René Ribes (1920-2003) fut archéologue, pionnier de la préhistoire mauricienne et co-fondateur du Musée d'archéologie de Trois-Rivières, dont il fut l'âme durant plus de 30 ans.
René Ribes naquit à Maury, dans les Pyrénées orientales, le 15 février 1920. Dès son jeune âge, il s'intéressa à l'archéologie. Ses premières prospections commencèrent chez lui en 1941 par des fouilles dans la grotte de Montou dans le cadre de l'Entente spéléologique du Rousillon. En 1953, son intérêt se porta vers le gisement néolithique de la grotte de Bèdeilhac à Ariège, dans les Pyrénées.
René Ribes arriva au Québec en 1961. Le directeur du Centre des études universitaires (C.E.U.) de Trois-Rivières (devenu l'Université du Québec à Trois-Rivières en 1969), Gilles Boulet, le recruta et lui demanda de fonder un Musée d'archéologie rattaché au C.E.U. Débuta alors une longue et fructueuse carrière de recherche de sites archéologiques en Mauricie: découverte des sites de Red Mill en 1963, puis des fouilles au lac Brochet et au lac Mékinac en 1964, découverte des sites Beaumier et Bourassa à Trois-Rivières, ainsi que du camp Saint-Dominique à Pointe-du-Lac de 1965 à 1967, relevés de sites amérindiens dans le Parc national de la Mauricie en 1971, missions de reconnaissance dans la région du lac Némiskachi en Haute-Mauricie et découverte des sites du pont Laviolette à Sainte-Angèle-de-Laval (Bécancour) et Monique dans le Parc industriel de Bécancour en 1972-1973. On compte encore des missions de reconnaissance archéologique dans la région du lac Kempt et de la rivière Manouane, ainsi qu'au lac Mékinac et au lac Kiskissink, en plus de celles du lac Taureau et de la Réserve faunique du Saint-Maurice entre 1975 et 1988. Bref, c'est plus de 300 sites archéologiques qui ont ainsi été découverts par René Ribes en Mauricie et au Centre-du-Québec.
De plus, à partir de 1964, René Ribes publia de nombreux articles dans les Cahiers d'archéologie québécoise. Il fut aussi à l'origine de plusieurs expositions archéologiques, dont la première avait été celle en préhistoire générale à l'Université du Québec à Montréal en 1972.
René Ribes prit sa retraite de l'Université du Québec à Trois-Rivières en 1992 et s'associa de près à la mise sur pied du Musée des arts et traditions populaires du Québec (devenu plus tard le Musée québécois de culture populaire) qui ouvrit ses portes en juin 1996. Il y apporta sa vaste expérience en y présentant des animations d'archéologie expérimentale.
Plusieurs prix et mentions ont couronné cette belle carrière en archéologie. René Ribes fut nommé Travailleur de la culture par le Cégep de Trois-Rivières en 1981. L'année suivante (1982), il reçut une mention d'honneur de la Société des musées québécois, puis, la même année, le prestigieux Prix du mérite de l'Association des musées canadiens. Le nom de René Ribes rayonna aussi sur la scène internationale par des travaux et de nombreuses rencontres avec des spécialistes. Enfin, René Ribes fut à l'origine du jumelage du Musée d'archéologie de Trois-Rivières avec le fameux Musée de Tautavel (France) en 1983.
René Ribes décéda le 26 mars 2003 à l'âge de 83 ans. Il laissa dans le deuil: sa conjointe, Liliane Fréchette-Borgia, ainsi que la mère de ses fils cadets, Lise Lesage-Aubin, ainsi que ses enfants, petits-enfants, beaux-frères, belles-soeurs, neveux et nièces.