Le parti de l'Action libérale nationale fut fondé en 1934 par des libéraux dissidents mécontents de la corruption du règne libéral. Son programme, qui reprenait le "Programme de restauration sociale" mis au point en 1933 par un groupe de Jésuites de l'École sociale populaire de Montréal, des évêques et quelques laïcs, concrétisait, en fait, les principes de l'encyclique Quadragesimo Anno promulguée en 1931 par le pape Pie XI, et présentait le corporatisme comme une troisième voie entre le capitalisme (le libéralisme économique pur et dur) et le socialisme (dit anti-chrétien et antichambre du communisme). Il proposait, entre autres mesures, une réforme de la loi électorale, la création d'un régime de pension de vieillesse, d'une commission du salaire minimum et d'un office de crédit agricole, l'électrification rurale, la nationalisation de l'électricité et la lutte contre les trusts.
Le 7 novembre 1935, l'Action libérale nationale de Paul Gouin, Philippe Hamel et Oscar Drouin et le Parti conservateur du Québec dirigé par Maurice Duplessis conclurent une alliance et formèrent une coalition: l'Union nationale contre le Parti libéral dirigé par Louis-Alexandre Taschereau au pouvoir depuis près de 40 ans (1920).
Seize jours plus tard, lors de l'élection du 25 novembre 1935, le Parti libéral fut reporté au pouvoir avec une mince majorité de six sièges: les libéraux en obtinrent 48, l'Action libérale nationale 26 et le Parti conservateur 16.
Après l'élection de 1935, Maurice Duplessis entendait bien se servir des séances du Comité des comptes publics, au printemps de 1936, pour exposer systématiquement la corruption du gouvernement et démolir la crédibilité des libéraux. Le 11 juin 1936, après 15 jours de séances d'humiliation habilement menées par Duplessis, le premier ministre Taschereau annonça une nouvelle élection pour le 17 août 1936.
Jouissant d'une bonne cote de popularité et sentant le vent dans les voiles, Duplessis proposa alors la formation officielle d'un nouveau parti - dont il serait le chef, évidemment - pour faire face au Parti libéral et s'assurer d'une victoire sur les libéraux. Lors d'une assemblée des conservateurs, de libéraux dissidents, d'indépendants et de patriotes, tenue à l'hôtel Magog de Sherbrooke le 20 juin 1936, il fonda un nouveau parti qui se voulait une coalition nationale des Canadiens-Français de toutes tendances: l'Union nationale.
Moins d'un an plus tard, le 17 août 1936, l'Union nationale remporta une victoire éclatante (76 députés) sur le Parti libéral (14 députés), tandis que l'Action libérale nationale mordit la poussière. L'Union nationale succéda aux libéraux qui avaient détenu le pouvoir durant près de 40 ans. C'est en adoptant le programme de l'Action libérale nationale que Maurice L.-Duplessis élimina un parti de l'arène politique et qu'il devint l'alternative au Parti libéral.
"Le chef" (Duplessis) se débarrassa rapidement des anciennes têtes de l'Action libérale nationale: Paul Gouin, le docteur Philippe Hamel (qualifié d'anticapitaliste) et Ernest Grégoire, s'estimant trahis, furent parmi les premiers à quitter l'Union nationale. Mais la plupart des anciens députés de l'Action libérale nationale s'alignèrent sur le parti de Duplessis.