Pierre-Fortunat PINSONNEAULT

Pierre-Fortunat Pinsonneault, artiste-photographe et éditeur de cartes postales, oeuvra à Trois-Rivières durant 50 ans (1888-1938), laissant derrière lui des milliers de clichés qui constituent aujourd'hui un corpus d'archives photographiques inestimables. Il était issu d'une famille de photographes: outre lui-même, sa soeur et ses trois frères exercèrent l'art de la photographie à travers le Québec: Fabiola (1873-1958), Joseph-Laurent (1862-1956) qui fit carrière à Saint-Jean-sur-Richelieu, Émile (1868-1911) et Alfred-Zénon (1872-1951) qui firent carrière à Sherbrooke. Avec eux, il contribua au développement de la photographie non seulement à Trois-Rivières mais dans toutes les régions du Québec, influençant ainsi plusieurs dizaines de jeunes photographes. Leurs photographies constituent aujourd'hui un corpus important d'informations historiques.
Fils de Camille Pinsonneault, Pierre-Fortunat Pinsonneault naquit à Saint-Jacques-le-Mineur le 28 février 1864. Vers 1869, sa famille alla s'établir à Saint-Jean-sur-Richelieu. Là, Pierre-Fortunat fit son apprentissage de photographe auprès de son frère aîné, Joseph-Laurent, qui forma aussi ses deux autres frères et sa soeur. Au début des années 1880, il s'exila en Nouvelle-Angleterre, à Holyoke dans le Massachusetts, pour poursuivre sa formation auprès du photographe W.J. Cady.

Dès son retour des États-Unis, il s'établit à Trois-Rivières et ouvrit, le 2 mai 1888, son premier studio au 3e étage du 178 rue Notre-Dame Centre, dans un atelier loué du photographe trifluvien Louis Grenier. En mai 1892, Pinsonneault s'installa au 5 rue des Forges, à quelques pas de la place du marché. Deux ans plus tard (1894), son frère Alfred le rejoignit pour deux ans.

Lors de l'exposition régionale annuelle de Trois-Rivières 1896, le Pavillon de l'industrie alignait les stands de plusieurs entreprises bien connues de Trois-Rivières, dont celui de P.-F. Pinsonneault qui y exposait une collection de photographies et de portraits au crayon.

Puis, en octobre 1901, Pinsonneault acheta le commerce de nouveautés de A.J. Nadeau, jouxtant son studio et situé au 11 rue des Forges; il en confia la gestion à un nommé Camirand. Suite au grand incendie du 22 juin 1908, il s'établit sur la rue Royale. Plus tard, on le retrouva un temps sur la rue des Forges, puis finalement sur la rue Hart, près de l'actuel emplacement de la Bibliothèque Gatien-Lapointe.

Entre 1903 et 1915, il produisit des centaines de cartes postales et des albums souvenirs illustrant plus de 80 villes et villages du Québec. La qualité de ses reproductions était telle qu'il reçut, à deux reprises, le 1er prix du Concours international de cartes postales organisé en France. Entre-temps, en 1896, Pierre-Fortunat Pinsonneault avait reçu le 2e prix de l'Exposition photographique de Toronto et, le 25 août1903, le journaliste-éditeur trifluvien Jean-Baptiste Meilleur-Barthe avait publié un album illustré de la ville, Souvenirs de Trois-Rivières, comprenant une série de ses
photographies d'édifices et de lieux. Dans cet album, réédité en 1910 sous le titre La Cité des Trois-Rivières, se trouvaient, entre autres, des photos du vieux moulin à vent, de l'église paroissiale, de la rue Alexandre (Radisson) et des Forges du Saint-Maurice. En 1927, il fut président-fondateur de l'Association des photographes de la Mauricie.

Marié à Évelina Giroux en mai 1895 et père de trois enfants: Cécile, Léopauld (qui épousa Jennie Dangerfield) et Rachel, Pierre-Fortunat Pinsonneault décéda à Trois-Rivières le 26 janvier 1938 à l'âge de 73 ans. En 1993, un incendie rasait divers commerces de la rue Saint-Maurice (boulevard du Saint-Maurice, depuis le 20 septembre 2004) dont un magasin de fournitures de bureau, propriété d'un parent de P.-F. Pinsonneault. Les dernières plaques de verre de Pierre-Fortunat, qui s'y trouvaient, disparaissaient à tout jamais.

Date1888
CollectionEncyclopédie Trifluviana
Source En collaboration, "Le terrain de l'exposition de Trois-Rivières: d'une crise à l'autre" dans: Patrimoine trifluvien (bulletin annuel d'histoire de la Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières), no 2, avril 1992, p. 6. Daniel ROBERT, "Les petites écoles à Trois-Rivières, XVIIe-XXe siècles", dans: Patrimoine trifluvien (bulletin annuel d'histoire de la Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières), no 5, avril 1995, p. 19. Daniel ROBERT, "La vie culturelle trifluvienne, XVIIe-XXe siècles", dans: Patrimoine trifluvien (bulletin annuel d'histoire de la Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières), no 10, août 2000, p. 24-25.

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