Commission d’enquête sur l’effondrement du pont Duplessis

Voir aussi Pont Duplessis, Tragédie du pont Duplessis

La Commission d'enquête sur l'effondrement du pont Duplessis (Commission Lippé) eut lieu dans les mois qui suivirent la tragédie du 31 janvier 1951.

La commission fut présidée par le juge René Lippé. Le conseiller juridique de la Ville de Trois-Rivières et organisateur général du Parti conservateur du Québec, Léon Méthot, fut nommé conseiller de la commision par Duplessis. Le chef de l'Opposition officielle, Georges-Émile Lapalme, désigna également un conseiller: Louis-Philippe Pigeon, ancien conseiller d'Adélard Godbout.

Toutes les pièces tombées furent repêchées de la rivière Saint-Maurice et la partie du pont effondrée fut reconstituée sur les terres de la Commune. Plusieurs experts des trois compagnies intéressées (la Dufresne Engineering Co. Ltd., la Dominion Bridge Co Ltd. et la Hamilton Bridge), en majorité des Ontariens et des Américains, comparurent devant la commission d'enquête. Le major-général H. Kennedy, témoin cité par la Dominion Bridge, prétendit qu'au moins une des fractures du pont avait été causée par un agent extérieur, probablement un explosif. Son témoignage fut corroboré par des spécialistes du dynamitage des ponts durant la guerre, le colonel Dostie et le capitaine Artois, du Corps canadien de génie.

Mais l'hypothèse d'un sabotage ne convenait pas au maire Mongrain et au journal Le Devoir pour qui une malfaçon permettrait d'attaquer et peut-être même d'incriminer le gouvernement. Durant ce temps, il se trouva alors plus d'un Trifluvien pour croire que l'on tentait de cacher la vérité et qu'en réalité on se livrait à des expériences scientifiques... ou, même, que l'on commençait à faire sauter les ponts canadiens en vue de freiner une éventuelle invasion russe...

Le 21 novembre 1951, la commission d'enquête exonéra le gouvernement et les entrepreneurs de tout blâme dans l'effondrement du pont:
"Personne n'a été capable d'expliquer la cause de l'accident /.../. La preuve
a apporté certains facteurs qui nous empêchent d'éliminer complètement
l'hypothèse du sabotage".

On expliqua plus tard - et c'est la thèse généralement acceptée aujourd'hui - que l'effondrement du pont fut causé par une erreur d'ingénierie: on n'a pas tenu suffisamment compte de la contraction prononcée des joints d'expansion de la structure d'acier par des températures extrêmement froides.

DateInconnue
CollectionEncyclopédie Trifluviana
SourceDaniel Robert, Fichier d'accès rapide à l'histoire, Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières. Daniel ROBERT, "Trois-Rivières et Duplessis", dans: Patrimoine trifluvien (bulletin annuel d'histoire de la Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières), no 9, juin 1999, p. 19-20.

Poster le commentaire