompson (angle du Fleuve et du Platon); celles du libraire T. Larue (rue Notre-Dame), du forgeron Louis Clair (rue Saint-Antoine), de l'horloger John Johnston (rue du Platon) et des ferblantiers J.-M. Harrison (rue du Platon) et J.-G. Luckerhoff (rue Saint-Antoine), l'étude du notaire L.D. Craig (rue Craig), le salon de barbier A. Cadorette (rue du Fleuve), la boulangerie F.-X. Guy (rue du Fleuve), l'épicerie Thomas Fortin (rue du Platon), les magasins de fruits Grégoire Verrette (rue du Platon) et dame Martel (rue Saint-Antoine), ainsi que les commerces de J.-A.Olivier, dame Joseph Giroux et Turgeon (rue Notre-Dame), J.-B. Pothier (rue du Platon), R. Louthood (rue du Platon), S.B. Hart, Joseph Morel (rue Saint-Antoine), G. Descoteaux (angle Saint-Antoine et du Fleuve) et G.-F. Loranger (rue du Fleuve). Lors d'une assemblée publique, tenue le 30 décembre suivant, les citoyens de Trois-Rivières préparèrent une requête au gouverneur général du Canada, Edmund Walker Head (1854-1861) dans laquelle ils demandaient un emprunt du gouvernement pour leur venir en aide. L'ancien maire de Trois-Rivières (1846-1853) et député depuis 1848, Antoine Polette, fut député à Toronto, siège du gouvernement, pour présenter cette requête. Peu après cet incendie de 1856, on remarqua une rareté du logement, ainsi qu'une forte hausse des loyers, des prix des matériaux de construction et des coûts de la main-d'œuvre.
La firme Verrières du Québec réalisa un vitrail dessiné par soeur Jeanne Vanasse, des Sœurs …
