Voir aussi Soeurs adoratrices du Précieux Sang, Monastère Gethsémanie de Trois-Rivières
La chapelle Gethsémani de Trois-Rivières est la chapelle conventuelle des Soeurs adoratrices du Précieux-Sang (monastère Gethsémani), sur le coteau Saint-Louis. Elle fut bâtie en 1897-1898 selon des plans de l'abbé Louis Richard, supérieur du Séminaire Saint-Joseph, qui dirigea les travaux de construction.
L'architecture du bâtiment emprunte au style Second Empire, en vogue à la fin du XIXe siècle avec son fronton triangulaire. La chapelle serait un peu la réplique, dit-on, de celle du monastère de Saint-Hyacinthe. La bénédiction de la pierre angulaire eut lieu le 27 juin 1897. Bénite à son tour le 10 mai 1898, la chapelle fut utilisée à partir de cette date.
La cloche qui sonnait les heures de prières fut bénite le 8 décembre 1900, sous le nom de Catherine-Aurélie, en mémoire de la fondatrice de l'Institut des Soeurs adoratrices du Précieux Sang, Aurélie Caouette. Elle porte l'inscription Ego sum quœ Domino cantam et omnes audient vocem meam. La "petite cloche de minuit" rappelait aux Trifluviens que les religieuses priaient aussi la nuit pendant que eux étaient au repos.
Les travaux de parachèvement de la chapelle furent entrepris le 16 avril 1907. Une soixantaine de prie-Dieu et de chaises furent aussi fabriqués. Pendant ce temps, le Saint Sacrement fut transféré du côté du monastère. Les travaux complétés, la chapelle fut inaugurée le 12 février 1908. Tous les murs et la voûte furent recouverts de peintures sur toile exécutées selon la technique du trompe-l'œil par le peintre-décorateur trifluvien Louis-Eustache Monty qui aurait, dit-on, reproduit la physionomie de ses enfants dans les petits anges de la voûte. C'est aussi Monty qui avait peint le chemin de la croix installé en 1909 et remplacé depuis. Dans le chœur des religieuses, les quatre grands tableaux, réalisés entre 1889 et 1919, sont l'œuvre d'une sœur du Précieux-Sang, sœur Marie-Réparatrice (née Marie Polette, fille du juge Antoine Polette de Trois-Rivières): "Le Portement de la Croix", "L'Agonie", "Le Christ aux outrages" et "La Flagellation". Vers 1902, la mère fondatrice Catherine-Aurélie, stigmatisée et réputée pour ses grâces mystiques extraordinaires, aurait vu le corpus du Christ s'animer sur la grande croix qui se trouve sur la grille séparant le chœur des religieuses. À l'arrière du chœur se trouve la petite chapelle des reliques meublée d'un autel contenant de nombreuses reliques.
Le chœur fut rénové après Vatican II. Vers 1965, la grille fut remplacée par la grille actuelle, et les chaises furent remplacées par des bancs fabriqués par Paul Leclerc, ébéniste de Trois-Rivières, qui a également fabriqué le nouveau mobilier liturgique en 1979. Cette année-là, le maître-autel fut enlevé et remplacé par un grand retable et un autel de la célébration. En 1991, le mobilier du sanctuaire, à l'exception du retable, et le lutrin du chœur des religieuses furent remplacés par ceux du monastère du Précieux-Sang d'Ottawa (fermé en 1991) fabriqués par la maison Desmarais et Robitaille de Montréal. Les quatre grandes statues du chœur furent aussi remplacées par quatre statues plus petites provenant aussi d'Ottawa. La même année, un orgue à tuyaux Casavant, provenant du monastère de Montréal (fermé en 1990) fut installé pour remplacer l'orgue électronique. Enfin, en 1982-1985, un escalier fermé fut ajouté dans la façade de la chapelle, en respectant tous les éléments architecturaux, selon les plans des architectes Bigué et Lord de Trois-Rivières.