La rue Sainte-Hélène était une voie de communication de Trois-Rivières, dans le quartier Sainte-Cécile.
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En 1870, les Ursulines firent allonger la façade de leur monastère par la construction d'une aile à étage mansardé. Le nouvel édifice, appelé aile Saint-Joseph, est érigé au nord-est, devant l'édifice du pensionnat de 1836. Abouté à l'aile de l'hôpital d'un côté, il jouxtait la rue Sainte-Hélène de l'autre. Ainsi, quoique leur domaine s'étendait profondément à l'arrière du monastère, les religieuses commencèrent à se sentir un peu à l'étroit, coincées entre la maison Hertel de la Fresnière au sud-ouest et la rue Sainte-Hélène au nord-est. Les habitations de bois de cette rue, de même que celles de la rue Saint-Benoît, représentaient une menace constante d'incendie. Il apparaissait de plus en plus opportun d'agrandir le cloître du coté nord-est pour éloigner ces petites maisons, retrouver la tranquilité et disposer, au besoin, de l'espace nécessaire à de nouvelles constructions, comme celle d'un nouveau pensionnat. En janvier 1878, les Ursulines allaient exprimer clairement leur désir d'acquérir le lot 2055 "vu les inconvénients qu'il y a d'avoir des familles à la porte du pensionnat".
Le premier plan cadastral de Trois-Rivières fut confectionné en 1873. Les grands propriétaires, comme les Ursulines, firent alors lotir leurs terres afin de mettre en vente des parcelles pour la construction. Ce premier travail d'arpentage général fut cependant précédé de quelques transactions foncières qui avaient pour but d'ajuster immédiatement le plan aux aménagements prévus. Ainsi, du 20 au 28 août 1873, l'arpenteur Louis-O.-A. Arcand, accompagné du vicaire-général Charles-Olivier Caron (procureur des Ursulines) et de deux témoins, Benjamin Bourgeois et Achille Bailey, parcoururent en tous sens les champs du domaine des Ursulines. Marquant les points de mesurage "avec des poteaux de pin sciés et plantés douze pouces en terre et six pouces hors de terre", il dressèrent alors le procès-verbal de la subdivision en lots des terres appartenant aux religieuses. Ce faisant - et sans doute suivant le désir des Ursulines et de la municipalité -, il réservèrent des espaces pour le prolongement des rues Saint-François-Xavier, Saint-Charles (Hart), De Tonnancour et du Collège, ainsi que pour l'ouverture des rues des Commissaires, Sainte-Hélène, Sainte-Ursule et Sainte-Angèle.
En 1874, un des lots sur lesquels devait être bâti le nouveau pensionnat (de brique) des Ursulines de Trois-Rivières, le 2054 (rue Notre-Dame, angle Sainte-Hélène), avec maison de brique à deux logements, était déjà la propriété des Ursulines. Mais deux autres lots, angle Sainte-Hélène et Saint-Benoit, appartenaient encore aux héritiers De Courval (le 2055) et à Édouard Parent (le 2056, de 40 pieds sur 75, avec maison). Le 21 novembre de cette année-là, Marie P. de Courval vendit 1/8 indivis du lot 2055 à Édouard Parent, et le restant (7/8) fut cédé à J.-B.-O. Legendre, de Sommerset.
Trois ans plus tard, le 18 mai 1877, les Ursulines signèrent un acte par lequel elles échangeaient le lot 2053 (rue Notre-Dame, dans l'axe de la future rue Sainte-Cécile), avec maison de bois, contre le lot 2056, appartenant à Édouard Parent, plus sa portion (1/8 indivis) du lot 2055. L'année suivante, le 28 avril 1878, elles acceptaient de vendre à Parent une lisière de 15 pieds sur 60, près de la maison de brique, pour 100$ à 120$. Les Ursulines reprirent-elles plus tard possession du lot 2053? Probablement car, le 2 mai 1895, elles le louèrent à Marie-Louise Aubry. Enfin, le 4 février 1881, elles acquirent la portion (7/8) du lot 2055 possédée par Legendre.
(suite sur la fiche suivante)
nouveau pensionnat du Sacré-Coeur (le 4 avril 1883), la Ville donna suite à la demande des religieuses: on ouvrit une nouvelle rue "sur le terrain des Ursulines de Trois-Rivières à la profondeur sud-ouest des emplacements de la ruelle Saint-Paul", c'est-à-dire le long des lots 2073 à 2085 et sur le lot 2052 qui appartenait en partie aux Ursulines et en partie à Richard Parent (depuis1881). Les lots 2055, 2058 et 2059 se retrouvèrent alors à l'ouest de la nouvelle rue et devaient dorénavant être "considérés comme partie du terrain compris dans la clôture" du monastère. Le 19 novembre suivant, le Conseil municipal de Trois-Rivières adopta une résolution désignant cette nouvelle artère sous le nom de "rue Sainte-Cécile". L'ouverture de cette rue, qui comptait 18 habitations en 1890, entraîna la disparition de la ruelle Saint-Paul et de la rue Sainte-Hélène, au nord du cloître des Ursulines. Puis, on déplaça vers l'est, d'une rangée de lots, le tracé de toutes les rues parallèles qui avaient été projetées en arrière du Séminaire: ainsi, le côté est de l'ancien tracé de la rue Sainte-Ursule devint son côté ouest, tandis que son nouveau côté est correspondait à l'ancien côté ouest de la rue Sainte-Angèle, et ainsi de suite. La nouvelle rue Sainte-Angèle fut ouverte à partir de la rue De Tonnancour au lieu de Saint-Charles (Hart), tandis que l'ancien tracé de cette rue, entre De Tonnancour et Saint-Charles, fut conservé sous le nom de Saint-Vallier. L'ancien tracé de la rue du Collège, de la rue des Champs (Laviolette) à la rue Saint-Paul, fut effacé, de même que l'ancien tracé de la rue des Ursulines (prolongement de la rue des Prisons, aujourd'hui disparue, dans le cloître du monastère), de Saint-François-Xavier jusqu'à Sainte-Cécile. On prévoyait cependant son remplacement par l'ouverture de la rue Sainte-Geneviève, de Saint-François-Xavier à Sainte-Cécile, et le prolongement des rues Saint-François-Xavier, Saint-Paul et Hertel jusqu'à la rue Saint-Maurice. Ainsi, en 1888 et 1889, les Ursulines cédèrent à la Ville plusieurs autres terrains nécessaires au déplacement des rues: une lisière à l'angle Sainte-Hélène et Saint-Charles, un terrain de la rue Sainte-Cécile et une autre lisière de 40 pieds de largeur sur 1000 pieds de longueur sur Saint-François-Xavier. En 1890 et 1898, c'est encore quelques pieds du terrain du monastère et du terrain en face (lot 2191) qui furent cédés pour le redressement et l'élargissement de la rue Notre-Dame.
Tout au long de l'année 1905-1906, les Ursulines désiraient négocier avec Rémy Dufresne pour l'échange ou l'achat de son terrain et de ses deux petites maisons presque contiguës au pensionnat de brique, en prévision de la construction de leur École normale. Le 16 septembre 1904, le Conseil municipal de Trois-Rivières avait d'ailleurs tenu une séance spéciale au sujet du détournement de la rue Saint-Benoît et de ce qui restait de la rue Sainte-Hélène, au sud de la rue
Sainte Hélène naquit vers le milieu du IIIe siècle. Voici ce que dit saint Ambroise:
"Hélène, première femme de Constance Chlore, qui ceignit depuis la couronne impériale, était, paraît-il, une humble fille d'étable. Noble fille d'étable, qui sut mettre tant de sollicitude dans la recherche de la Crèche sacrée! Noble fille d'étable, à qui fut réservé de connaître l'Étable de Celui qui guérit les blessures de l'humanité déchue! Noble fille d'étable, qui préféra les abaissements du Christ aux dignités trompeuses du monde! Aussi le Christ l'a-t-Il élevée de l'humilité de l'étable au sommet des grandeurs humaines."
La gloire de sainte Hélène c'est d'avoir été la mère du grand Constantin. "Constantin, dit saint Paulin de Nole, doit plus à la piété de sa mère qu'à la sienne d'avoir été le premier empereur chrétien." Contrairement aux autres empereurs, Constance Chlore reconnaissait le vrai Dieu. Les prêtres chrétiens étaient admis à sa cour et y vivaient en paix. Une telle bienveillance ne peut être attribuée qu'à l'influence de l'impératrice sur le coeur de son époux. Sainte Hélène a donc joué un grand rôle dans la fin des persécutions, puisqu'elle fut l'épouse et la mère des deux hommes qui, sous son influence, protégèrent le christianisme. Qui sait même si les prières d'Hélène ne méritèrent point à Constantin l'apparition miraculeuse de la Croix, par laquelle il remporta la victoire et devint seul maître de l'empire?
Un autre événement remarquable dans la vie de sainte Hélène, c'est la découverte de la vraie Croix du Sauveur, dont l'Église célèbre le souvenir le 3 mai.
Hélène vivait sans étalage de grandeurs. Nourrir les pauvres, donner aux uns de l'argent, aux autres des vêtements, à d'autres une maison ou un coin de terre, c'était son bonheur. Sa bonté s'étendait aux prisonniers, aux exilés, à tous les malheureux. Le peuple ne pouvait voir sans une joie mêlée de larmes son impératrice venir en habits simples et communs prendre sa place à l'église dans les rangs des fidèles: une telle conduite n'a sa source que dans l'Évangile. Hélène eut, avant sa mort, la consolation de voir Constantin, non seulement protecteur de la religion de Jésus-Christ, mais chrétien lui-même.
Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.
