Papeterie Canadian International Paper de Trois-Rivières

Voir aussi Scierie Saint-Maurice Lumber de Trois-Rivières

La papeterie de la Canadian International Paper Company Limited fut érigée en 1919 sur le cap Métabéroutin, au confluent de la rivière Saint-Maurice et du fleuve Saint-Laurent, à Trois-Rivières. Elle devint plus tard la propriété de la compagnie Produits forestiers Canadien Pacific, puis du consortium Uniforêt-Tripap.

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En 1899, l'International Paper fit l'acquisition de la scierie Saint-Maurice Lumber de Trois-Rivières, érigée sur le cap Métabéroutin et plus connue sous le surnom de "moulin des Américains". Mais ce ne fut que vingt ans plus tard, en 1919, que la Canadian International Paper (C.I.P.), une compagnie filiale de l'International Paper depuis 1916, commença la construction d'une usine de pâtes et papiers sur le même site. La papeterie ouvrit ses portes en 1920. Son agrandissement et l'ajout de quatre autres machines à papier en 1925, pour un total de huit machines et une capacité de production de 700 tonnes par jour, en fit la papeterie la plus importante au monde.

Acquise plus tard par la compagnie Produits forestiers Canadien Pacific (P.F.C.P), puis Uniforêt-Tripap et Tripap, la papeterie ferma définitivement ses portes le 29 juillet 2000. Les travaux de démolition de l'ancienne usine débutèrent le 29 novembre 2001. (Le 5 mai 2005, l'entreprise Uniforêt a changé son nom pour Produits forestiers Arbec).

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Grâce à la construction d'une nouvelle ligne de distribution de l'électricité de Shawinigan à Trois-Rivières, en 1906, de grandes industries à forte consommation énergétique vinrent s'implanter à Trois-Rivières: la manufacture de textile Wabasso en 1907, la fonderie Canada Iron (Canron) et de grandes papeteries, dont Wayagamack Pulp and Paper en 1912 et Canadian International Paper (C.I.P.) en 1919.

En août 1919, la compagnie C.I.P. et la Ville de Trois-Rivières signèrent alors une convention: la C.I.P. s'appropriait tout le terrain situé à l'est du chemin de fer de ceinture jusqu'à la rivière Saint-Maurice, tandis que la Ville de Trois-Rivières allait provoquer la construction de plusieurs unités de logement qui devaient être disponibles pour les centaines de travailleurs venus s'installer. La ferme de John Houliston, au nord du domaine des Ursulines, derrière le Séminaire, fut donc achetée par la Ville de Trois-Rivières au prix de 86 000$, puis cédée gratuitement à la compagnie Tidewater à la seule condition de la couvrir d'habitations dans les trois ans. De son côté, la C.I.P. acquit la majorité des neufs maisons de la rue Hemlock pendant que la Ville procédait à des expropriations sur les rues Notre-Dame (des Ursulines), des Pins, Hertel et des Commissaires. En 1920, les rues des Pins et Hemlock disparaissaient complètement sous la gigantesque papeterie.

Le début de la production de papier par la C.I.P., en 1921, attira, comme prévu, de nombreux travailleurs. Cette année-là, 172 logements ouvriers furent bâtis dans la nouvelle paroisse Sainte-Cécile. Cinq ans plus tard, on y comptait 462 nouveaux logements.

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Le besoin d'un espace vert dans ce coin surpeuplé de la ville apparut avec acuité. En 1939, on proposa d'aménager le parc Sainte-Ursule sur un terrain de la C.I.P. situé entre les rues Hertel et Saint-Paul. Mais ce ne fut qu'en 1945 que la Ville de Trois-Rivières fit installer des balançoires et des glissoires sur le terrain jouxtant celui de l'école Saint-Paul et qu'elle ouvrit un petit parc appelé parc Saint-Paul. Trois ans plus tard, la C.I.P. offrit un terrain pour l'agrandissement du parc qui reçut alors le nom de parc Lemire, en mémoire de l'abbé J.-Alcide Lemire qui fut, de 1915 à 1946, le deuxième curé de la paroisse Sainte-Cécile. L'année suivante (1949), le parc fut réaménagé grâce, encore, au soutien financier de la C.I.P.

DateInconnue
CollectionEncyclopédie Trifluviana
SourceDaniel Robert, Fichier d'accès rapide à l'histoire, Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières. En collaboration, "Du fleuve aux coteaux, un siècle de vie trifluvienne", dans: Patrimoine trifluvien (bulletin annuel d'histoire de la Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières), no 1, avril 1991, p. 4. Alain DION, L'industrie des pâtes et papiers en Mauricie, 1887-1929, Mémoire de maîtrise en études québécoises, Université du Québec à Trois-Rivières, 1981, 201 pages. Alain GAMELIN, René HARDY, Jean ROY, Normand SÉGUIN et Guy TOUPIN, Trois-Rivières illustrée, Corporation des fêtes du 350e anniversaire de Trois-Rivières, 1984, 228 pages. Daniel ROBERT, "Les parcs et lieux publics de Trois-Rivières, XVIIe-XXe siècles", dans: Patrimoine trifluvien (bulletin annuel d'histoire de la Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières), no 6, mai 1996, p. 14. Daniel ROBERT, "Le domaine des Ursulines de Trois-Rivières et l'espace urbain, XVIIe-XXe siècles", dans: Patrimoine trifluvien (bulletin annuel d'histoire de la Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières), no 7, juin 1997, p. 17 et 23. Daniel ROBERT, "Le patrimoine religieux de Trois-Rivières - Les établissements paroissiaux", dans: Patrimoine trifluvien (bulletin annuel d'histoire de la Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières), no 8, juin 1998, p. 9. Daniel ROBERT, "Trois-Rivières et Duplessis", dans: Patrimoine trifluvien (bulletin annuel d'histoire de la Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières), no 9, juin 1999, p. 16. Daniel ROBERT, "Les industries du bois", dans: Patrimoine trifluvien (bulletin annuel d'histoire de la Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières), no 12, juin 2002, p. 10-11.

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