Maison Bédard dite “maison Jacob” (I)

Voir aussi Pierre BÉDARD

La maison Bédard dite "maison Jacob" est une maison de pierre de deux étages bâtie entre 1821 et 1829 sur un terrain mesurant environ 110-120 pieds sur 70-80 situé à l'angle des rues des Commissaires et Ferland à Trois-Rivières (lots 1941 et 1942 du cadastre de Trois-Rivières), derrière le jardin de Mr Coffin.

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Le 1er mai 1821, le juge Pierre-Stanislas Bédard acquit de Solomon Benjamin les lots 1941 et 1942 du cadastre de Trois-Rivières (de 60 pieds de front sur 114 de profondeur chacun) et y construisit, entre 1821 et 1829 (année de son décès), une maison de pierre de deux étages (à l'angle des actuelles rues des Commissaires et Ferland). Selon des recherches effectuées par Arthur Béliveau en 1926 (Archives des Ursulines de Trois-Rivières, VII-0015-67-13), les travaux de maçonnerie de la maison Bédard furent exécutés par Maurice Ryan et Olivier Larue, les mêmes ouvriers qui ont travaillé, vers la même époque, à la construction de la maison Fugère (angle Saint-François-Xavier et de Tonnancour), de l'église méthodiste Wesleyenne (1823), rue Bonaventure, et de la maison Lafontaine dite "Hertel de la Fresnière" (1824-1828).

En 1845 et 1846, les Ursulines achetèrent le jardin de Mr Coffin et deux emplacements voisins, avec maisons. Puis, au début de 1850, elles acquirent la propriété du juge Bédard du shérif de Trois-Rivières.

En mai 1855, les religieuses acceptèrent que la Ville de Trois-Rivières fasse passer un chemin (sans doute la rue des Commissaires) sur leurs terres, "au-dessous de la maison acquise de feu Monsieur Bédard" qu'elles louaient 30£ par année en 1857. Les Ursulines acceptèrent encore, en novembre 1867, d'échanger des terrains avec la Ville de Trois-Rivières, afin de permettre la construction d'une rue près de la maison de pierre (sans doute la rue Ferland).

En novembre 1863, la Ville de Trois-Rivières demanda à louer la maison Bédard "afin d'en faire l'établissement des Soeurs de la Providence". Les Ursulines refusèrent. Mais elles constatèrent rapidement que ce refus avait
"fait une grande sensation en ville /.../. Mère supérieure a cru prudent de remettre
la chose en délibération pour ne pas irriter le public qui, déjà, sur notre refus, prend
des mesures pour nous ôter l'allocation du gouvernement en faveur de notre hôpital"
(AUTR, Actes des assemblées des discrètes, 24 novembre 1863).
Finalement, elles décidèrent de louer pour la somme de 250£ par année à être versée à leur hôpital. Les Soeurs de la Providence occupaient encore la maison lorsque, en juillet 1866, Edouard Normand, leur procureur, offrit de 450£ à 480£ pour l'achat de cette propriété et le jardin de Mr Coffin. Mais les Ursulines refusèrent.

Dix ans plus tard, le 28 juin 1876, la maison de pierre fut louée à Charles-Arthur Baxter et, en décembre de la même année, les Ursulines projetaient de la vendre "avec le terrain qui se trouve auprès, ou bien seulement l'emplacement qui se trouve à M. Charles Gérin dit Lajoie". Mais le projet de vente ne semble pas avoir porté fruit durant les huit années suivantes.
(suite sur la fiche suivante)

DateInconnue
CollectionEncyclopédie Trifluviana
SourceDaniel Robert, Fichier d'accès rapide à l'histoire, Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières. Daniel ROBERT, "Le domaine des Ursulines de Trois-Rivières et l'espace urbain, XVIIe-XXe siècles", dans: Patrimoine trifluvien (bulletin annuel d'histoire de la Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières), no 7, juin 1997, p. 16, 18 et 21.

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