Rue du Fleuve

La rue du Fleuve est une voie de communication de Trois-Rivières qui longe le fleuve Saint-Laurent à partir de la rue des Forges jusqu'à la rue LaFosse.

Dès le XVIIIe siècle, un étroit chemin longeait le rivage du fleuve Saint-Laurent pour permettre aux canotiers d'accéder de la grève à la ville. Nommé rue des Remparts à l'est de la rue du Platon (des Forges), il portait le nom de rue du Fleuve à l'ouest et s'étirait jusqu'à la rue des Fourneaux (Sainte-Élisabeth) où Ezekiel Hart possédait une brasserie en 1815.

La rue du Fleuve était l'un des secteurs les plus animés de la ville, grâce surtout à la proximité du port et des débarcadères de la Compagnie de navigation du Richelieu et du chemin de fer du Grand Tronc, mais aussi à la présence de plusieurs hôtels qui accueillaient les voyageurs, dont le luxueux British American Hotel sur le quai Molson. En 1852, la ville était pourvue de trois auberges et de trois hôtels. Ceux-ci étaient situés sur la rue du Fleuve et en faisaient un carrefour très achalandé. Au fil des ans, pas moins de six établissements s'y fixèrent, drainant de la sorte la plus grande part de la clientèle hôtelière. Trois d'entre eux se classaient d'ailleurs parmi les plus luxueux de la ville. À la fin du XIXe siècle, la rue du Fleuve portait avantageusement le surnom de "rue des hôtels".

Depuis au moins 1848, le pont de glace balisé entre les deux rives du fleuve se transformait en piste de course; des cirques, tel celui de Nixon and Kemp en 1858, installaient leurs chapiteaux sur le quai Bell, tandis que des hôteliers organisaient des régates, comme en 1871, et des hommes d'affaires y louaient des embarcations légères pour des excursions ou des pique-niques sur la rive sud. En 1883, par exemple, Jos. Lavallée et Trefflé Desaulniers offraient
"à l'usage des promeneurs un nombre plus varié encore que les années précédentes
d'esquifs élégants et légers, des chaloupes à voile et à rames /.../, très confortables et
de toutes grandeurs" (Journal des Trois-Rivières, 17 et 31 mai 1883).

Par beau temps, les dimanches et jours de fêtes, le fleuve animé offrait le panorama d'une flotille de chaloupes se mêlant aux mouvements des bateaux à vapeur, goélettes, voiliers et navires. La rue du Fleuve était un haut lieu de sociabilité.

DateInconnue
CollectionEncyclopédie Trifluviana
SourceDaniel Robert, Fichier d'accès rapide à l'histoire, Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières. Daniel ROBERT et Jean ROY, "Les hôtels de Trois-Rivières, XIXe-XXe siècles", dans: Patrimoine trifluvien (bulletin annuel d'histoire de la Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières), no 4, mai 1994, p. 1. Daniel ROBERT, "Les parcs et lieux publics de Trois-Rivières, XVIIe-XXe siècles", dans: Patrimoine trifluvien (bulletin annuel d'histoire de la Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières), no 6, mai 1996, p. 4. Daniel ROBERT, "Naissance de Trois-Rivières", dans: Patrimoine trifluvien (bulletin annuel d'histoire de la Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières), no 7, juin 1997, p. 6.

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