Terre de Pachiriny dite “fief” Pachiriny

Le "fief" Pachiriny était en réalité un emplacement de près de 640 toises à l'intérieur du bourg de Trois-Rivières concédé par le gouverneur de la Nouvelle-France, Charles Huault de Montmagny, agissant au nom de la Compagnie des Cent-Associés, au chef algonquin Charles Pachiriny le 1er août 1648. Cette concession avait pour but de protéger les tribus amérindiennes alliées au moment où les Iroquois tentaient de s'emparer du commerce des fourrures et leur livraient une guerre implacable dans la vallée du Saint-Laurent. La terre de Pachiriny était soumise à un cens de 3 deniers.Situé du côté sud de la rue Notre-Dame (des Ursulines), face à la place du gouverneur, le "fief"couvrait l'espace situé entre le Platon et la rue Saint-Antoine (des Casernes) à l'ouest et la rue Saint-Louis à l'est. Derrière se trouvaient la concession des Jésuites, leur résidence et leur "chapelle des Sauvages".Destiné d'abord à l'établissement des Amérindiens - ils y construisirent d'ailleurs une petite habitation que les Français appellaient "la cabane des Sauvages" (1704) -, le terrain était inoccupé en-dehors de la saison de traite. Aussi la gestion du "fief" fut-elle confiée aux Jésuites qui, dès 1656, commençèrent à lotir et concéder des emplacements. En 1663, 13 lots étaient reconcédés par les Jésuites qui administraient au nom de Pachiriny; tout le côté ouest donnant sur la rue Saint-Antoine (des Casernes) était construit en 1663 et tout le pourtour en 1704.En 1663, les droits de rente (2 mesures de blé d'Inde) par les emplacitaires sur la terre de Pachiriny en sous- arrentement, étaient acquittés à la fête de saint Thomas apôtre (le 21 décembre).Dix-huit ans plus tard, en 1722, la place du marché public, située jusque là "au bord de l'eau", en face de la rue Saint-Louis, fut relocalisée sur le résidu de la terre de Pachiriny. À partir de 1751, ce résidu servit occasionnellement de terrain d'exercices pour la milice, d'où son appellation de place d'Armes.

Date1648
CollectionEncyclopédie Trifluviana
Source Daniel ROBERT, "Les parcs et lieux publics de Trois-Rivières, XVIIe-XXe siècles", dans: Patrimoine trifluvien (bulletin annuel d'histoire de la Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières), no 6, mai 1996, p. 3 et 4. Daniel ROBERT, "Le domaine des Ursulines de Trois-Rivières et l'espace urbain, XVIIe-XXe siècles", dans: Patrimoine trifluvien (bulletin annuel d'histoire de la Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières), no 7, juin 1997, p. 5 et 6. Marcel TRUDEL, Les débuts du régime seigneurial au Canada, Montréal, Éditions Fides, collection "Fleur de Lys", 1974, 313 pages.

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