Jean NICOLLET (I)

Tour à tour interprète, explorateur, fonctionnaire et colon, Jean Nicollet (1598-1642) naquit dans la région de Cherbourg (Normandie) vers 1598, du mariage de Thomas Nicollet, messager du roi, et de Marguerite Delamer. Le 15 mars 1617, il s'engagea auprès de la Compagnie de Canada (ou Compagnie des Marchands) pour passer en Nouvelle-France et servir en qualité d'interprète. Arrivé à Québec en 1618, il était à nouveau en France le 10 mai 1619 pour la vente d'une terre qu'il possédait à Hainneville, près de Cherbourg.

Dès son retour au Canada, en 1619 ou 1620, on l'envoya hiverner chez les Algonquins de l'île aux Allumettes, puis chez les Nipissings du lac Huron (1622) et chez les Hurons de la baie Georgienne (1629). Il devint bientôt un interprète remarquable. D'une liaison avec une Nipissing en 1628 naquit une fille, Euphrasine-Madeleine, qu'il ramena plus tard dans la colonie. Vers 1629, Champlain envoya Nicollet à la recherche des Ouinipigous ou Winnebago ("Gens de Mer" ou "Nation de la Mer", appelés faussement "Nation des Puants" à cause du mot algonquin Ouinipeg qui signifie "eau puante").

Nicollet se rendit à la baie Verte (Green Bay, Grande-Baie ou baie des Puants, que le père Allouez nomma baie Saint-François-Xavier en 1670), au nord du lac des Illinois (Michigan). Il avait pour mission d'établir des amitiés entre les Ouinipigous, les Algonquins et les Hurons et de trouver une route vers la Chine. À l'occasion de leur rencontre, il avait revêtu sa robe de damas de Chine, croyant avoir affaire à des mandarins chinois. Au cours de cette expédition dans la région du lac Michigan, Nicollet s'éloigna de la Huronie et explora des pays encore jamais visités par des Européens, dont le grand lac des Illinois et l'actuel État du Wisconsin. On croit qu'il aurait même découvert le lac Supérieur. Enfin, il recueillit des renseignements précieux sur un grand cours d'eau, le Metchisippi (Mississippi ou "Père des eaux"). De retour dans la colonie, tous persistaient à croire que si leur ambassadeur avait poursuivi ses explorations durant quelques jours, il aurait trouvé la mer et serait entré vers la Chine et le Japon. En juillet 1634, Nicollet quitta le poste Trois-Rivières nouvellement établi, à la tête d'une expédition de 150 canots qui se rendaient en Huronie; il y laissa trois missionnaires, dont le père Jean de Brébeuf, et il était de retour le 3 août. Trois ans plus tard, il obtint une concession de terre à Trois-Rivières, où il s'établit, ainsi qu'un fief en copropriété avec Olivier Le Tardif. En octobre 1642, l'explorateur se rendit à Québec pour remplacer Le Tardif au poste de commis général de la Compagnie des Cent-Associés. Puis, le gouverneur de Trois-Rivières lui demanda d'aller rétablir la paix entre les Algonquins et les Iroquois. Par une âpre journée d'automne, Nicollet entreprit le voyage sur le fleuve dans la barge de M. de Chavigny, en compagnie de Noël Girardeau et de Jean Ferré. Vis-à-vis de Sillery, un fort coup de vent fit renverser la barque. Le découvreur du lac Supérieur, du lac Michigan et de la baie Verte ne savait pas nager! Seul, M. de Chavigny s'en réchappa. Les corps ne furent pas retrouvés. Leurs funérailles eurent lieu le 29 octobre 1642.

Surnommé Manitouirinio ("homme merveilleux") par les Ouinipigous, Achirra ("homme deux fois" ou "surhomme") par les Algonquins, Nicollet avait épousé Marguerite Couillard qui, en 1640, lui donna un fils baptisé Ignace et qui mourut peu de temps après sa naissance. Une fille, Marguerite, vit aussi le jour le 1er avril 1642.

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DateInconnue
CollectionEncyclopédie Trifluviana
SourceDaniel Robert, Fichier d'accès rapide à l'histoire, Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières. Pierre CÉCIL, "Trois-Rivières et sa région. Pépinière d'explorateurs, d'aventuriers et de héros", dans Le Nouveau Mauricien, 1ère partie, vol. 6, no 1 (juin 2000), p. 18-19 et 2e partie, vol 6, no 2 (décembre 2000), p. 14-17. Fastes trifluviens: tableaux d'histoire trifluvienne sous le Régime français, Société Saint-Jean-Baptiste de Trois-Rivières, 1931, p. 21. (TRI 971.445 F251). Patrimoine trifluvien (bulletin annuel d'histoire de la Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières), no 11, juin 2001, p. 18 et 19. Daniel ROBERT, "Les parcs et lieux publics de Trois-Rivières, XVIIe-XXe siècles", dans: Patrimoine trifluvien (bulletin annuel d'histoire de la Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières), no 6, mai 1996, p. 6.

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