Jean TALON

Jean Talon (1625-1694) fut le premier intendant de la Nouvelle-France, de 1665 à 1668 et de 1670 à 1672. Il fut le premier promoteur d'une industrie du fer aux Forges du Saint-Maurice.

Jean Talon arriva au Canada avec le nouveau gouverneur général de la Nouvelle-France, Daniel Rémy de Courcelle, et avec le marquis Alexandre de Prouville de Tracy et le Régiment de Carignan-Salières.

En 1665, profitant de la réorganisation de la colonie, le roi décida d'envoyer des forces militaires afin de mater et pacifier les Iroquois: le marquis Alexandre de Prouville de Tracy et le Régiment de Carignan-Salières. Cette année-là, environ 1300 hommes répartis en 24 compagnies débarquèrent à Québec. Ces soldats construisirent aussitôt trois forts sur la rivière des Iroquois: le fort Richelieu (Sorel), le fort Saint-Louis (Chambly) et le fort Sainte-Thérèse. L'année suivante, accompagnés de miliciens, de Hurons et d'Algonquins, ils multiplièrent les raids sur les bourgades dans les Adirondack et la région d'Albany. La paix fut conclue en 1667.

Vers 1668, après le départ du Régiment de Carignan-Salières, la course des bois se généralisa. En janvier 1672, le secrétaire de l'intendant Talon, Jean-Baptiste Patoulet, signala au ministre Colbert que la colonie comptait de 300 à 400 coureurs de bois, des individus qui ne souhaitaient pas se marier, qui ne travaillaient pas au défrichement des terres et qui commettaient "une infinité de désordres par leur vie libertine", nuisant ainsi à la conversion des Amérindiens. En juin de la même année, l'intendant Talon émit une nouvelle ordonnance interdisant "de courir les bois" sans un permis de lui-même ou du gouverneur. Sans beaucoup de succès.

En 1669, Talon obtint du ministre Colbert le rétablissement de la liberté de commerce et la suppression des monopoles.

Dès le 10 novembre 1670, l'intendant Jean Talon s'inquiétait de la présence de "deux vaisseaux européens qui cabannent /.../ assez pres de la baye d'Hudson" et du rôle qu'a pu jouer "un nommé Desgrozeliers autrefois habitant de Canada" dans leur présence à cet endroit. Les Français souhaitaient, bien sûr, expulser les Anglais de la baie d'Hudson ou baie du Nord, comme ils l'appelaient. En 1682, la Compagnie du Nord (ou Compagnie française de la baie d'Hudson), fondée par Charles Aubert de La Chesnaye, y organisa une expédition de deux navires commandés par deux Trifluviens, les deux mêmes qui avaient aidé les Anglais à inaugurer un commerce dans cette baie du Nord. Pierre-Esprit Radisson et Médard Chouart Des Groseilliers s'emparèrent de port Nelson, d'un navire et d'une importante cargaison de fourrures, et construisirent le fort Bourbon. Quatre ans plus tard, à l'été 1686, la Compagnie du Nord organisa une autre expédition militaire contre trois forts anglais à la baie de James: les forts Monsoni (Moose Factory), Rupert (Charles) et Albany (Quichichouane ou Sainte-Anne); cette expédition de 30 soldats français et 70 Canadiens était sous le commandement du chevalier Pierre de Troyes, capitaine d'une Compagnie franche de la Marine. Le succès de cette expédition marqua le début d'une série de campagnes militaires dont le but était le contrôle de la traite des fourrures dans le Nord.

DateInconnue
CollectionEncyclopédie Trifluviana
SourceDaniel Robert, Fichier d'accès rapide à l'histoire, Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières. Patrimoine trifluvien (bulletin annuel d'histoire de la Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières), no 11, juin 2001, p. 5, 9 et 10.

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