La légende du mur du pendu rappelle l'exécution de Noël Plaçoa (ou Placa), un Amérindien qui aurait été pendu injustement vers 1790 (1) sur le mur nord-est de l'ancien couvent des Récollets, rue des Ursulines, qui servait alors de palais de justice et de prison commune, en attendant la construction d'une vraie prison, dans le fief Haut-Boc, en 1816.
La légende du mur du pendu
À l'époque où l'ancien couvent des Récollets de Trois-Rivières servait de prison, un Abénaquis nommé Noël Plaçoa (ou Placoa ou Placa), du clan de l'Ours, fut condamné à mort pour meurtre (2). Plaçoa protesta vainement de son innocence et fut pendu publiquement au mur latéral nord-est. Mais, juste avant d'être exécuté, il clama: "Grand Esprit! Tu sais que je ne suis pas coupable. Et pour le prouver, le mur de pierre de cet édifice ne tiendra jamais".
On dit qu'une partie du mur où était appuyé l'échafaud s'effondra durant la nuit suivante. L'ouverture, comblée de mortier, n'aurait pas résisté non plus et on dut couvrir le mur de lambris de bois de pin. Une vingtaine d'années plus tard, un autre Amérindien nommé Sougraine, aurait avoué le meurtre sur son lit de mort. Et Plaçoa fut innocenté.
Depuis cette époque - dit-on - on entendrait plusieurs fois par année, très tôt le matin, l'esprit de Noël Plaçoa crier à tue-tête ses complaintes, avec assez de frayeur pour faire hurler les chiens du quartier!...
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(1) L'Hebdo-Journal du 11 novembre 2001 p. 12 donne la date du 24 septembre 1825 (date qui lui a probablement été
fournie par le docteur Conrad godin), mais à cette époque l'ancien couvent des Récollets ne servait plus de prison.
(2) La victime serait un chasseur-trappeur nommé Antoine (ou Jean-Baptiste) Dubuc (ou Dubé), de Saint-Pierre-
les-Becquets.