La seigneurie de Sainte-Marguerite, du nom de Marguerite Seigneuret, fille d'Étienne Seigneuret, fut concédée une première fois à Gilles de Boyvinet le 1er février 1679. Elle avait alors environ 3/4 de lieue (63 arpents) de front sur 1 lieue (84 arpents) de profondeur et elle était bordée par la Troisième Rivière (rivière Sainte-Marguerite).Le 27 juillet 1691, la seigneurie de Sainte-Marguerite fut concédée à nouveau, suite au décès de Gilles de Boyvinet, par le gouverneur Frontenac et l'intendant Jean Bochart de Champigny à Jacques Dubois. Le 5 février 1700, Dubois accorda une concession à Pierre Lemaître et une terre en bois debout à J.-B. Hertel de Rouville. Durant la même année, il accorda aussi une terre aux Ursulines de Trois-Rivières.Devenu seigneur de Sainte-Marguerite, le marquis de Galiffet vendit sa seigneurie ainsi que le marquisat du Sablé à François Chastelain, le 5 avril 1753, devant le notaire Charlier à Paris.Située à l'arrière des concessions bordant le fleuve, entre la rivière Saint-Maurice et la paroisse de Pointe-du-Lac, la seigneurie de Sainte-Marguerite allait du chemin Saint-Marguerite, en front, jusqu'au fief Saint-Maurice, en profondeur. De nos jours, la limite nord de la seigneurie de Sainte-Marguerite passerait le long du boulevard des Chenaux (autefois: route du Rochon) et de son prolongement: l'actuelle autoroute 40; son territoire couvrirait grosso modo ceux des anciennes paroisses Jean-XXIII, Saint-Pie-X et Saint-Jean-Baptiste-de-la-Salle.
À la fin du XVIIIe siècle, quand la paroisse eut supplanté la seigneurie comme cellule rurale, toutes les concessions, seigneuries et terres en censive situées entre la Commune de Trois-Rivières et la paroisse de Pointe-du-Lac furent regroupées sous deux dénominations: la banlieue (en front sur le fleuve) et la seigneurie de Sainte-Marguerite (derrière). En 1831, on y comptait 483 âmes, comparativement à 2 627 dans la ville. Puis, le 9 juin 1846, suite à l'adoption de la loi qui força la création de municipalités dans tout le Bas-Canada (18 juin 1845), la banlieue et la seigneurie de Sainte-Marguerite furent détachées de la Ville de Trois-Rivières pour former une municipalité distincte sous le nom de municipalité de la paroisse de Trois-Rivières, que l'on appela couramment " la paroisse" (par opposition à " la ville ") ou municipalité de la Banlieue, laquelle devint la Ville de Trois-Rivières-Ouest en 1963.
Le 26 novembre 1799, les Ursulines de Trois-Rivières vendirent une de leurs terres dans le fief Sainte-Marguerite aux frères Alexis et Toussaint Abraham, pour la somme de 100£ (ou 20 chelins) de "rente annuelle perpétuelle et non rachetable". Mais, quelques années plus tard, elles rachetèrent la terre et, en 1840, la revendirent à Elzéar Aubry. Le 8 mai 1849, Aubry en vendit la moitié à l'avocat François Bureau qui la revendit ensuite à Joseph Dostaler qui, lui, la revendit à Ignace Caron. Son fils, Michel, en hérita en 1877. Il s'agissait sans doute de la terre de 2½ arpents sur 18, avec grange et dépendances, vendue par Dostaler à Caron le 10 février 1865, dont il était question dans un contrat. Le 13 mai 1869, les Ursulines de Trois-Rivières obtinrent d'Elzéar Aubry un titre nouvel pour sa terre de 150 pieds de front sur 7 arpents de profondeur.
En 1815, l'arpenteur Joseph Bouchette écrivait que le petit fief de Vieuxpont, de 15 arpents de front sur 1 lieue de profondeur, faisait alors partie de la seigneurie de Sainte-Marguerite.
Le 13 novembre 1847, les Ursulines de Trois-Rivières firent l'acquisition, d'Augustin-Zacharie Cloutier et son épouse, Matilde Saint-Pierre, de deux nouvelles terres situées dans les fiefs de Vieuxpont et Sainte-Marguerite, pour la somme de 750£:
1) celle du fief de Vieuxpont avait 2¾ arpents de front sur le fleuve sur 30 arpents de profondeur, avec maison de deux étages presque neuve, en pierre et brique et ayant 40 pieds de front, avec granges, étables, écurie, hangar et autres dépendances.
2) au bout de sa ligne de profondeur se trouvait celle du fief Sainte-Marguerite: c'était une terre en bois debout de 7 perches de front allant en profondeur (3½ arpents) jusqu'à la ligne des terres des Forges du Saint-Maurice, sauf un emplacement de ¾ d'arpent de superficie, avec maison, que les vendeurs réservèrent à Joseph Lefebvre dit Villemure et son épouse.
Trois jours plus tard, le 16 novembre 1847, A.B. Hart, seigneur des fiefs Vieuxpont et Sainte-Marguerite, mit les religieuses "en possession et saisine". L'emplacement réservé fut vendu par Cloutier à Lefebvre dit Villemure le 3 février 1849. En 1855, les Ursulines donnèrent à Cloutier une terre à bois de 7 perches de largeur "à condition qu'il enlève son moulin qui fait beaucoup de tort aux prairies" des Ursulines et qu'il n'en fût jamais reconstruit sur cette terre.
(suite de la fiche précédente)
En juin 1850, les Ursulines de Trois-Rivières décidèrent de vendre la terre de 120 arpents qu'elles avaient reçue du seigneur de Sainte-Marguerite, Jacques Dubois, le 4 février 1700.
Lors du dépôt du cadastre de la seigneurie de Sainte-Marguerite, en 1861, les droits seigneuriaux appartenaient à Julia Seaton (Veuve A. B. Hart). La seigneurie comprenait alors 134 terres concédées, sans compter le domaine de Julia Seaton, comme suit:
- 30 dans la concession du Village de la banlieue de Trois-Rivières, de la terre de François Dostaler à celle de Louis Blouin;
- 31 dans la concession Haut du coteau, de la terre de Moïse Blais à celle de François Derouin, et
- 73 dans la concession Bas du coteau, de la terre d'Honoré Lacerte à celle de David Larivière.
(" Feuillet no 71 - Cadastre abrégé de la seigneurie de Ste-Marguerite, possédée par Madame A. B. Hart ", dans: Bas-Canada. Cadastres abrégés des seigneuries du district des Trois-Rivières (1 volume), publié sous l'autorité des commissaires, Québec, Stewart Derbishire et Georges Desbarats, imprimeur de Sa Très Excellente Majesté la Reine, 1863).
Le 17 septembre 1878, les Ursulines de Trois-Rivières donnèrent un contrat de défrichement à Eugène Girard et Joseph Poudrier pour une terre qu'elles possédaient. Ce contrat précisait qu'il s'agissait du lot 127 du cadastre de la paroisse de Trois-Rivières, lot situé dans le fief Sainte-Marguerite, près de la route à Bureau et du chemin du Rochon.