La ville de Trois-Rivières a été occupée militairement par les Américains du 8 février au 21 mai 1776.
Avec les premiers coups de feu de la Révolution, à Lexington en banlieue de Boston le 19 avril 1775, la Guerre d'indépendance des Treize Colonies de la Nouvelle-Angleterre était déclarée. Les futurs Américains, que les Canadiens appellaient "Bostonnais", étaient déterminés à s'emparer de Québec avant que les Anglais ne s'en servent comme base militaire, et à faire de la "province de Québec" la 14e colonie de l'Union américaine. À la fin d'août 1775, un contingent "Bostonnais" marchait vers Montréal et un autre vers Québec. Après la capitulation du fort Saint-Jean, le gouverneur général du Canada, Guy Carleton, décida alors d'aller organiser la résistance de Québec. Le 11 novembre 1775, il quitta Montréal avec une flotille de 11 navires transportant 130 officiers et soldats anglais. Deux jours plus tard, le 13, Montréal capitulait sans combattre et ouvrait ses portes à l'envahisseur. Durant ce temps, à Sorel, la flotille du gouverneur Carleton tomba malencontreusement aux mains des "Bostonnais". Déguisé en paysan et monté dans une embarcation légère avec cinq ou six Canadiens (dont le chevalier Joseph-Claude Boucher de Niverville, de Trois-Rivières), Carleton réussit à échapper aux "Bostonnais". Arrivé à Trois-Rivières, il passa la nuit du 17 au 18 novembre 1775 réfugié dans le manoir Boucher de Niverville. Il s'embarqua ensuite à bord du Fell, en route pour Québec. Dès son arrivée dans la capitale, le 19, il ordonna une levée en masse dans toute la province et réussit à mobiliser environ 1 800 hommes dont 585 Canadiens.
Durant ce temps, les troupes britanniques du colonel Maclean avaient déserté Trois-Rivières. La petite ville de moins de 1000 habitants se retrouvait sans soldats, sans munitions et sans ressources pour sa défense. Il ne lui restait qu'à se rendre. Le 20 novembre 1775, des citoyens trifluviens - le notaire Jean-Baptiste Badeaux et William Morris en tête - se rendirent à Montréal pour présenter une requête au général américain Montgomery afin qu'il garantisse la sécurité de la ville et de ses citoyens. Montgomery s'engagea alors à ne rien faire pour opprimer la population.Deux jours plus tard, le 22, une partie de l'armée de Montgomery quitta Montréal et se mit en route vers Québec pour faire la jonction avec les troupes du colonel Benedict Arnold. Avant même son passage à Trois-Rivières, la ville se soumit, mais elle fut ainsi épargnée des saccages, des pillages et des incendies. Ce n'est toutefois que le 8 février 1776 qu'un détachement d'une centaine de soldats "bostonnais", comprenant plusieurs Irlandais catholiques, sous le commandement du capitaine William Goforth et du lieutenant MacDougall, fut envoyé de Québec pour prendre possession de Trois-Rivières. Le 10 mars 1776, deux autres compagnies de "Bostonnais" arrivèrent dans la ville trifluvienne. Durant la période d'invasion et d'occupation, qui se termina le 21 mai 1776, 21 soldats américains furent soignées par les Ursulines de Trois-Rivières pour blessures, engelures ou sous-alimentation.