Commune de Trois-Rivières (I)

Voir aussi Moulins à vent de la Commune de Trois-Rivières, Paroisse Saint-Philippe de Trois-Rivières

La Commune de Trois-Rivières, érigée en 1648, fut la seule commune de la Nouvelle-France concédée directement par les Cent-Associés. À l'origine, elle s'étendait de la rue Saint-Georges jusqu'à la Deuxième Rivière dont l'embouchure était à la pointe aux Iroquois, dans l'axe de l'actuelle rue du Père-Daniel.

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Dès les débuts de la petite colonie de Trois-Rivières, le besoin d'une terre publique pour servir de pâturage aux bestiaux se fit sentir. À "Linstante prière des habittans", on envisagea alors de réserver une concession "pour servir de pasturage à leur bestial" afin que leurs "bestiaux pussent estre en asseurance contre les incurtions fréquentes des Iroquois", sinon les colons "seroient contraint de quitter et abandonner ladite bourgade" car celle-ci ne pourrait "subsister ny se conserver".

La Commune fut concédée aux habitants du bourg de Trois-Rivières par le gouverneur Charles Huault de Montmagny, agissant au nom de la Compagnie des Cent-Associés, le 15 août 1648. Cette terre publique était alors formée de deux lots d'un arpent et demi chacun cédés par Jacques Hertel et Jean Godefroy de Linctot. Deux ans plus tard, le 9 juin 1650, les Jésuites y ajoutèrent une superficie de 350 arpents (14 de front sur 25) pris sur une terre qu'ils possédaient depuis 1634 (en échange, les Jésuites auraient obtenu le fief Saint-Paul). On obtenait ainsi un front sur le fleuve de 17 arpents sur une profondeur de 25, soit une superficie de 425 arpents.

Le territoire de la Commune s'étendait sur les basses terres fréquemment inondées et peu propices à l'habitation. Les limites actuelles de la Commune formée en 1650 seraient les suivantes:
- au nord-est, la rue Saint-Georges à partir du fleuve jusqu'à la rue Notre-Dame Centre, puis la rue Saint-Antoine et
son prolongement entre les rues des Forges et Saint-Georges jusqu'aux actuels Cinq-Coins, ensuite le chemin
Sainte-Marguerite jusqu'à la hauteur de la rue Baillargeon;
- au nord-ouest: la rue Baillargeon jusqu'au chemin de fer;
- au sud-ouest: une ligne qui couperait l'angle nord du parc Pie-XII et passerait au nord-est du rond-point (carrefour
giratoire) pour aboutir à l'embouchure de la Première Rivière (vis-à-vis de la rue Guilmore/McDougall), appelée
aussi, plus tard, ruisseau de la Briquerie (ou Briquetterie) ou, vers 1850, ruisseau du Moulin-à-l'Huile (à cause d'un
moulin ou pressoir de lin établi tout près par la famille Rousseau).

Les habitants du bourg étaient autorisés à y faire paître chacun six bêtes à cornes. Les anciens concessionnaires jouissaient cependant d'un traitement de faveur: Hertel et Godefroy de Linctot avaient droit d'y mettre jusqu'à 12 bêtes; les Jésuites, jusqu'à 18, en plus de pouvoir y prendre le bois nécessaire à leurs bâtiments. Tous les citoyens réunis en assemblée participaient à la gestion de la Commune.

(suite sur la fiche suivante)

DateEnviron 1648
CollectionEncyclopédie Trifluviana
SourceDaniel Robert, Fichier d'accès rapide à l'histoire, Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières. Daniel ROBERT, "Les petites écoles à Trois-Rivières, XVIIe-XXe siècles", dans: Patrimoine trifluvien (bulletin annuel d'histoire de la Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières), no 5, avril 1995, p. 12 et 13. Daniel ROBERT, "Les parcs et lieux publics de Trois-Rivières, XVIIe-XXe siècles", dans: Patrimoine trifluvien (bulletin annuel d'histoire de la Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières), no 6, mai 1996, p. 3, 6, 8 et 12. Daniel ROBERT, "Le domaine des Ursulines de Trois-Rivières et l'espace urbain, XVIIe-XXe siècles", dans: Patrimoine trifluvien (bulletin annuel d'histoire de la Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières), no 7, juin 1997, p. 9, 18, 19 et 26. Daniel ROBERT, "Le patrimoine religieux de Trois-Rivières - Les établissements paroissiaux", dans: Patrimoine trifluvien (bulletin annuel d'histoire de la Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières), no 8, juin 1998, p. 9. Daniel ROBERT, "Les toponymes", dans: Carnet du patrimoine (bulletin de liaison de la Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières), numéro spécial, juin 1998, p. 10. Daniel ROBERT, "Trois-Rivières et Duplessis", dans: Patrimoine trifluvien (bulletin annuel d'histoire de la Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières), no 9, juin 1999, p. 19. Daniel ROBERT, "Le patrimoine industriel et manufacturier de Trois-Rivières, XVIIe-XXe siècles", dans: Patrimoine trifluvien (bulletin annuel d'histoire de la Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières), no 12, juin 2002, p. 5 et 19.

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