Traverse

Avant la construction des ponts, les passeurs et maîtres-passeurs étaient chargés de transporter les gens d'une rive à l'autre d'un cours d'eau. La traverse était une activité saisonnière puisque, durant l'hiver, on utilisait les ponts de glace.La traverse des rivières se faisait par bac, véhicule lourd, peu maniable, opéré à partir de la rive par un système de poulies et de câbles. Le bac était traîné jusqu'à la rivière au printemps, puis ramené sur la rive à l'abri pour l'hiver.
Les Corbin, du cap de la Madeleine, furent maîtres de poste et passeurs à la traverse de la rivière Saint-Maurice avant la construction du premier pont en 1832. La traverse autorisée par le gouvernement en 1794 partait de la ferme de Luke Gambie, au Fond-de-Vaux, sur la rive ouest, et arrivait à la maison de Jean-Baptiste Corbin, au cap de la Madeleine, sur la rive est. Selon l'historien Benjamin Sulte (Le Trifluvien, 7 novembre 1905), Pierre de Sales Laterrière fut, en 1778, le premier à nommer "Fond-de-Vaux" le passage situé près du cap Lieutenant (cap de la Madeleine), là où se trouvait la traverse des Corbin.Selon le Cahier des juges de paix des Trois-Rivières, cité par l'historien Benjamin Sulte (dans Le Trifluvien du 7 novembre 1905), le coût d'un passage en 1794 était de:
9 deniers pour une calèche avec un cheval,
1 chelin pour une calèche avec deux chevaux,
6 deniers pour un cheval avec un cavalier,
3 deniers pour une personne à pied,
3 deniers pour une bête à cornes.

Le 25 avril 1797, Jean-Baptiste Corbin, fils, offrit ses services de passeur à la traverse de la rivière Saint-Maurice à la condition que l'on augmentât les prix du passage comme suit;
30 sous pour une calèche avec un cheval,
36 sous pour une calèche avec deux chevaux,
18 sous pour un cheval avec un cavalier,
12 sous pour une bête à cornes en bateau,
9 sous pour une bête à cornes à la nage,
9 sous pour une personne.
Selon l'arpenteur général Bouchette, il y avait deux traverses de la rivière Saint-Maurice en 1815: une (au Fond-de-Vaux, chez les Corbin) où le coût était de 15 sous pour une voiture avec cheval et de 3 sous pour une personne, et une autre traverse (celle de l'aubergiste Olivier Crevier-Bellerive) située à une demie lieue (un mille et demi ou 2,4 kilomètres) plus bas, au cap Lieutenant (cap de la Madeleine), où il en coûtait 2 chelins et 6 sous pour une personne.La traverse des Corbin, au Fond-de-Vaux, se trouverait aujourd'hui à environ 1 500 pieds (457 mètres) au sud du pont Radisson et du pont de fer de la Canadian Pacific Railway Co.

Date1794
CollectionEncyclopédie Trifluviana
Source François ROY, « Difficile métier de maître-passeur » dans: Le Nouvelliste (Trois-Rivières), 27 avril 2002, p. A6.

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