École normale du Christ Roi

En 1925, les Ursulines songeaient à transporter leur École normale "aux limites de notre ville, sur le second coteau, près du terrain de l'Exposition", là où se trouvait "un vaste espace qui a servi autrefois de camp militaire et qui est resté la propriété du gouvernement fédéral...". En fait, le ministère de la Défense nationale y possédait les lots 1102 à 1107 et tout le lot 1119 (moins le terrain du cimetière Saint-Michel), c'est-à-dire un immense territoire qui serait aujourd'hui délimité grosso modo par la rivière Saint-Maurice (cap aux Corneilles), le boulevard du Carmel, la rue De Calonne jusqu'à la rue Papineau, puis le boulevard des Forges, la rue du Père-Marquette, la rue De Courval et le boulevard des Récollets jusqu'à la rivière. De plus, la propriété du gouvernement fédéral se prolongeait dans la municipalité de la paroisse de Trois-Rivières (banlieue), c'est-à-dire du côté nord de l'actuel boulevard des Récollets, avec les lots 177 et 178 (là où un petit village de squatters, appelé "La Pierre" puis mission Notre-Dame-de-la-Paix, commençait à se développer) ainsi que les lots 179, 180 et 182. Le ministère de la Défense nationale possédait donc un gigantesque domaine de plus de 175 acres devenu depuis ce temps une portion de la paroisse Saint-Laurent, la majeure partie de la paroisse Saint-Jean-de-Brébeuf et la totalité de la paroisse Saint-Pie-X.Le" champ de tir" proprement dit était une lisière étroite d'une longueur de près de 2 milles et contenant un peu plus de 300 arpents de superficie, lisière "qui s'élargit un peu à la base, dans la partie adjacente au terrain de l'Exposition...". Une portion de ce terrain était louée à la Commission scolaire "comme terrain d'exercice ou de récréation pour les élèves"; la Shawinigan Water and Power Co., également, y détenait deux droits de passage pour ses lignes électriques. C'est là que se trouvait le terrain de 1100 pieds de longueur sur 1050 de largeur, en forme de parallélogramme, que désiraient acquérir les Ursulines.Le 27 janvier 1928, elles offrirent 5 000$ au gouvernement qui accepta aussitôt. Dès le 1er mai suivant, le gouvernement du Canada émit des lettres patentes concédant aux Ursulines de Trois-Rivières la propriété d'un terrain vacant de 40 arpents de superficie, situé dans le lot 1119. Puis, en mars 1929, les religieuses demandaient à la Ville de Trois-Rivières d'y ouvrir une rue, en front de leurs édifices et de ceux des Dominicaines (au sud) et des Carmélites (au nord), rue que l'on proposait de nommer "avenue des Carmélites".Six mois plus tard, les Ursulines acceptaient de céder une pointe de terrain contigu à celui des Dominicaines, pour les besoins de leur nouvel orphelinat (Ville Joie Saint-Dominique). Prévoyantes, les Ursulines avaient déjà demandé au gouvernement de leur vendre de nouveaux terrains, lesquels leur furent cédés par le ministre de la Défense nationale, G.J. Desbarats, au nom du roi, le 29 janvier 1930. Mais, en mars suivant, quand les Dominicaines leurs demandèrent encore un lopin de 100 pieds de front sur 400 de largeur, "pour satisfaire les plans de leur projet de façade", les Ursulines refusèrent catégoriquement car elles craignaient de manquer elles-mêmes de terrain quand elles eurent été "obligées de bâtir". En juillet 1932, toutefois, les Ursulines acceptèrent d'échanger à nouveau des terrains avec ces mêmes religieuses: les Ursulines cédèrent un morceau de terre situé sur le boulevard du Carmel; de leur côté, les Dominicaines cédèrent une pointe située à l'opposé et donnant sur le parc de l'Exposition.

(suite de la fiche précédente)En 1951, alors que le monastère du Christ-Roi et la propriété des Ursulines sur le boulevard du Carmel étaient évalués à 437 900$, les Ursulines acceptèrent de céder une bande de terrain de 880 pieds de superficie à la Ville de Trois-Rivières pour lui permettre d'ouvrir une nouvelle voie d'accès: la rue De La Terrière.
Huit ans plus tard, en août 1959, les Ursulines étaient en négociation au sujet de la vente d'un terrain de 120 000 pieds carrés à la Commission des écoles catholiques de Trois-Rivières, pour la somme de 50 000$, pour la construction d'une école supérieure pour jeunes filles (l'école Sainte-Ursule). En juin suivant (1960), la Commission scolaire demanda 20698 pieds additionnels, soit un total de 140 698 pieds carrés, à 42¢ le pied carré. Le terrain demandé, et pour lequel la Commission scolaire offrait 58 003$, était limité au nord-est par le boulevard du Carmel, au sud-est et au sud-ouest par d'autres parties du lot 1119 propriétés des Ursulines, au nord et au nord-ouest par une autre partie du lot 1119 propriété des Carmélites. L'acte de vente fut finalement signé le 25 juin 1960 devant le notaire Paul Villeneuve.Le 20 décembre 1961, les Ursulines de Trois-Rivières transférèrent la propriété du monastère du Christ-Roi et de la nouvelle École normale à la communauté nouvellement formée. La propriété était alors bornée par le boulevard du Carmel, le terrain de l'école Sainte-Ursule (à la Commission scolaire), le terrain du monastère des Carmélites, celui de la Ferme expérimentale confiée aux Dominicaines, et la rue De Calonne.En décembre 1965, les Ursulines acceptèrent de vendre une portion de terrain d'environ 300 000 pieds carrés au prix de 15¢ le pied carré et pour la somme de 45 000$, à la Commission scolaire régionale des Vieilles-Forges pour la construction d'une allonge à l'école secondaire Sainte-Ursule. Enfin, en janvier 1974, une autre portion de terrain fut vendue pour 2 277$ de nouveau à la CSRVF, pour un second agrandissement.

Date1961
CollectionEncyclopédie Trifluviana
Source Daniel ROBERT, "Le domaine des Ursulines de Trois-Rivières et l'espace urbain, XVIIe-XXe siècles", dans: Patrimoine trifluvien (bulletin annuel d'histoire de la Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières), no 7, juin 1997, p. 25 et 26.

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