Seigneurie des Jésuites à Trois-Rivières

En 1663, la seigneurie des Jésuites à Trois-Rivières était constituée de trois parcelles:
- le fief du coteau Saint-Louis,
- une bande étroite longeant la ligne de profondeur de la Commune.
- une terre de 4 arpents (parcelle de 1,1 arpent sur 3,4) près du fort.

Le 15 février 1634, les Jésuites reçurent une terre de 600 arpents (de fait: 601 arpents) dont la forme n'était pas définie dans l'acte de concession. Ce fief des Jésuites fut concédé par les Cent-Associés "tout ainsi qu'il a plû au Roy nous concéder le dit Pays", c'est-à-dire en franc-alleu, avec charge d'un seul aveu et dénombrement et avec privilège de haute, moyenne et basse justice. Cette seigneurie fut ainsi élevée à la même dignité que celle des Cent-Associés par rapport au roi.

La prise de possession de cette seigneurie en trois parcelles fut faite le 26 août 1637: une parcelle de 500 arpents près du lieu dit la briquetterie (terre située en amont du fort, c'est-à-dire au pied du Platon, là où se trouve le quadrilatère actuel des rues des Forges, Craig, Saint-Antoine et du Fleuve). Ces 500 arpents, dont 19 étaient en front sur le fleuve, étaient bornés comme suit:
- au nord-est, par une "muraille de massonerye" qui tirait du sud-est vers le nord-ouest;
- au sud-est: par un chemin qui courait le long du fleuve;
- au sud-ouest: par une autre muraille qui tirait du sud-est au nord-ouest.
Il s'agissait donc d'un rectangle allongé, orienté nord-ouest/sud-est.

C'était aussi la forme et l'orientation des 96 autres arpents en deux parcelles que l'on borna, le même jour (26 août 1637): au pied du coteau Saint-Louis, et de 4 autres arpents près du fort (parcelle de 1,1 arpent sur 3,4 ). Les pères y avaient un domaine privé d'une superficie de 101 arpents.En 1650, les Jésuites perdirent 350 de ces 601 arpents au profit de la Commune de Trois-Rivières.Sur les 251 arpents qu'il leur restait en 1663, 34 étaient situés dans une bande de terre de 2 arpents sur 17 qui longeait la ligne de profondeur de la Commune (aujourd'hui le long de la rue Baillargeon, dans le territoire de l'ancienne paroisse Sainte-Marguerite). Les autres étaient localisés dans le fief du coteau Saint-Louis: le long de la "Grand'rue sous la plate-forme du fort", entre la terre du Sablé et la seigneurie de Niverville, jusqu'au coteau des Pères; cette parcelle serait délimitée aujourd'hui par une ligne passant entre les rues Bonaventure et Radisson, au nord-est, et par la rue des Forges, au sud-ouest; elle formerait la majeure partie du centre-ville actuel, là où se trouvent notamment des dizaines de commerces, l'hôtel de ville, la Maison de la culture, les rues Radisson et des Volontaires. Vers 1850, la ferme de Thomas Trenaman, de la rue Saint-Denis jusqu'au pied du coteau, entre les rues Bonaventure et des Forges, occupait une partie de ce fief encore en culture.

Date1634
CollectionEncyclopédie Trifluviana
Source Daniel ROBERT, "Naissance de Trois-Rivières", dans: Patrimoine trifluvien (bulletin annuel d'histoire de la Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières), no 7, juin 1997, p. 8. Marcel TRUDEL, Les débuts du régime seigneurial au Canada, Montréal, Éditions Fides, collection "Fleur de Lys", 1974, 313 pages.

Poster le commentaire