Voir aussi Rue Saint-Vallier
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En octobre 1699, le gouverneur de Trois-Rivières, Claude de Ramezay, vendit sa maison en construction à l'est de la rue Saint-François- Xavier, hors de l'enceinte du bourg de Trois-Rivières, sur la rue Notre-Dame (des Ursulines), et une partie du fief Hertel à l'évêque de Québec, Mgr de Saint-Vallier, qui en fit cession aux Ursulines pour l'établissement de leur hôpital et de leur couvent. À la fin de 1700 ou au début de 1701, les religieuses emménagèrent dans leur nouvelle maison sur la rue Notre-Dame.
La fondation d'un couvent par les Ursulines constituait une excellente solution à une partie du problème scolaire trifluvien: l'éducation des jeunes filles. Restait à résoudre la question d'une école pour les garçons. Une génération entière passa encore avant que celle-ci ne devienne réalité... pour un temps.
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L'éloignement de Trois-Rivières, l'absence d'un hôpital pour les habitants et les soldats alors que les besoins étaient nombreux, créés par les guerres, la maladie et les épidémies, et le désir d'une école allaient favoriser la venue des Ursulines. De retour d'Europe, le 9 septembre 1697, l'évêque de Québec, Mgr Jean-Baptiste de la Croix Chevrières de Saint-Vallier, chercha à les convaincre de fonder deux institutions séparées: un établissement pour l'éducation de la jeunesse et un hôpital. Les religieuses finirent par accepter. Le 8 octobre 1697, l'évêque et les Ursulines signèrent deux contrats notariés: le premier, appelé "Concordat" était l'acte de fondation d'un hôpital et d'une école pour les jeunes filles, à Trois-Rivières; le second était un acte de vente d'un terrain et de bâtiments, sur le Platon, par Claude de Ramesay à l'évêque et aux Ursulines. La transaction était de 11 000 livres payables en trois ans, 5 500 par chacune des parties. Un acte capitulaire du 29 décembre 1697 confirma le Concordat. Les religieuses consentaient à établir un hôpital de six lits et à pourvoir au soin des malades "les plus nécessiteux". De son côté, l'évêque s'engageait à verser une rente annuelle et perpétuelle de 600 livres (100 livres par lit) pour le soutien de l'hôpital, des malades et des religieuses hospitalières.
Au printemps 1698, les Ursulines étaient à Trois-Rivières, installées dans leur maison du Platon. L'hôpital fut sitôt mis sur pied.
Les Ursulines éprouvèrent leurs premières difficultés financières au début du mois d'octobre 1699, ne pouvant effectuer le second paiement sur leur part de 5 500 livres due à de Ramesay. L'acte de vente de 1697 fut alors résilié. L'évêque fut forcé d'intervenir et, le 10 octobre, racheta à ses frais et aux mêmes conditions les propriétés du Platon. De plus, il acquit de nouveaux terrains et une maison en construction appartenant à de Ramesay, sur la rue Notre-Dame (des Ursulines) dans le fief Hertel, hors de l'enceinte. Quittant le Platon, à la fin de 1700 ou au début de 1701, les Ursulines s'établirent dans cette maison de 50 pieds sur 30, éclairée en façade par quatre fenêtres au rez-de-chaussée.
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