« Le 22 juin, le centre-ville est dévoré par le feu: 800 bâtiments, soit 215 immeubles commerciaux et résidences, ainsi que leurs dépendances (hangars, granges, écuries, entrepôts, remises) sont réduits en cendre, dont au moins cinq banques, dix hôtels, le marché aux denrées, le bureau de poste, la maison des Gouverneurs, l’église paroissiale et le siège des journaux, dont Le Trifluvien, rue Notre-Dame, et l’édifice de pierre du Journal des Trois-Rivières, angle des rues Notre-Dame et Bonaventure. Ce désastre, qui anéantit la plus grande partie des constructions de pierres apparues depuis le milieu du XIXe siècle, entraîne une modification radicale du type architectural et de l’ordonnancement du cœur de la ville. Un vent de modernisation souffle sur la ville. On est pressé de faire nouveau. Au lendemain du grand incendie, la rue Notre-Dame perdra de son importance au profit de la rue des Forges. Les hôtels, auparavant très nombreux sur la rue du Fleuve, se concentreront autour des marchés et de la gare ferroviaire. La rue Craig, auparavant très commerçante, connaîtra un rapide déclin, tout comme la rue du Fleuve. Le tissu urbain prendra de l’expansion vers l’ouest et vers le nord de la ville: en quelques années, plusieurs nouvelles paroisses seront érigées: Saint-Philippe, Sainte-Cécile, Notre-Dame-des-Sept-Allégresses. En 1908, cependant, les autorités municipales profitent de l’opportunité qui leur est offerte pour faire élargir les rues, faire disparaître les trottoirs de bois et adopter divers règlements relatifs à la construction: murs coupe-feu, matériaux (pierre, brique ou béton), hauteur des cheminées, couvertures en matériaux non combustibles et à l’épreuve du feu, etc. Elles voient également à réorganiser complètement les mesures de protection et de lutte contre le feu: brigade d’incendie, équipements, réseau de boîtes d’avertisseur, casernes d’incendie, réseau d’aqueduc, bornes d’incendie. »Daniel Robert, Normand SéguinTexte22 juin 1908Daniel Robert et Normand Séguin, « Trois-Rivières, 1634-2009, Chronologie essentielle du patrimoine bâti », Patrimoine Trifluvien, no 19 (Numéro spécial « 375e anniversaire de Trois-Rivières »), 2009, p. 27, 29.https://troisrivieresnumerique.ca/documents/le-22-juin-le-centre-ville-est-devore-par-le-feu-800-batiments-soit-215-immeubles-commerciaux-et-residences-ainsi-que-leurs-dependances-hangars-granges-ecuries-entrepots-remises-sont/