Peinture au Canada et au Québec avant 1850

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Né à Laprairie, François de Malepart de Beaucourt est considéré comme le premier Canadien de naissance à avoir étudié la peinture en Europe; sa production canadienne se situe entre 1792 et 1794, année de son décès. Certains critiques ne lui reconnaissent toutefois que le talent d'un "médiocre copiste" d'oeuvres européennes.

L'architecte François Baillairgé a aussi étudié la peinture et la sculpture à l'Académie royale de Paris. En septembre 1785, il organisa une exposition de ses oeuvres dans son atelier, rue Sainte-Anne à Québec. Quelques tableaux religieux, dont une représentation des saints Pierre et Paul, réalisée pour l'église de Baie-Saint-Paul, et plusieurs portraits constituent la majeure partie de l'oeuvre du peintre avant 1800.

En 1816, l'abbé Philippe-Jean-Louis Desjardins achèta en France quelque 120 toiles de peintres européens d'avant la Révolution française et les expédia à son frère, l'abbé Louis-Joseph Desjardins qui les mit en vente en 1817 et 1821. Acquis par le Séminaire de Québec, la cathédrale de Québec, les paroisses de Saint-Michel-de-Bellechasse, Saint-Antoine-de-Tilly et quelques autres du Canada, les tableaux de la collection Desjardins servirent d'inspiration à quelques peintres canadiens, dont Joseph Légaré, Antoine Plamondon et Francis Matte.

La peinture de cette époque était partagée entre le classicisme et la naïveté. Le courant romantique, les scènes idylliques et le pittoresque de la vie canadienne, avec parfois un certain côté caricatural, étaient bien illustrés par de grands peintres réputés - dont plusieurs étaient anglophones - comme Cornelius Krieghoff (élève de l'École de Düsseldorf, mort en 1872), comme le lieutenant Thomas Davies, James Archibald Hope (au Canada de 1838 à 1842), James Hunter et Henry James Warre, tous quatre officiers de l'armée britannique, ou encore Philip John Bainbrigge, officier de la Royal Military Academy au Canada de 1836 à 1842, l'Irlandais James Duncan (1806-1880), Richard Short, Thomas Wright, George Heriot, Henry Hugh Manvers Percy, William Henry Bartlett, William Roebuck, Henry Francis Ainslie, Thomas Burrowes et Coke Smyth.

Les années 1830 constituent peut-être l'âge d'or de l'aquarelle au Québec. Des aquarellistes de très grand talent illustrèrent de magnifiques scènes québécoises, tels les prolifiques James Pattison Cockburn (militaire au Canada de 1821 à 1823 et de 1826 à 1832), Robert A. Sproule et James Peachey, ainsi que de rares femmes, telles Mary Millicent Chaplin, Fanny Amelia Bayfield (fille du général Charles Wright et épouse d'Henry Wolsey Bayfield, inspecteur de l'Amirauté), Catherine Jane Ellice, Louisa-Anna Call (épouse du gouverneur général Aylmer) et Elizabeth Francis Hale (épouse de John Hale, membre des Conseils exécutif et législatif).

Le portrait demeurait cependant le genre le plus populaire de la peinture québécoise vers le milieu du XIXe siècle: évêques, curés, marchands, etc. On dit que, vers 1850, les peintres ne suffisaient pas à "tirer le portrait" de leurs nombreux clients, d'après des modèles vivants ou d'après des daguerréotypes. L'Alsacien d'origine Louis-Chrétien de Heer, arrivé au Québec vers 1783, et Louis Dulongpré, un autre Français, décédé à Saint-Hyacinthe en 1843, sont deux des artistes qui produisirent le plus de portraits. Antoine Plamondon et Théophile Hamel en ont aussi peint des douzaines.

DateInconnue
CollectionEncyclopédie Trifluviana
SourceDaniel Robert, Fichier d'accès rapide à l'histoire, Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières. Daniel ROBERT, "La vie culturelle trifluvienne, XVIIe-XXe siècles", dans: Patrimoine trifluvien (bulletin annuel d'histoire de la Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières), no 10, août 2000, p. 12.

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