Église Notre-Dame-des-Sept-Allégresses

La paroisse Notre-Dame-des-Sept-Allégresses de Trois-Rivières fut érigée canoniquement le 12 août 1911 et supprimée le 8 avril 2002 (décret canonique de Mgr Martin Veillette signé le 9 janvier 2002). La communauté locale Notre-Dame-des- Sept-Allégresses et son territoire furent alors rattachés à la paroisse Immaculée-Conception-de-la- Sainte-Vierge, avec les communautés locales et territoires des anciennes paroisses Immaculée-Conception-de- la-Sainte-Vierge, Saint-Philippe, Sainte-Cécile et Saint-François-d'Assise. Les registres paroissiaux sont conservés au 362, rue Bonaventure (presbytère de la paroisse Immaculée-Conception-de-la-Sainte-Vierge).

Confiée à perpétuité aux Franciscains, déjà établis dans ce quartier depuis 1888, la paroisse Notre-Dame-des-Sept- Allégresses devait son patronyme, d'une part, au quartier Notre-Dame qui existait depuis 1857, d'autre part à la dévotion traditionnelle des pères de cette communauté pour la Vierge Marie.

Le 10 décembre 1911, la Fabrique de la paroisse de Notre-Dame-des-Sept-Allégresses approuva l'achat d'un terrain de 20 000 pieds carrés, situé à l'angle des rues Cooke et Sainte-Julie, pour la construction de l'église paroissiale. Mais, bientôt, le choix du site fut fixé sur un autre terrain jouxtant leur Commissariat de Terre-Sainte (établi en 1888), situé à l'angle des rues Saint-Maurice et Saint-François-Xavier et où se trouvait la maison Bellefeuille (acquise en 1910 par la Commission scolaire de Trois-Rivières) dans laquelle les Ursulines dirigeaient une école de filles (l'école Notre-Dame). La Commission scolaire accepta d'échanger son terrain contre celui de la Fabrique. La maison Bellefeuille fut donc démolie et l'entreprise Filion et Frères de Montréal fut chargée de construire l'église paroissiale selon les plans de l'architecte J.-A. Turgeon, aussi de Montréal. Le supérieur du Séminaire de Trois-Rivières, l'abbé Léon Arcand, posa la pierre angulaire le 21 septembre 1913, en présence du curé de Saint-Philippe, l'abbé Louis Denoncourt, et du curé de la nouvelle paroisse, le père Ladislas Minette.

Depuis l'érection canonique de la paroisse, en 1911, la chapelle conventuelle Saint-Antoine des Franciscains servait d'église paroissiale. Mais, dès le mois d'août 1914, on aménagea une petite chapelle dans le sous-sol de l'église en construction, et on y célébra les premiers offices. L'église Notre-Dame-des-Sept-Allégresses fut inaugurée le 8 décembre 1914, par l'évêque de Trois-Rivières, Mgr François-Xavier Cloutier, tandis que le sous-sol fut transformé en salle paroissiale. Les premières cloches furent bénites le 18 juillet 1915 et les premières orgues le 9 mars 1919.

Construite en pierre grise de Deschambault, avec un toit de cuivre et une majestueuse façade, l'église de Notre-Dame-des-Sept-Allégresses peut contenir 900 personnes assises. Son architecture s'apparente au style roman qui était en vogue au Québec au début du XXe siècle. Sa façade est ornée de trois statues de pierre du sculpteur trifluvien Télémaire Auger: celle de Notre-Dame (patronne de la paroisse), bénite par l'évêque de Trois-Rivières, Mgr François-Xavier Cloutier, le 28 août 1938, et celles de saint François et de saint Joseph réalisées vers 1940. Sa voûte est décorée de peintures exécutées en 1926 par l'artiste Guido Nincheri et qui illustrent les mystères de Notre-Dame et des scènes de la vie de saint François.

On trouve aussi dans l'église Notre-Dame-des-Sept-Allégresses de belles statues sculptées dans le bois de chêne, vers 1961, par les artistes Lauréat Vallières, de Saint-Romuald, et Léo Arbour, de Pointe-du-Lac, ainsi que de riches mosaïques. Les deux verrières du transept ont été achetées à Rennes (France) vers 1955 par la maison Arthur Guyot, de Montréal.

C'est dans l'église de Notre-Dame-des-Sept-Allégresses que furent célébrées les funérailles du chevalier Gédéon Desilets, zouave pontifical, journaliste et syndic des Franciscains, le 4 novembre 1922; que fut baptisé Jean Béliveau, future étoile du club de hockey Canadien de Montréal, le 31 août 1931, et que fut ordonné l'abbé Claude Thompson, directeur des Petits chanteurs de Trois-Rivières, le 1er juin 1951.

Enfin, notons qu'un nouveau presbytère, construit sur la rue Saint-François-Xavier par la firme Rapid Construction et d'après des plans de l'architecte Jean-Louis Caron, fut inauguré en octobre 1958.

Date1914
CollectionEncyclopédie Trifluviana
Source René BEAUDOIN et Daniel ROBERT, "Le patrimoine religieux de Trois-Rivières", dans: Patrimoine trifluvien (bulletin annuel d'histoire de la Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières), no 8, juin 1998, p. 10 et 16. En collaboration, "La route 138 à Trois-Rivières: une image à rehausser", dans: Patrimoine trifluvien (bulletin annuel d'histoire de la Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières), no 14, novembre 2004, p. 12 et 15. Patrimoine trifluvien (bulletin annuel d'histoire de la Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières), no 10, août 2000, p. 29-30. Père Gonzalve POULIN, o.f.m., Notre-Dame-des-Sept-Allégresses, 1911-1961, 93 pages. Daniel ROBERT, "Les petites écoles à Trois-Rivières, XVIIe-XXe siècles", dans: Patrimoine trifluvien (bulletin annuel d'histoire de la Société de conservation et d'animation du patrimoine de Trois-Rivières), no 5, avril 1995, p. 7.

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